SOCIÉTÉ
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
les publications «tous les jours que le bon Dieu fait, matin, midi et soir». Une charte éthique bannit les hors-sujets, les publicités, les dénonciations calomnieuses et le racisme, et refuser un post attire les attaques : on aurait été «acheté par le système». Elle refuse aussi d’idéaliser la relation avec les responsables : «des fois, les res- ponsables font la sourde oreille, comme s’ils étaient absents», alors qu’ils ne boudent pas les réseaux sociaux pour leur communication politique ou institutionnelle. «Ce n’est pas honteux d’être sur un réseau social» , lance-t-elle. Ce qui la fait tenir, « c’est un devoir moral, une responsabilité morale». Et l’objectif dépasse les résultats : «que le citoyen change son rap- port à la vie dans la cité, et qu’il sache qu’il est partie prenante» . En clôture du forum, les Moroccan Social Innovation Awards ont distingué six initiatives, à l’issue d’une sélection de trois mois en quatre étapes. Le Grand Prix, sou- tenu par la Fondation Abdelkader Bensalah, revient à l’Association des jeunes créateurs (AJCMaroc) pour la sensibilisation des filles rurales à la santé reproductive à Guelmim-Oued Noun. Le Prix culture (Fondation TGCC) va à la Fondation Dar Bellarj pour son «Atelier des mamans douées», le Prix environnement (Mass céréales Al Maghreb) au Réseau Association Khnifiss pour son projet d’écotourisme autour du Parc national de Khnifiss, et le Prix inclusion (AtlantaSanad) à Anza pour Surf Amal, qui fait des métiers du surf un levier d’inser- tion des jeunes. Le Prix éduca- tion (Cosumar) est revenu à la Fondation Sanady pour Jodoor+, son second prix après celui de l’impact de la Fondation CDG l’an dernier. Le Coup de cœur du Grand jury distingue enfin l’Association Rouad Al Ibdaa pour son pro- jet de gestion associative. Mouna Hachim, invitée au forum, y voit «une grande joie» et «une prise en considération du travail citoyen». Pour les lauréats, la dotation de 200.000 DH s’accompagne d’un parcours d’accélération et d’un accès à des réseaux régionaux et nationaux. ◆
tions existent déjà sur le terrain, mais que leur capacité à gran- dir dépend aussi de notre apti- tude à faire travailler les acteurs ensemble».
Tenir dans la durée : le vrai test
Le forum parle d’impact, mais les trois intervenants s’accordent sur un point : le plus dur commence après. Tarik Maaroufi promet un rapport du forum pour restituer ses enseignements à l’écosys- tème. Mais «le grand défi, c’est l’après» . Chacun repart du forum «avec une nouvelle énergie pour faire face aux défis sur le terrain» , mais «la grande difficulté, c’est comment transformer cette éner- gie en des projets concrets» . Cela suppose «du financement adap- té», «un cadre légal adapté» et «la possibilité de se connecter dans les territoires», pas seulement à Casablanca, à Rabat ou dans les grands centres. Il reconnaît aussi que le secteur manque d’outils : «on n’a pas beaucoup de moyens pour capter et suivre l’évolution de ces projets» . Saïd Jabrani, Directeur général de Tamwilcom, a néanmoins prévenu que «le financement n’est pas une fin en soi». Mais pour la responsable des par- tenariats, à la Fondation Sanady, le déploiement dépend des finan- cements, ceux de l’INDH pour une région donnée ou d’une entreprise désireuse de soutenir les écoles voisines de son usine : «on dépend réellement du financement». Et la limite est connue : «on se retrouve avec des programmes de deux ans à trois ans dans une école. Ça doit s’arrêter. C’est dommage» . S’y ajoute la logistique : «quand la pluie est là ou la neige, la route est bloquée. Donc on n’a pas accès aux écoles» . Pour un collectif citoyen, la durée se mesure autrement : en éner- gie. «Nous ne sommes que deux administrateurs», rappelle Mouna Hachim, et depuis 2013 elle valide
cise-t-il, mais ils ont débouché sur un incubateur en région et des parcours de formation. À Casablanca, la force de Save Casablanca tient à l’expertise de ses membres. Le principe est simple : « on documente un pro- blème, un dysfonctionnement», et « chacun va apporter son exper- tise juridique ou administrative». Relayé par les médias, le nombre finit par peser : «les responsables sont sommés de répondre, si ce n’est d’agir». Par ailleurs, Mouna Hachim a conçu le Livre noir de la Ville blanche : «j’ai restructuré toutes les doléances qui ont été exprimées de manière, disons, spontanée, pour en faire un tra- vail organisé, cohérent, par thé- matiques». Transports, déchets urbains, patrimoine, chantiers en retard : l’ouvrage a été diffusé gratuitement en PDF, envoyé aux médias et remis aux responsables politiques. Ces méthodes recoupent les prio- rités qui se sont dégagées des débats : gouvernance partagée, financements durables, ancrage territorial des initiatives, impli- cation des communautés. Tarik Maaroufi en tire la leçon : « cette édition nous rappelle que les solu-
compétences les ressources de l’école, ça ne sert à rien de faire des programmes» . Le programme a bénéficié à 30.000 élèves. « Nous ciblons 150.000 élèves dans les prochaines années» , ajoute Rim Zouhry, responsable des partena- riats, à la Fondation Sanady. «Tout est normé, tout est pro- cessé», assure-t-elle, ce qui per- met de sortir des grands axes. La fondation est présente dans cinq régions, de Tanger à Souss- Massa : « on est à plus de 95%, on est sur du rural» . Formations et livrets sont identiques : «un enfant qui est à Tanger a exactement le même programme que celui qui est à Agadir». Tarik Maaroufi, lui, a fait de la proximité un investissement. Depuis 2018, date à laquelle la Fondation a quitté «l’approche classique de l’assistanat soli- daire» pour l’innovation sociale, elle organise chaque année, dans plusieurs régions, les « régionales de l’innovation sociale» : une jour- née avec les acteurs de tous les secteurs pour poser les défis, les opportunités et les collaborations possibles. «Ça nous a pris cinq ans pour pouvoir constru ire ces réseaux au niveau régional» , pré-
La transformation digitale est déjà engagée, particulièrement dans l'assurance automobile, qui représente environ un tiers de l'activité du secteur.
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