ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026
observe-t-il. S’appuyant sur l’exemple des ressources halieutiques, il rap- pelle que l’Afrique ne représente qu’environ 10% de la produc- tion mondiale de pêche, alors même qu’une part importante de ses stocks est déjà surex- ploitée. Pour lui, l’économie bleue ne peut plus être pensée en silos. Ports, pêche, transport maritime, logistique, transfor- mation industrielle ou tourisme côtier doivent désormais être envisagés comme les compo- santes d’un même écosystème économique. « L’économie bleue ne doit pas être pensée comme une somme de stratégies secto- rielles en silo. Il faut une vision systémique» , ajoute-t-il. L’expert de la Banque mondiale identifie trois grands verrous : la gouvernance, le financement et l’accès à l’information. Car au- delà des capitaux disponibles, c’est surtout l’absence de don- nées accessibles, de connais- sances scientifiques partagées et de visibilité économique qui continue de freiner les inves- tissements. «Avant d’encoura- ger un entrepreneur à investir, il faut lui donner accès à toute la connaissance nécessaire» , explique-t-il. Abdelmalek Faraj appelle ainsi à une démocratisation de la don- née scientifique maritime et à une implication plus forte du secteur privé dans la produc- tion de connaissances. «Nous devons coloniser la mer de manière positive», lance-t-il, plaidant pour un accès élargi aux espaces maritimes, aux savoirs et aux opportunités éco- nomiques. Au fil des échanges, une évi- dence s’est progressivement esquissée : l’Afrique maritime demeure encore un projet ina- chevé. Le continent possède les espaces, les ressources et les ambitions nécessaires pour devenir une puissance maritime de premier plan. Mais sans vision coordonnée, sans instruments opérationnels et sans véritable intégration continentale, cette promesse risque de demeurer à l’état de potentiel. ◆
«Presque tous les États africains ont signé le BBNJ, mais aucun n’a accompagné sa ratification d’une déclaration interprétative. Cela m’a particulièrement frap- pée» , relève-t-elle. Au-delà des enjeux juridiques et géopolitiques, les échanges ont également mis en lumière l’im- portance croissante de l’écono- mie bleue dans les trajectoires futures de transformation du continent. Sous un angle économique, Abdelmalek Faraj, expert consultant à la Banque mon- diale au Maroc, a insisté sur la nécessité de penser les espaces maritimes africains comme une véritable chaîne de valeur inté- grée. « Nous avons énormément d’opportunités, des instruments et des stratégies au niveau afri- cain, mais là où le bât blesse, c’est dans l’implémentation», Malgré l’AIMS 2050 et plusieurs stratégies continentales, l’Afrique peine encore à transformer ses ambitions maritimes en trajectoire opérationnelle.
international de la mer. Les espaces maritimes africains, selon elle, ne relèvent pas uni- quement de l’économie ou du commerce. Ils constituent aussi des espaces de souveraineté, de juridiction et de projection stratégique. «La Convention des Nations unies sur le droit de la mer constitue la ‘constitution’ des espaces maritimes», rap- pelle-t-elle. Derrière les notions de mer territoriale, de zone éco- nomique exclusive, de plateau continental ou de haute mer se joue en réalité le contrôle des ressources, des routes com- merciales et des espaces d’in- fluence. La juriste revient notamment sur le projet porté par l’Union afri- caine de création d’une Zone maritime exclusive commune africaine dans le cadre de la stratégie AIMS 2050. Une ambi- tion continentale qui se heurte toutefois à une réalité politique persistante : les États africains demeurent profondément réti- cents à mutualiser leurs souve- rainetés maritimes. «Aucun État n’accepterait de renoncer à ses
droits souverains sur sa mer ter- ritoriale», précise-t-elle. Diénaba Beye alerte également sur les recompositions à venir autour des demandes africaines d’extension du plateau conti- nental, susceptibles de redes- siner les espaces sous juridic- tion des États côtiers et, par extension, les équilibres géopo- litiques maritimes du continent. Son intervention s’est surtout attardée sur le BBNJ, l’accord international sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, entré en vigueur en 2026. Partage des ressources génétiques marines, création d’aires marines protégées, études d’impact environnemen- tal ou encore transfert de tech- nologies : ce nouvel instrument ouvre des perspectives inédites, mais révèle aussi les vulnérabili- tés africaines. Faibles capacités de surveil- lance maritime, déficit de coor- dination continentale et diffi- culté à construire des positions communes continuent de limi- ter le poids africain dans les négociations internationales.
L’Afrique ne représente qu’environ 10% de la production mondiale de pêche, alors même qu’une part importante de ses stocks est déjà surexploitée.
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