FNH N° 1251

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026

sera plus étroitement liée à la qualité des processus. Sur ce point, Noureddine Baqchich tempère: «je me garderai, en revanche, d’annoncer comme on l’entend parfois, un rejet automatique de la charge ou de la TVA pour toute facture absente de la plateforme : rien dans les textes publiés ne per- met de l’affirmer aujourd’hui» . Administration fiscale et experts-comptables : des rôles qui évoluent Pour l’administration fiscale, la réforme ouvre la voie à une information plus rapide et à des rapprochements plus sys- tématiques entre les données des fournisseurs, celles des clients et leurs déclarations. « Elle renforcera la détection des incohérences et la lutte contre les factures fictives», note Baqchich, soulignant que «cette évolution pourrait également simplifier certaines démarches et faciliter l’instruc- tion des demandes de rem- boursement de TVA. C’est une attente forte des entreprises, notamment exportatrices. Encore faut-il que les données suivent» . Cette réussite obéit, selon lui, à des conditions : « la réussite du dispositif exige, en contre- partie, des garanties opéra- tionnelles solides : disponibilité des services, protection des informations commerciales, gestion des droits d’accès et procédures de secours. Les entreprises devront savoir comment traiter un rejet, cor- riger une erreur, émettre un avoir ou poursuivre leur activité en cas d’indisponibilité du sys- tème. Une phase de tests et un accompagnement accessible seront essentiels» . Pour les experts-comp- tables, la valeur ajoutée se déplacera vers la fiabilisa- tion des processus et l’ana- lyse. «L’automatisation rédui- ra certaines tâches de saisie, mais elle ne supprimera ni le jugement professionnel ni les contrôles. Une facture tech- niquement validée ne prouve

nisation», relève-t-il, précisant que «les PME intégrées aux chaînes d’approvisionnement de grands groupes seront pro- bablement sollicitées par leurs clients bien avant leur propre échéance réglementaire. Leur préparation doit donc aussi tenir compte de leur environ- nement commercial». Sa recommandation aux diri- geants est claire : « commencer dès maintenant par les travaux utiles, quel que soit le dispositif final : fiabiliser les identifiants et les taux de TVA, sécuriser la numérotation, documenter les circuits de facturation et d’avoirs, organiser l’archivage et désigner un responsable du projet». Il faut aussi inter- roger l’éditeur du logiciel sur ses capacités d’évolution et d’échange de données, puis prévoir un budget et un plan de formation. En revanche, le choix définitif d’un format ou d’un dispositif de signature doit être aligné sur les spécifica- tions applicables. «Anticiper ne signifie pas investir à l’aveugle. L’objectif est de préparer une organisation capable d’émettre une facture correcte, de suivre son traitement et de justifier l’opération qu’elle représente », conclut-il. ◆  Avec la réforme, la facture devient un fichier de données validé en amont par la DGI.

pas, à elle seule, la réalité de la livraison, la correcte appli- cation de la TVA ou le bon rattachement de l’opération à l’exercice» , avertit-il. Et d’ajou- ter que «notre rôle sera d’aider les entreprises à diagnostiquer leur organisation, choisir une solution adaptée, sécuriser les paramétrages et rapprocher les flux de facturation de la comptabilité et des déclara- tions ». Cela suppose aussi de former les équipes des cabi- nets et de préciser les respon- sabilités respectives de l’entre- prise, de l’éditeur et du profes- sionnel. Il anticipe en outre un nouveau métier : «la réforme devrait d’ailleurs faire émer- ger un nouveau métier, celui d’intermédiaire de confiance entre l’entreprise et la plate- forme. Un rôle technique, à ne pas confondre avec le conseil» . Les PME sont-elles prêtes ? «Le niveau de préparation est hétérogène», constate l’expert. «Certaines PME dis- posent déjà d’outils intégrés et de procédures formalisées. D’autres fonctionnent encore avec des fichiers bureautiques, des traitements manuels et des échanges peu sécurisés entre les équipes commerciales et

comptables. Mon sentiment est que beaucoup de PME sous-estiment encore l’am- pleur du chantier», estime-t-il. Le danger, selon lui, tient à une erreur de perspective : «le principal risque est de consi- dérer cette transition comme une simple mise à jour du logi- ciel. Elle concerne aussi les ventes, les achats, la trésorerie et les systèmes d’information. Un outil performant ne com- pensera pas un fichier clients incomplet ou une procédure de validation mal définie» . Noureddine Baqchich rappelle que les orientations présentées publiquement par la DGI en avril 2026 prévoient un déploiement progressif, qui commencerait par les grandes entreprises et les transactions entre profes- sionnels, ainsi qu’une interface gratuite pour les petites struc- tures. «C’est une bonne nou- velle, à condition de garder en tête qu’une annonce n’est pas un texte. La gratuité d’un portail ne supprimera pas les besoins de formation et d’orga-

Le principal risque est de considérer cette transition comme une simple mise à jour du logiciel.

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