ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026
Economie marocaine «La richesse reste concentrée entre les mains d’un nombre trop restreint d’acteurs»
per concentration de la richesse entre les mains d’un nombre trop restreint d’acteurs privés et semi- publics. Cette situation crée des monopoles et des oligopoles qui n’encouragent ni la libre concur- rence ni l’équité sociale, territoriale, de genre et fiscale dans nos douze régions. La concentration des pouvoirs administratifs et décisionnels à Rabat constitue un deuxième frein à un développement harmonieux et équilibré de nos régions. Comme vous l’aurez constaté, durant la dernière mandature du gouvernement RNIste, de nom- breuses affaires de conflits d’inté- rêts entre des sphères économiques et politiques trop interpénétrées ont éclaté dans les médias et nourri des débats houleux sous la coupole du Parlement. Pour combattre efficacement ces conflits, les attributions du Conseil de la concurrence et des prix doivent être élargies, parallèlement au renforcement des pouvoirs juri- dictionnels de la Cour des comptes en matière de jugement et de sanc- tion. Les rapports de force politiques influencent la croissance sectorielle à travers l’approbation des Lois de Finances annuelles. Or, le progrès et le développement intègrent des cri- tères économiques, sociaux, envi- ronnementaux et de gouvernance sur des horizons plus longs, au moyen de plans s’étalant sur 10 à 30 ans. C’est le cas du nouveau modèle de développement 2021-2035, des stratégies nationales relatives à l’eau et à l’énergie, des programmes industriels à l’horizon 2030, de la stratégie «Digital Morocco 2030», des plans de développement fer- roviaire et autoroutier, des projets de ports comme Nador West Med et Dakhla Atlantique, du contrat- programme de la RAM 2023-2037 et de la feuille de route du tourisme à l’horizon 2030, qui vise 26 millions de touristes. Il est également important de suivre l’évolution des secteurs retenus dans le cadre du programme d’ap- pui à l’investissement lancé par le Fonds Mohammed VI pour l’inves- tissement, avec 19 milliards de dirhams injectés dans l’économie marocaine.
L’activité économique au Maroc devrait s’accélérer au second semestre 2026. Mais cette dynamique ne garantit pas une redistribution équitable des revenus. Les inégalités territoriales, la concentration de la richesse et les difficultés de création d’emplois restent autant de freins à un développement inclusif.
Entretien avec Khalid Doumou, économiste et expert financier.
Propos recueillis par Ibtissam Z.
Finances News Hebdo : Le HCP prévoit une accélération de la croissance économique au second semestre 2026. Quels sont les principaux moteurs de cette dynamique et dans quelle mesure ces prévisions sont-elles solides ? Khalid Doumou : Selon les pré- visions du haut-commissariat au Plan (HCP), publiées dans sa note de conjoncture d’octobre 2026, la croissance de l’économie maro- caine devrait atteindre 4,1% au troi- sième trimestre 2026, puis s’accélé- rer à 4,7% au quatrième trimestre, après une hausse de 4% enregis- trée au deuxième trimestre. Cette croissance est essentielle- ment portée par la progression du PIB agricole, grâce à une bonne année agricole marquée par une plu- viométrie record, avec une moyenne nationale de 136 mm en 2026 contre une norme habituelle de 71 mm, et une production céréalière de 93 mil- lions de quintaux. Elle est également tirée par le secteur tertiaire, notam- ment le tourisme, l’hébergement et la restauration, le transport et la logistique, Casablanca Finance City, l’écosystème digital et l’offshoring. Ces activités ne servent malheu- reusement pas toujours en prio- rité les intérêts du consommateur
marocain. Mais nous savons tous que le réchauffement climatique et ses conséquences météorologiques négatives, notamment le stress hydrique et les pluies diluviennes, sont devenus une réalité palpable et tangible à l’échelle mondiale. Le HCP est reconnu pour la fiabi- lité de ses analyses prospectives à court terme. Il dispose de sta- tisticiens et d’économètres pros- pectivistes chevronnés, ainsi que de données qualitatives et quanti- tatives suffisantes pour établir des projections économiques à un ou deux trimestres. Cela reste valable si l’on écarte la survenue de chocs externes inatten- dus «Black swans» et autres «Choke points», c’est-à-dire des facteurs exogènes pas toujours maîtrisables, susceptibles de pénaliser les pré- visions de croissance sur plusieurs années. Parmi ces facteurs, figurent l’évo- lution du coût d’achat des hydro- carbures et les pénuries, tempo- raires ou prolongées, de certaines matières premières stratégiques
ou de certains intrants industriels importés, nécessaires à la produc- tion marocaine. Au-delà d’un semestre, il faut s’en remettre à des analyses macroé- conomiques et géopolitiques plus poussées, qui complètent le travail du HCP par les projections d’ins- titutions comme Bank Al-Maghrib (BAM), l’Office des changes, le Conseil économique, social et envi- ronnemental (CESE), les cabinets de conseil internationaux, les institu- tions financières internationales, les think tanks marocains et les dépar- tements de recherche des grandes banques de financement et d’inves- tissement, des banques d’affaires et des sociétés de capital-investisse- ment et de gestion de fonds. F. N. H. : Quels sont aujourd’hui les principaux facteurs qui freinent la transformation de la croissance en création de richesse ? Kh. D. : Le principal facteur qui pénalise la redistribution de la crois- sance à l’échelle nationale est l’hy-
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