FNH N° 1251

ECONOMIE

28

FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026

insisté. Le ministre a plaidé pour la simplification et l’harmo- nisation des procédures douanières et frontalières, la digitalisation des formalités et l’interopérabilité des sys- tèmes entre les États. Autant de mesures susceptibles de réduire les délais et les coûts de transport, tout en amélio- rant la compétitivité des corri- dors africains. Durant les trois journées de Logiterre 2026, les échanges ont porté sur les moyens de renforcer les réseaux de transport, de développer les partenariats entre les acteurs publics et privés et de faciliter les échanges commerciaux à l’échelle continentale. Pour les organisateurs, l’enjeu consiste désormais à trans- former les discussions en propositions opérationnelles, capables d’alimenter les poli- tiques publiques et d’accélé- rer les réformes nécessaires au développement du sec- teur. ◆

 La connectivité des infrastructures et le développement des corridors de transport constituent des enjeux majeurs pour réduire les coûts logistiques et faciliter les échanges commerciaux.

de mieux articuler les diffé- rents modes de transport.

fonctions d’accompagnement de l’activité économique, mais de véritables instruments de transformation structurelle, de compétitivité et de prospé- rité partagée» , a-t-il souligné. Le ministre des transports camerounais a également relevé les principaux obs- tacles auxquels sont confron- tés les pays du continent, notamment l’insuffisance ou vieillissement des infras- tructures, ruptures entre les réseaux, coûts logistiques élevés, difficultés de transit et besoins importants de finan- cement. À ces contraintes s’ajoutent les exigences de durabilité environnementale et de sécu- risation des flux. Le Cameroun entend notam- ment miser sur le développe- ment de corridors multimo- daux et transnationaux afin de renforcer les échanges entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. Le cor- ridor Bamenda (Cameroun) - Enugu (Nigéria) illustre cette volonté de relier les espaces économiques et de faciliter l’accès des pays de l’intérieur aux infrastructures portuaires. Le pays prévoit également plusieurs projets ferroviaires destinés à améliorer la des- serte régionale. «La fraternité entre les États africains ne peut rester un idéal

abstrait. Elle doit se traduire par des actions concrètes, au premier rang desquelles figure la connectivité effective de nos territoires. Cette ambition politique forte appelle natu- rellement des réponses tech- niques rigoureuses, réalistes et surtout coordonnées» , a-t-il

Le Cameroun appelle à une approche continentale coordonnée La connectivité africaine sup- pose toutefois une coopé- ration qui dépasse les fron- tières nationales. Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, ministre des Transports du Cameroun, a insisté sur la portée politique et écono- mique de cette ambition, esti- mant que les infrastructures doivent être pensées comme des instruments d’intégration et de rapprochement entre les peuples. « Les infrastructures de trans- port ne sont pas de simples ouvrages techniques. Elles sont des liens vivants entre les peuples, des leviers d’inté- gration économique et des facteurs de paix, de stabilité et de solidarité. L’ambition de nos assises est donc de faire du transport et de la logistique non plus de simples

«Les corridors, leviers stratégiques de la ZLECAf» Louis Cheick Sissoko, président du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine (ECOSOCC) au Mali, met l’accent sur les infrastructures, la faci- litation des échanges et la mobilisation des financements pour accélérer l’inté- gration économique africaine. Il souligne également l’importance de l’expérience marocaine en matière de développement de la connectivité continentale.

«Pour les 16 pays africains sans littoral, y compris le Mali, chaque kilomètre de cor- ridor, chaque poste-frontière et chaque jour d’attente au port pèsent directement sur le prix des marchandises. La ZLECAf

ouvre un marché de 1,4 milliard de personnes, mais la concrétisation de ses promesses dépen- dra largement de notre capacité à faciliter les échanges. Selon la Banque mondiale, près des deux tiers des gains attendus viendront de cette facilitation. La promesse de la ZLECAf se jouera donc dans nos ports, sur nos routes, sur nos rails et à nos frontières», note-t-il. Et d’ajouter que «le Maroc occupe une place importante dans cette dynamique africaine, notam- ment à travers son expérience en matière d’infrastructures et de connectivité. Pour transformer les corridors en véritables artères économiques, il ne suffit pas de construire des routes ou des ports. Il faut également harmoniser les procédures et traduire les engagements politiques en actions concrètes». Selon lui, «l’Afrique doit mobiliser entre 130 et 170 milliards de dollars par an pour combler son déficit d’infrastructures. Les budgets publics ne peuvent répondre seuls à ces besoins. Les partenariats public-privé constituent un levier essentiel, à condition de disposer de projets bien préparés, d’un cadre juridique stable et d’un partage équitable des risques. Nous devons également mobiliser davantage l’épargne africaine, notamment celle des fonds de pen- sion, des fonds souverains et des assureurs, afin de financer durablement les infrastructures et les corridors stratégiques du continent».

L’Afrique doit mobiliser entre 130 et 170 milliards de dollars par an pour combler son déficit d’infrastructures.

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker