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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 30 JUILLET 2026

à une même ambition : réduire les fractures territoriales et faire émerger de nouveaux pôles de développement. Le futur port de Dakhla Atlantique s'inscrit pleinement dans cette stratégie. Il est appelé à devenir une porte d'entrée commerciale vers l'Afrique de l'Ouest et un levier de développement pour toute la façade atlantique du Royaume. Politique de l’eau L'autre pilier de cette transformation concerne la politique de l'eau. Dans un pays confronté à un stress hydrique croissant, les infrastructures hydrauliques sont devenues une question de souverai- neté nationale. Le Maroc disposait déjà d'une longue tradition de construction de barrages, initiée sous Hassan II. Mohammed VI amplifie cette stratégie tout en l'adaptant aux nou- velles contraintes climatiques. Le Royaume compte aujourd'hui plus de 150 grands barrages, auxquels s'ajoutent de nombreux ouvrages de petite taille et de taille moyenne destinés à soutenir l'agriculture, l'alimentation en eau potable et la production hydroélectrique. Mais face à la succession des années de sécheresse, cette politique ne suffit plus. Une nouvelle génération d'inves- tissements voit le jour autour du dessalement de l'eau de mer, de la réutilisation des eaux usées traitées et de l'interconnexion des bas- sins hydrauliques. L'objectif est clair : sécuriser durablement les ressources en eau d'un pays dont les disponibilités hydriques par habitant ont été divisées par plus de quatre en quelques décennies. Là encore, l'infrastructure devient un instrument de résilience économique. La même logique prévaut dans le secteur énergétique. En lançant le complexe solaire Noor à Ouarzazate, puis en accélérant le développement des parcs éoliens et pho- tovoltaïques, le Maroc poursuit un double objectif : réduire sa dépendance énergétique et renforcer sa compétitivité industrielle. Les énergies renouvelables représentent désor- mais quelque 45% du mix électrique national, tandis que le Royaume ambitionne de deve- nir un acteur majeur de l'hydrogène vert. Au fil des années, ces différents chantiers ont profondément modifié la perception inter- nationale du Maroc. Les investisseurs ne viennent plus seulement pour profiter d'une main-d'œuvre compétitive ou de la proxi- mité de l'Europe. Ils choisissent également un pays doté d'infrastructures modernes et capables de répondre aux exigences des chaînes de valeur mondiales. C'est sans doute là le principal héritage de ces vingt- sept années d'investissements. ◆

du port. Les zones industrielles attenantes accueillent aujourd'hui plus de 1.500 entre- prises représentant des investissements de plusieurs dizaines de milliards de dirhams. Des groupes internationaux de l'automobile, de l'aéronautique, de l'électronique, du tex- tile ou de la logistique y produisent pour les marchés européens, africains et américains. Ce qui n'était au départ qu'une infrastructure portuaire est devenu le cœur d'un système industriel complet. «Le développement d'in- frastructures logistiques de très haut niveau a profondément modifié l'attractivité du ter- ritoire. Tanger Med représente aujourd'hui un véritable hub reliant l'Europe, l'Afrique, l'Amérique et le Moyen-Orient», confirme l’économiste Khalid Kabbadj. Cette logique de plateforme intégrée consti- tue sans doute l'une des grandes innovations de la politique marocaine des infrastructures. Cette philosophie s'observe également dans le secteur ferroviaire. Pendant longtemps, le rail marocain souffrait d'une image de lenteur et de sous-investis- sement. La mise en service d'Al Boraq, en novembre 2018, marque une rupture spec- taculaire. Première ligne à grande vitesse du continent africain, elle réduit le temps de trajet entre Tanger et Casablanca de près de

cinq heures à un peu plus de deux heures. Au-delà de la performance technique, le projet envoie un signal fort : le Maroc entend désormais investir dans des infrastructures comparables à celles des économies les plus avancées. Le succès commercial dépasse rapidement les prévisions. Le trafic voyageurs connaît une progression continue, tandis que l'Office national des chemins de fer engage un vaste programme d'extension du réseau à grande vitesse et de modernisation des lignes clas- siques. Le rail redevient progressivement un outil majeur de mobilité et un facteur d'inté- gration économique. Cette dynamique ne concerne pas unique- ment les grandes métropoles. Elle s'inscrit dans une vision plus large d'aménagement du territoire. L'extension du réseau autoroutier vers le Sud, la modernisation des ports d'Agadir, de Nador ou de Dakhla, la création de nouvelles plateformes logistiques et les investisse- ments dans les provinces du Sud répondent

Selon les données du ministère de l'Equipement et de l'Eau, le réseau autoroutier dépasse désormais 1.800 kilomètres, reliant les principaux pôles économiques du pays.

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