Finances News Hebdo 1253

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026

de justificatifs inutiles lors du règlement de certains sinistres. Derrière ces mesures, une même préoccupation exprimée durant le débat : faire considérer l’assurance comme «une protection financière contre un aléa plutôt qu’une taxe».

Export, Takaful et retraites dans les échanges

Interrogé sur le financement des exporta- teurs, Chaffai a rappelé la mise en place, avec les pouvoirs publics, d’un produit d’as- surance-crédit couvrant les impayés sur 15 marchés africains identifiés. Le méca- nisme associe réassurance et engagement de l’État, avec une enveloppe initiale de 100 millions de dirhams. Sa diffusion auprès des entreprises reste néanmoins un enjeu pour qu’elles puissent effectivement en bénéfi- cier. L’assurance Takaful compte quatre opé- rateurs et une fenêtre de ré-Takaful. Le président de l’ACAPS a évoqué des crois- sances annuelles de l’ordre de 50%, mais le lancement de nouvelles offres d’épargne ou de retraite suppose des échanges avec le Conseil supérieur des oulémas. Sur la réforme générale des retraites, il a rappelé que l’Autorité apporte des avis techniques et actuariels : le choix du futur système appar- tient au gouvernement. Climat, cyberrisques et IA : de nouvelles méthodes de contrôle Une instruction adressée aux compagnies en janvier 2024 leur demande d’identifier et d’évaluer les risques climatiques et cyber, jusqu’au niveau de leurs Conseils d’admi- nistration. L’ACAPS collecte désormais des informations pour préparer des exigences plus normatives. Elle participe, avec Bank Al-Maghrib, l’AMMC et le ministère des Finances, à des tests de résistance annuels et travaille à compléter la surveillance indi- viduelle des assureurs par une approche macroprudentielle. La montée des agents d’intelligence artifi- cielle dans les parcours clients appelle aussi un contrôle du conseil fourni et de la protec- tion des données. Le régulateur étudie ces usages et développe un outil de surveillance des offres d’assurance en ligne, dont la mise en service est envisagée dans les prochains mois. En interne, une base de données com- mune aux directions doit contribuer à moder- niser la supervision, avec une échéance évoquée pour février 2027. Dans le plan stratégique 2024-2028, Chaffai place ainsi la réussite de la SBR, l’élargisse- ment des couvertures et la modernisation du contrôle au cœur des prochaines étapes de l’ACAPS. ◆

 Aux Nuits de la Finance, Abderrahim Chaffai a dressé le bilan de dix ans de régulation et détaillé les grandes réformes qui attendent le secteur des assurances au Maroc.

des logements. Une telle diffusion renforce- rait l’indemnisation assurantielle après un séisme ou des inondations et limiterait le recours à la solidarité nationale. L’ACAPS entend également reprendre les multiples obligations de responsabilité civile professionnelle dispersées dans les textes propres à chaque métier. Leur intégration progressive au Code des assurances, sur un horizon d’au moins cinq ans, permettrait de fixer des garanties minimales et d’encadrer franchises et exclusions, afin qu’un contrat obligatoire assure une protection réelle.

perception du risque freinent la demande. Une nouvelle enquête doit permettre de mesurer l’évolution de ces obstacles. La microassurance offre une piste de déve- loppement : 2,8 millions de contrats avaient été commercialisés à fin 2025, selon les chiffres cités par Chaffai. Encore faut-il allé- ger les formalités et adapter les contrats aux revenus modestes. À titre d’exemple, la pro- cédure de mise en demeure pour une prime impayée devient peu pertinente lorsqu’elle porte sur un contrat à 50 dirhams. Le régula- teur travaille ainsi à simplifier la souscription et l’indemnisation. Les amendements des livres I et IV du Code des assurances visent, eux, à renforcer l’information avant la signature, la clarté des garanties et la qualité du conseil; un futur livre V doit traiter de la conduite de marché. L’ACAPS souhaite limiter les clauses qui réduisent excessivement la couverture et encadrer la formation annuelle des intermé- diaires. Des instructions sont aussi prises avec la profession pour éviter des demandes

L’inclusion bute encore sur le prix et la confiance

Le taux de pénétration de l’assurance atteint 3,7% du PIB, mais cet indicateur masque un faible équipement hors couvertures obliga- toires. Dans un baromètre réalisé en 2022 auprès de plus de 2.400 particuliers et 615 petites entreprises, l’ACAPS relevait des taux de 4% pour l’habitation et de 6% pour l’épargne. Parmi les TPE interrogées, 29% seulement disposaient d’une assurance acci- dents du travail, pourtant obligatoire, et 22% d’une multirisque professionnelle. Le pouvoir d’achat, la méconnaissance des produits, la complexité des démarches et l’absence de

Engagée en 2016, la solvabilité basée sur les risques doit entrer en application en 2027 sur les comptes de 2026.

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