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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026
Cyberattaques Pourquoi les médias sont-ils devenus des cibles privilégiées ?
de 1 Gbit/s. Un débit relativement modeste à l'échelle d'un grand opérateur peut néanmoins suffire à mettre hors service un petit ser- veur. Les attaques dépassant 1 Tbit/s ont, elles, diminué, passant de 805 au deuxième trimestre à 251 au troisième. La menace se déplace vers des opérations plus brèves, répétées et parfois diffi- ciles à distinguer immédiatement d'un trafic ordinaire. Le temps compte. «Qu'une attaque dure trente secondes ou dix minutes, il n'existe pas de fenêtre pratique pour l'interven- tion humaine» , souligne Cloudflare dans son rapport du premier semestre. Le filtrage doit donc fonctionner en permanence, avant même qu'un administrateur reçoive l'alerte. Répartir le trafic, masquer le serveur d'origine, limi- ter les requêtes suspectes et tester les secours deviennent essentiels. Elles ne dispensent ni de surveiller les accès ni de préparer un plan de continuité éditoriale. Au Maroc, les médias en ligne ne sont pas à l'abri de ces risques. Une attaque DDoS survenant lors d'une forte actualité peut rendre un site inaccessible, interrompre la consultation des articles et entraî- ner des pertes d'audience et de recettes publicitaires. La capa- cité d'une rédaction à faire face dépend notamment de la qualité de son hébergement, des dispo- sitifs de protection déployés et de l'efficacité de sa réponse tech- nique. ◆ Le 31 décembre 2015, une attaque DDoS a paralysé les sites de la BBC pendant plusieurs heures.
Les médias restent parmi les secteurs les plus visés par les attaques DDoS. Derrière les chiffres publiés par Cloudflare fin octobre, une menace dépasse la simple panne informatique.
données de Cloudflare montrent que la presse constitue une cible récurrente. Dans le cadre de son programme Galileo, des- tiné notamment à protéger les médias indépendants, l'entreprise a bloqué plus de 97 milliards de requêtes suspectes visant 315 organisations liées au journalisme, entre mai 2024 et mars 2025. Près de 93% du trafic malveillant ainsi filtré relevaient des attaques DDoS. Dans son rapport publié en juin 2026, Cloudflare souligne égale- ment que les attaques contre les organisations de la société civile coïncident souvent avec des périodes sensibles, notamment la publication d'enquêtes journa- listiques. Les journalistes en exil subissent un taux de trafic malveil- lant près de quatre fois supérieur à celui des organisations de presse dans leur ensemble. Certaines offensives peuvent durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. À travers son programme Galileo, qui protégeait alors plus de 3.400 sites dans 120 pays, Cloudflare défend un principe : «personne ne devrait être privé d’accès à Internet sous prétexte qu’une entité plus puis- sante n’est pas d’accord avec lui». Une course à la protection Le danger ne vient pas uniquement des offensives géantes. Au troi- sième trimestre, 96% des attaques réseau bloquées par Cloudflare ont duré moins de dix minutes; 98% sont restées sous le seuil
Par K. A. U
Au premier semestre, elle repré- sentait 14,2% des requêtes HTTP DDoS bloquées par Cloudflare, devant tous les autres secteurs. Quand l'attaque vise la diffusion de l'information Une attaque DDoS ne cherche pas forcément à pénétrer dans les serveurs. Elle vise à épuiser leurs ressources en multipliant les connexions et les requêtes jusqu'à rendre le site inaccessible. Certaines offensives saturent directement le réseau, tandis que d'autres imitent le comportement de visiteurs ordinaires. Pour un média, une telle attaque peut survenir au moment de la publication d'une enquête ou d'une actualité importante, empê- chant les lecteurs d'accéder à l'in- formation. Les rédactions dispo- sant de moyens techniques limités sont particulièrement vulnérables. Doug Madory, directeur de l'ana- lyse Internet chez Kentik, expli- quait au Committee to Protect Journalists (CPJ) : «les médias qui pratiquent un journalisme indé- pendant exigeant, mais manquent de moyens pour se défendre, risquent fortement d'être rendus inaccessibles par une attaque DDoS». Au-delà des attaques isolées, les
n internaute clique sur un article, mais une page d’erreur s’affiche. Le site est saturé par des milliers de requêtes envoyées simultané- ment depuis plusieurs machines. C’est le principe d’une attaque par déni de service distribué (DDoS), qui vise à rendre un site inacces- sible sans nécessairement voler de données. Le phénomène prend une ampleur considérable. Dans son rapport publié le 29 octobre, Cloudflare indique avoir bloqué 18,2 millions d'attaques DDoS au niveau réseau entre juillet et septembre 2026, soit 208% de plus qu'un an aupara- vant. Cela représente plus de 8.200 attaques par heure sur ses infras- tructures. À ce volume s'ajoutent 14.400 milliards de requêtes HTTP malveillantes, filtrées au niveau des sites et applications. Le pre- mier chiffre compte des attaques; le second, les requêtes qui les composent. La catégorie «médias, production et édition» demeure la plus ciblée au troisième trimestre, bien que sa part dans le trafic d'attaque ait net- tement reculé depuis le printemps.
En moyenne, Cloudflare a bloqué une attaque DDoS toutes les 0,44 seconde au troisième trimestre 2026.
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