SOCIÉTÉ
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026
l’éducation est indispensable, mais les moyens financiers ne garan- tissent pas automatiquement de meilleurs apprentissages. Tout dépend de la manière dont ils sont utilisés et de leur capacité à répondre aux besoins concrets des élèves et des équipes édu- catives. Il faut investir dans les établissements, les équipements, les ressources pédagogiques et la formation des enseignants. Mais il est tout aussi important de s’assurer que ces moyens pro- duisent des effets réels dans les salles de classe. Un équipement, par exemple, n’améliore pas à lui seul les apprentissages, il doit être intégré à une démarche pédago- gique cohérente et utile aux élèves. Pour évaluer l’efficacité des inves- tissements, il ne faut donc pas regarder uniquement les sommes dépensées ou le nombre d’élèves inscrits. Il faut suivre des indica- teurs concrets, à savoir les progrès en lecture, en compréhension et en mathématiques, l’évolution des résultats, l’absentéisme, le maintien des élèves dans leur parcours et leur capacité à poursuivre leur for- mation. La publication régulière de ces indicateurs permettrait de ren- forcer la transparence et d’ajuster les politiques publiques en fonction des résultats réellement observés. Il serait également utile de com- parer les résultats dans le temps et entre les territoires, afin d’iden- tifier les inégalités persistantes et les dispositifs qui fonctionnent le mieux. Il est essentiel d’écouter les enseignants, les familles et les élèves eux-mêmes. Leurs retours permettent de comprendre ce qui fonctionne, ce qui reste insuffisant et ce qui doit être ajusté. Les déci- sions doivent s’appuyer sur des résultats observables, et non uni- quement sur des objectifs annon- cés. Au fond, la question essentielle est de savoir ce qui a concrète- ment changé pour l’élève. A-t-il mieux compris, progressé, repris confiance et trouvé davantage de sens dans ses apprentissages ? C’est en reliant les investissements aux progrès réels des enfants que nous pourrons mieux orienter les moyens et faire de l’éducation un véritable levier de réussite pour tous. ◆
Le PLF 2027 prévoit une enveloppe de 106,9 milliards de dirhams pour l’Éducation nationale, contre 102,2 milliards en 2026.
soutien scolaire peuvent jouer un rôle important, à condition qu’ils répondent réellement aux besoins des jeunes concernés. Ils offrent la possibilité de reprendre les appren- tissages, de combler certaines lacunes et de retrouver progressi- vement confiance. Leur efficacité dépend toutefois de la qualité de l’accompagnement, de la continuité du suivi et de la capacité à proposer un parcours adapté à chaque jeune. Le soutien scolaire ne doit pas être une simple répétition du cours. Si un élève n’a pas compris une notion en classe, la lui expliquer exactement de la même manière ne suffira pas toujours. Il faut identifier ce qui bloque, reprendre les bases lorsque cela est nécessaire et proposer d’autres façons d’apprendre. Les familles doivent également être associées à cette démarche. Elles connaissent leur enfant, ses difficultés et ses réactions, mais ne disposent pas toujours des outils pour l’accompa- gner. Le dialogue entre les profes- sionnels et les parents permet de mieux comprendre la situation et de construire une réponse cohérente. Concernant les écoles de la deu- xième chance, il me semble essen- tiel d’aller au-delà du seul rattrapage scolaire. Il faut aussi aider les jeunes à développer leur autonomie et des compétences utiles dans la vie quo- tidienne, telles qu’organiser leurs démarches administratives, gérer un budget, comprendre les dépenses
et l’épargne, communiquer, pré- parer un entretien ou découvrir le monde professionnel. Tous les jeunes n’ont pas les mêmes aspirations. Pour certains, reprendre un parcours scolaire classique sera pertinent; pour d’autres, une forma- tion professionnelle, l’apprentissage ou l’accès à un métier constituera une voie plus adaptée. Ces parcours doivent être présentés comme de véritables possibilités de réussite, et non comme des solutions de second rang. Une deuxième chance doit permettre au jeune de rebon- dir, de découvrir ses capacités et de construire un projet réaliste. La réussite ne se résume pas à un parcours identique pour tous, elle consiste aussi à acquérir des com- pétences, à devenir autonome et à trouver sa place dans la société. F. N. H. : L’égalité des chances est-elle réellement garantie entre les élèves de l’école publique et ceux du privé ? Dans quelle mesure les écarts de moyens et de qualité des apprentissages pèsent-ils sur les parcours scolaires et la réussite des élèves ? M. B. : L’égalité des chances reste un objectif à construire. Les élèves ne disposent pas tous des mêmes conditions d’apprentissage : les ressources des établissements, le nombre d’élèves par classe, l’ac- cès aux outils pédagogiques et la possibilité de bénéficier de cours particuliers peuvent varier considé- rablement. Les familles qui ont les moyens de financer un accompa- gnement complémentaire peuvent parfois compenser plus facilement certaines difficultés. À l’inverse,
lorsqu’un élève rencontre des obs- tacles et que sa famille ne peut pas financer de soutien, il risque de rester en difficulté plus longtemps si l’établissement ne peut pas lui proposer une aide suffisante. Il ne faut toutefois pas opposer systéma- tiquement école publique et école privée, car la réalité varie d’un éta- blissement à l’autre. La question centrale est celle de la qualité des apprentissages et de la capacité à accompagner chaque élève, quels que soient son milieu social et son lieu de scolarisation. L’égalité des chances ne signifie pas nécessaire- ment donner exactement la même chose à tout le monde. Elle sup- pose de garantir à chaque enfant un socle solide de connaissances et de compétences, tout en appor- tant un soutien supplémentaire à ceux qui en ont davantage besoin. Un système éducatif plus équitable est un système dans lequel les dif- ficultés d’un enfant ne deviennent pas un obstacle durable simplement parce que sa famille ne dispose pas des ressources nécessaires pour y répondre. C’est pourquoi la qualité de l’accompagnement au sein même des établissements doit être une priorité. Elle ne peut pas dépendre uniquement de la capa- cité des parents à financer des solu- tions complémentaires. F. N. H. : Dépenser davantage dans l’éducation signifie-t-il nécessairement apprendre mieux ? Comment s’assu- rer que les investissements améliorent réellement les apprentissages et réduisent le décrochage scolaire ? M. B. : Investir davantage dans
Pauvreté, lacunes scolaires et perte de confiance, l’abandon scolaire révèle la nécessité d’intervenir avant que la rupture avec l’école ne devienne définitive.
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