BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026
PLF 2027 Moins d’IR, plus de pouvoir d’achat ? Seuil d'exonération porté à 60.000 dirhams, trois tranches au lieu de cinq, taux marginal ramené à 30% : le projet de Loi de Finances 2027 annonce une nouvelle refonte de l'impôt sur le revenu, étalée jusqu'en 2031. Un geste fort pour les salariés et les classes moyennes, dont l'effet réel dépendra toutefois de l'évolution des prix et des salaires.
la base des exonérés. Selon les projections du ministère de l'Éco- nomie et des Finances, la réforme de 2025 devait porter la part des contribuables exonérés relevant du barème de 71,4% à 80%, pour un effort budgétaire de 5,2 mil- liards de dirhams. Mais un impôt plus léger ne garan- tit pas un niveau de vie plus élevé. Pour l'économiste Khalid Kabbadj, le pouvoir d'achat «doit être appré- cié à travers le revenu disponible réel, c'est-à-dire après prélève- ments obligatoires et en tenant compte de l'évolution effective des prix, autrement dit le restant à vivre». Sur le papier, le contexte est favorable. D'après le haut-commis- sariat au Plan (HCP), l'indice des prix à la consommation n'a pro- gressé que de 0,8% en moyenne en 2025. En septembre 2026, il ne dépassait son niveau d'un an plus tôt que de 0,5%. Cette moyenne masque toutefois de forts écarts. En 2025, les prix ont reculé de 2,6% dans le trans- port, mais grimpé de 3,3% dans les restaurants et hôtels. En sep- tembre 2026, les produits alimen- taires baissaient de 2,5% sur un an, tandis que les produits non ali- mentaires augmentaient de 2,8%. Selon la structure de leur budget, les ménages ne ressentent donc pas la même inflation. Surtout, une inflation faible n'ef- face pas les hausses passées : les prix progressent simplement moins vite. Le calendrier pose aussi ques- tion. Bank Al-Maghrib table sur une inflation de 0,7% en 2026, puis de 1,5% en 2027. Or la réforme s'étalera jusqu'en 2031 : une partie du gain fiscal annuel pourrait être absorbée par la remontée des prix. La réforme reste, selon Khalid Kabbadj, «un instrument perti- nent de soutien au revenu net des salariés, mais elle ne saurait, à elle seule, compenser les tensions structurelles qui pèsent sur le bud- get des ménages». Consommation : un coup de pouce, pas une relance La consommation des ménages a nettement ralenti. Selon les comptes nationaux du HCP, elle n'a progressé que de 1,2% en volume en 2025 contre 2,9% en
Par S . Ch
Le PLF 2027, examiné au Parlement, promet un allègement fiscal pour les salariés et les classes moyennes.
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est l'une des mesures phares du PLF 2027. Dans sa note de présen- tation, le gouvernement place «la restauration du pouvoir d'achat» au premier rang de ses priorités. Il entend agir sur les prix à travers la compensation et la réforme des cir- cuits de distribution. Il entend aussi agir sur le revenu disponible des ménages, et c'est là que l'impôt sur le revenu (IR) entre en scène. L'exécutif ne part pas de zéro. La Loi de Finances 2025 avait déjà relevé le seuil d'exonération de 30.000 à 40.000 dirhams et abaissé le taux marginal de 38% à 37%. Le nouveau texte va beaucoup plus loin. En effet, le cœur de la réforme repose sur trois changements majeurs. Le revenu net annuel exo-
néré passera de 40.000 à 60.000 dirhams, soit 5.000 dirhams par mois. Le nombre de tranches impo- sables tombera de cinq à trois, taxées à 10%, 20% et 30%. Enfin, le taux marginal sera ramené de 37% à 30%. Le changement sera progressif. Le nouveau barème sera déployé sur cinq ans, de 2027 à 2031, «après évaluation de son coût et de ses effets sur les reve- nus des ménages et les recettes publiques» . Le gouvernement le lie explicitement à l'élargissement de l'assiette et à la lutte contre l'évasion fiscale. Deux mesures d'accompagnement complètent le dispositif. Le taux forfaitaire de déduction des frais professionnels, aujourd'hui de 35% ou 25% selon
le revenu, serait porté à 45% pour tous, avec un plafond inchangé de 35.000 dirhams. Cette mesure viendrait ainsi compléter la baisse du barème en réduisant davan- tage la base imposable des sala- riés concernés. En contrepartie, l'exonération des indemnités serait limitée, à l'horizon 2031, aux seuls frais réels et justifiés. Les primes versées de façon permanente redeviendraient des compléments de salaire imposables. L'objectif affiché : mettre fin aux «pratiques d'optimisation et d'abus de droit». Le PLF rappelle aussi les acquis récents. Les pensions de retraite concernées ont bénéficié d'une réduction de 50% de l'IR en 2025, puis d'une exonération totale depuis le 1er janvier 2026. Paradoxe apparent, le produit attendu de l'IR progresse malgré tout : 71,5 mil- liards de dirhams prévus en 2027 contre 64,7 milliards en 2026, soit +10,55%. Pouvoir d'achat : un gain réel, mais partiel La première étape a déjà élargi
Tranches actuelles (DH/an)
Taux actuel
0 à 60.000 60.001 à 150.000 150.001 à 500.000 Plus de 500.000 Tranches cibles 2031 (DH/an)
0% 10% 20% 30% Taux cible
0 à 40.000 40.001 à 60.000 60.001 à 80.000 80.001 à 100.000 100.001 à 180.000 Plus de 180.000
0% 10% 20% 30% 34% 37%
Source : Note de présentation du PLF 2027.
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