4. Ce qu'est un pneu régénératif Le test tient en trois questions. Après le passage de cette exploitation, le territoire va-t-il mieux ? Les animaux qui l'habitent vont-ils mieux ? Les gens — ceux qui produisent comme ceux qui utilisent — vont-ils mieux ? Les trois réponses doivent être oui, et documentées. Une difficulté apparaît avant la première question : on ne sait pas de quel territoire on parle. Michelin achète à 249 963 planteurs sur dix pays producteurs, géolocalise ses parcelles pour se conformer à la réglementation, et ne nomme aucun lieu comme un lieu. La régénération est toujours située. Un territoire qu'on ne sait pas nommer ne peut pas être régénéré. Les trois dimensions que l'analyse de cycle de vie ne couvre pas L'ACV d'un pneu porte sur le carbone, l'énergie et la matière. Trois dimensions du vivant en sont absentes — exactement les trois piliers réunis par la certification régénérative ROC. La biodiversité renvoie aux plantations. L'hévéa est un arbre : on parle d'écosystème forestier — strates, canopée, espèces associées, habitats. Une plantation en monoculture est une forêt vide ; en agroforesterie, elle redevient un milieu habité. Le bien-être, animal et humain renvoie aux deux bouts. En amont la faune et les planteurs ; en aval les usagers et riverains, l'usure des pneus étant une source majeure de particules dans l'air, les sols et les eaux. La filière est la dimension la plus souvent oubliée : contrats, prix, partage du risque, gouvernance. Elle ne produit aucun impact par elle-même, et c'est elle qui rend les pratiques tenables dans le temps. Où en est Michelin 1. Une matière première issue de plantations conduites en agroforesterie, dont la biodiversité progresse. Aujourd'hui : la monoculture domine, et RubberWay évalue des risques déclarés plutôt qu'il ne mesure l'état des milieux. 2. Une contribution mesurée au bien-être des personnes, en amont comme en aval. Aujourd'hui : point le plus avancé du dossier : −5 % d'émissions d'usure entre 2015 et 2020, soit 100 000 t de particules évitées, et 26 % de particules en moins que les autres premium selon l'ADAC. La prévention de l'usure au travail des planteurs reste absente. 3. Une rémunération des planteurs co-déterminée, adossée à des volumes garantis et à un partage des risques. Aujourd'hui : le prix suit les cours mondiaux, sans contrat pluriannuel. 4. Un prix qui finance la transition des territoires producteurs, inscrit en investissement et non en charge. Aujourd'hui : la transition est autofinancée sur les marges, soumise aux arbitrages annuels. 5. La mesure des pratiques descendue au niveau de la filière, exploitation par exploitation, vérifiée par un tiers. Aujourd'hui : la mesure existe et porte sur des risques déclarés, pas sur les pratiques de chaque exploitation. Le mécanisme économique La formule « plus on vend, plus on régénère » décrit une mécanique. Elle s'enclenche quand la vitalité du territoire producteur devient une source de valeur : une matière meilleure parce que les milieux
Capacity Score Michelin · Nous Sommes Vivants
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