POLITIQUE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 4 JUIN 2026
Rabat-Bamako Les ressorts d’un partenariat stratégique forgé par l’histoire
La coopération entre le Mali et le Maroc connaît, ces dernières semaines, une nouvelle dynamique marquée par une intensification des échanges institutionnels de haut niveau. Entre avril et mai, Bamako a accueilli plusieurs délégations marocaines venues dans le cadre du renforcement du partenariat bilatéral. La relation qui unit les deux pays ne date pas d’hier. Tour d’horizon. Par Z. A. P
lusieurs délégations marocaines se sont rendues dans la capitale malienne en seulement deux mois. Des missions qui ont vu défiler des responsables du ministère marocain de la Santé, de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), de l’Office ché- rifien des phosphates (OCP), de l’Agence marocaine pour l’éner- gie durable (MASEN), de l’Agence marocaine de coopération interna- tionale (AMCI), ainsi que de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Au cours de leur séjour à Bamako, ces délégations ont été reçues par plusieurs membres du gouver- nement malien ainsi que par les responsables des départements techniques concernés. Ils ont pu échanger sur le renforcement de la coopération Sud-Sud dans des «domaines jugés prioritaires et essentiels pour le développe- ment socioéconomique du Mali», indique une source autorisée. Il s’agit notamment la santé, l’agri- culture, l’énergie, l’électricité, les énergies renouvelables ainsi que la formation professionnelle et l’en- seignement. Cette succession de missions marocaines de haut niveau n’est que «l’illustration de la profondeur et la résilience des liens entre les deux pays, unis par une coopé- ration ancienne et appelée à se renforcer davantage», ajoute une source ayant requis l’anonymat.
Présence économique accrue Le Royaume est actuellement très présent au Mali, à travers plusieurs filiales d’entreprises marocaines. D’après notre interlocuteur, dans le secteur bancaire notamment, les groupes marocains détiennent environ 40% des parts du mar- ché bancaire malien, à travers les filiales d’Attijariwafa bank, de la BMCE Bank et de la Banque Populaire. Dans le domaine des télécommunications, Maroc Telecom est également présent au Mali via Moov Africa Malitel, tandis que la filiale du groupe Ciments de l’Afrique dispose de deux usines dans le pays. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des visites effectuées par le Roi Mohammed VI à Bamako en 2013 et 2014, qui avaient mar- qué une étape importante dans le renforcement des relations bilaté- rales à travers la signature de plu- sieurs accords, notamment dans le domaine cultuel. Sur ce volet, le Mali reste le seul pays avec lequel le Maroc a signé à trois reprises un protocole d’accord relatif à la formation des imams maliens à l’Institut Mohammed VI de forma- tion des imams, morchidines et morchidates de Rabat en 2014, en 2022 et en 2025. À ce jour, près de 800 imams maliens ont été formés au Maroc, tandis que 400 autres sont actuellement en cours de formation, dans un objectif clair: promouvoir un islam du juste
Le Roi Mohammed VI a tenu une audience royale à Rabat, le 28 avril 2025, en présence des ministres des Affaires étrangères des trois pays de l'Alliance des États du Sahel.
milieu, tolérant et modéré, fondé sur les valeurs de paix, de cohé- sion sociale et de vivre-ensemble afin de lutter contre l’extrémisme et le radicalisme dans le Sahel. Cette coopération est d’autant plus importante au regard du contexte sécuritaire que traverse le Mali depuis plus d’une décennie dans sa lutte contre le terrorisme. Une lutte rendue encore plus com- plexe par l’immensité du territoire malien qui s’étend sur près de 1,2 million de km², sans accès direct à l’océan, rendant les convois de marchandises en provenance des ports de l’Atlantique les cibles pri- vilégiées des groupes terroristes armés, notamment sur les axes reliant Bamako aux frontières sud et ouest. L’initiative royale atlantique pour favoriser l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique a été proposée en 2023 au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Ces derniers ont tous pleinement adhéré à cette initiative qui offre un nouveau corri- dor d’approvisionnement aux pays enclavés du Sahel, via le port de Dakhla. Revirement après 4 décennies Le 10 avril dernier, un revirement majeur a eu lieu entre Bamako et Rabat, à savoir le retrait de la
reconnaissance du Polisario par le Mali, une décision historique 46 ans après la première recon- naissance. Pour Rida Lyammouri, senior fellow au Policy Center for the New South (PCNS), ce tour- nant est «le résultat des efforts d’une diplomatie marocaine stra- tégique et efficace, et sans aucune pression». Le Royaume a, selon le chercheur spécialisé en Afrique de l’Ouest, «toujours respecté les décisions et la souveraineté des autres pays, même quand il y a des désaccords» . D’ailleurs, même si le Mali a reconnu la RASD pendant quatre décennies, le Maroc «a tou- jours su garder de bonnes relations avec le Mali, surtout au niveau éco- nomique, diplomatique, culturel et religieux. Ce que feu Hassan II qualifiait d’exception malienne, car quand le Mali a reconnu la RASD, le Maroc n’a pas rompu les rela- tions diplomatiques comme cela a été le cas pour d’autres pays» . Cette singularité explique pour- quoi le Maroc est toujours resté constant dans son soutien et sa solidarité envers le Mali, aussi bien dans les périodes de stabilité que dans les moments difficiles. Le Royaume a d’ailleurs été parmi les premiers pays à condamner les attaques barbares perpétrées au Mali le 25 avril dernier, ayant
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