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POLITIQUE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 4 JUIN 2026

 Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita (au centre), le 10 avril dernier, à Bamako. A droite le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et à gauche, l'ambassadeur du Maroc au Mali, Driss Isbayene.

connues sous le nom de routes de l’Azalaï en référence au com- merce du sel, reliaient Sijilmassa à Tombouctou, Gao et Djenné au Mali. Ces itinéraires n'ont pas transporté que de l'or, le sel ou l'ivoire, ils ont diffusé des idées, savoirs et valeurs, de la musique et des traditions. Un héritage com- mun qui découle de la proximité entre les cultures marocaine et malienne. La dynastie alaouite est venue étendre et sécuriser ces par- cours par des accords avec les tri- bus sahariennes, encourageant les confréries soufies à s'étendre tout au long des routes, diffusant leur spiritualité et leur tolérance. D’ailleurs, ces routes constituaient un réseau de confréries soufies, la Tijania et la Qadiriya. Le lien entre les deux pays transcende le com- mercial et est à la fois spirituel et culturel. Il trouve ses origines dans les traditions des deux confréries, dans les récits de voyage et dans les modes de vie partagés par les peuples sahéliens. La Tijania a été fondée au Maroc à la fin du 18e siècle et s’est répandue rapidement en Afrique de l'Ouest jusqu'au Sénégal et au Mali. Des millions de fidèles maliens se récla- ment encore aujourd'hui de cette confrérie dont le siège spirituel est à Fès. Jusqu'aux indépendances africaines, ce corridor commercial transcontinental entre le Mali et le Maroc a continué à prospérer malgré les turpitudes de l'histoire. Ce que les caravanes sahariennes ont bâti pendant des siècles, l'ini- tiative royale entend aujourd'hui le prolonger dans un monde où l'intégration régionale est deve- nue le mot d'ordre. Entre Rabat et Bamako, l'histoire ancienne nourrit une ambition résolument contem- poraine. ◆

ou moins sécuritaires. Il est aussi le seul pays qui propose actuel- lement des solutions innovantes pour une intégration régionale pour répondre aux enjeux éner- gétiques, alimentaires et autres» , précise Rida Lyammouri. De Sijilmassa à Tombouctou : huit siècles d'histoire partagée Tous ces éléments ne sont que le reflet des liens qui unissent les deux pays, puisque le partenariat entre le Maroc et le Mali ne date pas d’hier, mais remonte au Xe siècle. À l’époque, Tombouctou était l'une des villes les plus impor- tantes du Mali en raison de son emplacement près du Niger. La Cité des 333 Saints fut pendant des siècles un haut lieu du savoir et de la civilisation islamique en Afrique. La ville reste jusqu’à aujourd’hui l’un des plus grands centres de manuscrits anciens au monde. Tout cela constitue un patrimoine inestimable de l’histoire islamique et africaine, que la Fondation Mohammed VI des Oulémas afri- cains préserve à travers plusieurs initiatives menées au Mali, révèle Lyammouri. Tombouctou était le point de départ des caravanes transsahariennes qui transportaient des marchan- dises vers le nord, reliant le Sahel au nord de l’Afrique jusqu’à Fès. Ces caravanes comptaient géné- ralement plus de 10.000 chameaux qui sillonnaient le désert pendant plus de 50 jours, s’arrêtant dans des oasis tout au long du chemin. Dès le XIIIe siècle, ces échanges ont permis à Tombouctou de rayonner comme un haut lieu intellectuel, portée par ses pres- tigieuses médersas et l'université coranique de Sankoré. Les grandes routes caravanières,

conduit au décès du ministre malien de la Défense, le général d’armée Sadio Camara. La reconnaissance par le Mali de la souveraineté du Maroc sur le Sahara a été suivie d’annonces, le même jour, par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita. Il est question notamment de l’aug- mentation de bourses d’études octroyées aux étudiants maliens (passant de 200 à 300 bourses par an) et la suspension de l’Autori- sation électronique de voyage au Maroc (AEVM). Une décision qui vient «donner un souffle de plus à cette tradition de rapprochement entre les jeunes étudiants africains et qui ancre des relations entre futures générations», explique Rida Lyammouri. Dans la foulée, Rabat a également annoncé la tenue, à l'été 2026, de la 4e session de la Commission mixte de coopération Mali-Maroc, à Bamako. Cette rencontre «devrait constituer une étape importante dans la relance et la consolida- tion du partenariat stratégique déjà important entre Bamako et Rabat» , précise la même source. En moins d’un an, le Maroc a obtenu le ralliement du Ghana, du Kenya et du Mali, trois pays qui reconnaissaient auparavant la RASD. En Afrique de l’Ouest, le

Nigéria est le seul pays qui conti- nue de reconnaître le Polisario. Ces récentes victoires ne sont que le « résultat d’une vision diploma- tique stratégique et efficace, qui a commencé à donner ses fruits; ce n’est pas du tout un ralliement conditionnel», explique le senior fellow du PCNS. Depuis 20 ans, le Royaume travaille inlassablement sur une coopération sud-sud inté- grée «pour des raisons beaucoup plus économiques» . Pour le cher- cheur, ces pays « ont alors constaté que la progression de leurs éco- nomies et celles de l’Afrique en général, y compris dans le secteur de la sécurité alimentaire, repose sur cette collaboration sud-sud». Cette dynamique diplomatique prend d’autant plus de relief que le Mali évolue désormais au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Burkina Faso et du Niger. Dans ce contexte régional marqué par un recul de l’influence française et occidentale, le Maroc a choisi de maintenir, et même de renforcer son engagement auprès de ces pays sahéliens. «Le rôle que joue le Maroc dans la région du Sahel est plutôt une continuation de ce qu’il avait commencé depuis des décennies, en renforçant ses relations économiques, religieuses, culturelles, diplomatiques, et plus

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