ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 14 MAI 2026
Cette dynamique se manifeste d’abord à travers l’ampleur des investissements consentis. L’Office national des aéroports (ONDA) prévoit ainsi près de 38 milliards de dirhams d’investisse- ments afin d’augmenter significa- tivement les capacités aéropor- tuaires du Royaume. L’objectif est clair : préparer les infrastructures marocaines à accueillir jusqu’à 80 millions de passagers à l’horizon 2030, contre un trafic estimé à 37,6 millions dès 2025. Derrière ces chiffres se profile la volonté de faire du Maroc une plateforme de connectivité incontournable entre l'Europe et le reste du continent. Le ferroviaire constitue lui aussi l’un des piliers majeurs de cette transformation. Avec un pro- gramme d’investissement de 96 milliards de dirhams entre 2024 et 2030, l’ONCF engage l’une des plus vastes mutations de son histoire. L’extension du réseau à grande vitesse, qui devrait atteindre 630 kilomètres avant la fin de la décennie, illustre cette volonté de réduire les dis- tances économiques et de ren- forcer la mobilité nationale. Le trajet Tanger-Marrakech devrait ainsi être ramené à 2h40, tandis que Rabat sera reliée à l’aéroport Mohammed V en seulement 35 minutes. Le tourisme n’est pas en reste. Conscient du rôle central que joue- ra le secteur dans les ambitions économiques du Royaume, le Maroc prévoit près de 50 milliards de dirhams d’investissements touristiques entre 2026 et 2030. «L’objectif marocain dépasse le tourisme de masse. Les autori- tés cherchent également à déve- lopper le tourisme premium, le tourisme d’affaires, le tourisme culturel, les séjours longue durée et les investissements hôte- liers haut de gamme» , explique Kabbadj. Développement hôtelier, montée en gamme des infrastruc- tures, diversification des destina- tions, animation touristique : tout converge vers une même ambi- tion, celle de repositionner dura- blement le Maroc dans le segment des destinations internationales à forte valeur ajoutée. Cette dynamique entraîne déjà une
Le Maroc prévoit plusieurs centaines de milliards de DH d’investissements à l’horizon 2030 dans les infrastructures ferroviaires, aéropor- tuaires, touristiques et sportives.
Maroc 2030 Le Royaume veut transformer le ballon rond en moteur économique E Porté par la perspective du Mondial 2030, le Maroc connaît une accélération spectaculaire de ses investissements dans les infrastructures et engage l’un des plus vastes chantiers de modernisation de son histoire récente. Reste désormais à savoir si cette dynamique profitera durablement à l’économie réelle et au tissu entrepreneurial local. Par M. A. L. tissements engagés, subsistent plusieurs interrogations de fond. Ces grands chantiers seront-ils en mesure d’irriguer durablement l’économie nationale ? Les retom- bées profiteront-elles réellement au tissu productif local et aux PME marocaines ? Et surtout, le Royaume parviendra-t-il à trans- former l’échéance de 2030 en véritable héritage économique, au-delà de l’effet vitrine et de l’effervescence événementielle ?
ntre la CAN 2025 et la co-organi- sation du Mondial 2030 avec l’Es- pagne et le Portugal, le Royaume semble avoir enclenché une vaste mécanique de mutation écono- mique et territoriale. Elle intervient dans un contexte particulièrement favorable pour le tourisme maro- cain, désormais érigé en pilier stratégique de croissance. En 2025, le Royaume a accueilli près de 19,8 millions de visiteurs et généré 138 milliards de dirhams de recettes touristiques, des niveaux historiques qui traduisent l’ascension progressive du Maroc parmi les destinations les plus dynamiques du bassin méditerra- néen. À travers le Mondial 2030, Rabat ambitionne désormais de franchir un nouveau cap et d’at- teindre les 26 millions de touristes. Mais derrière l’enthousiasme des projections et l’ampleur des inves-
Royaume semble engagé dans une vaste entreprise de moder- nisation destinée à accompagner son ambition internationale. «Dans une économie mondiali- sée, la qualité des infrastruc- tures constitue aujourd’hui un critère déterminant pour attirer les investisseurs internationaux. La rapidité des transports, la flui- dité logistique, la connectivité aérienne et numérique ou encore la qualité des services urbains influencent directement les déci- sions d’implantation des entre- prises. Le Maroc semble avoir pleinement intégré cette réalité. À travers ces investissements mas- sifs, le Royaume cherche autant à améliorer son image qu’à ren- forcer concrètement sa compéti- tivité économique» , affirme Khalid Kabbadj, économiste expert en gestion de patrimoine.
Une accélération infrastructurelle
À mesure que l’échéance de 2030 se rapproche, le Maroc multiplie les chantiers et accélère simul- tanément sur plusieurs fronts. Des infrastructures de transport aux équipements touristiques, en passant par les projets urbains et les infrastructures sportives, le
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