Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

demeurent encore insuffisamment valori- sés. Aujourd’hui, l’activité touristique de la région repose essentiellement sur un seul produit : le tourisme balnéaire. Cette forte concentration sur le littoral et sur la période estivale constitue la principale limite du modèle actuel. L’enjeu consiste désormais à mieux valoriser les autres richesses de la région afin de diversifier l’offre touristique et d’assurer une activité plus équilibrée tout au long de l’année. F. N. H. : La station balnéaire de Saïdia demeure l’un des moteurs touristiques de la région. Toutefois, la question de la saisonnalité continue de peser sur la rentabilité et la pérennité de l’activité. Comment repenser aujourd’hui le modèle de la Perle bleue afin d’élargir la saison touristique et renforcer son attrac- tivité en dehors de la saison estivale ? Y. Z. : Bien entendu, la station balnéaire de Saïdia demeure la locomotive touris- tique et le principal moteur économique de la destination. Cependant, la saison- nalité continue de peser lourdement sur l’ensemble des acteurs du secteur, sachant qu’elle reste un phénomène naturel lié avant tout aux choix du modèle touristique adopté. Par conséquent, aucune destina- tion ne peut éliminer totalement la sai- sonnalité. Aujourd’hui, nous avons une vision réa- liste de cette problématique. Notre res- ponsabilité est surtout d’en réduire l’im- pact, en travaillant à l’élargissement de la période d’activité touristique afin de permettre aux professionnels de travailler sur une durée de quatre mois au lieu de se limiter à seulement six semaines. F. N. H. : Plusieurs initiatives semblent amorcer une nouvelle dynamique dans l’Oriental, notamment autour de la lagune de Marchica, du tourisme sportif, des sports nautiques innovants ou encore des événements internationaux. Dans quelle mesure ces nouveaux pro- jets peuvent-ils contribuer à transformer durablement l’image et l’offre touristique de la région ? Y. Z. : Les événements, quelle que soit leur nature, constituent une réelle valeur ajou- tée et contribuent à l’animation ainsi qu’au rayonnement de la destination touristique. Cependant, leur impact reste souvent ponctuel : une fois l’événement terminé, la situation revient généralement à son état initial. C’est pourquoi les manifestations, à elles seules, ne garantissent pas la durabi- lité recherchée. La véritable durabilité passe avant tout par la diversification de l’offre touristique, le développement de projets capables de modifier le modèle de saisonnalité, ainsi que par la valorisation des territoires de

Oriental

«Le principal potentiel reste encore insuf fi samment valorisé» À l’heure où le Maroc accélère le déploiement de sa stratégie touristique à l’horizon 2030, la région de l’Oriental cherche à consolider son attractivité en misant sur de nouveaux leviers de développement, aux côtés du tourisme balnéaire. Saisonnalité, diversification de l’offre, valorisation de l’arrière-pays et nouvelles dynamiques autour de Nador et Marchica…, Youssef Zaki, président du CRT de l’Oriental, nous livre une analyse du secteur.

Finances News Hebdo : Quel état des lieux faites-vous aujourd’hui du tourisme dans la région de l’Oriental et comment celle-ci entend-elle s’inscrire concrètement dans la dynamique nationale ? Youssef Zaki : La région de l’Oriental connaît aujourd’hui une évolution encourageante de son activité touristique grâce à ses nombreux atouts naturels et à des projets structurants. Néanmoins, la saisonnalité demeure un défi majeur qui freine encore son plein développement. Pour accompagner les ambitions de la feuille de route touristique 2023-2026, nous œuvrons à diversifier notre offre en développant, aux côtés du tourisme bal- néaire, des produits liés à la nature, à la culture, aux événements et aux expé- riences authentiques. Notre objectif est de

faire de l’Oriental une destination attrac- tive toute l’année et un acteur pleinement engagé dans la réussite de la vision touris- tique du Maroc à l’horizon 2030. F. N. H. : Quelles sont aujourd’hui les principales forces, mais aussi les limites du modèle touristique actuel de l’Oriental ? Y. Z. : La région de l’Oriental dispose d’atouts touristiques importants qui constituent aujourd’hui ses principales forces. Elle bénéficie d’un littoral de plus de 200 kilomètres de côtes, mais égale- ment d’une grande diversité de paysages et de ressources, avec le désert de Figuig, des forêts, des plateaux ainsi qu’un patri- moine historique et culturel riche. Toutefois, malgré ce potentiel, ces atouts

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 128

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