l’arrière-pays à travers la création d’acti- vités économiques et touristiques, tout en les connectant aux stations balnéaires afin d’en faire une composante intégrée de l’expérience touristique de la région. F. N. H. : L’ONMT et le CRT de l’Oriental multiplient les actions de promotion auprès des marchés européens et des MRE, avec des partenariats stratégiques et des opérations ciblées à Saïdia et Nador. Comment conver- tir davantage ces flux, notamment ceux des MRE, en véritables leviers de consommation touristique et de nuitées pour la région ? Y. Z. : Aujourd’hui, nous entretenons une excellente relation avec l’ONMT, qui constitue un partenaire essentiel pour notre région. La stratégie de travail de l’Of- fice a connu une évolution très positive, à travers une approche plus participative consistant à se rendre dans les régions afin d’identifier leurs besoins avant l’élabora- tion de tout plan d’action ou programme de promotion. La récente visite du Directeur général, accompagné d’une équipe de directeurs, en est la parfaite illustration. Cette visite a permis de prendre connaissance des attentes et des besoins de la région de l’Oriental, tout en tenant des rencontres avec les responsables territoriaux, notam- ment le wali de la région et le gouverneur de la province de Berkane. Au cours de la prochaine phase, nous tra- vaillerons au renforcement de la connec- tivité aérienne, à la valorisation des atouts existants et à l’accompagnement des éta- blissements hôteliers afin d’augmenter le nombre de nuitées ainsi que le volume des arrivées touristiques, tout en accordant une attention particulière aux Marocains du monde, qui constituent l’un des piliers essentiels des flux touristiques de la région. F. N. H. : La diversification de l’offre semble devenir une nécessité. Quelles sont les niches sur lesquelles l’Oriental peut réellement construire sa différence dans les prochaines années ? Y. Z. : La diversification de l’offre touris- tique est devenue aujourd’hui une néces- sité incontournable. La situation actuelle, marquée par une forte saisonnalité, n’en- courage pas les investisseurs à s’implanter dans la région, car tout investissement touristique a besoin de visibilité et d’une activité étalée sur une période plus longue. Pour notre part, au sein du Conseil régio- nal du tourisme de l’Oriental, notre mis- sion principale reste la promotion tou- ristique. Nous n’intervenons ni dans la construction, ni dans la planification des stratégies d’aménagement ou de dévelop-
pement des projets. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d’émettre des proposi- tions et de formuler des recommandations dans le cadre d’une approche participa- tive. Nous avons toujours plaidé pour la valo- risation des montagnes des Béni Snassen, riches par leur patrimoine naturel et envi- ronnemental, notamment la grotte du Chameau, qui mérite d’être davantage mise en valeur, ainsi que la grotte des pigeons, haut lieu de l’histoire de l’homme préhistorique. Nous proposons également le dévelop- pement de circuits de randonnée, la pro- motion de la chasse touristique, ainsi que la création d’autres activités capables de générer une nouvelle dynamique dans la région. Sans oublier les stations thermales, qui méritent elles aussi une véritable mise à niveau afin de devenir un produit touris- tique attractif tout au long de l’année. F. N. H. : Avec l’essor du projet Nador West Med et les nouvelles dynamiques économiques qu’il devrait générer, comment la région peut-elle transformer cette infrastructure stratégique en véritable levier d’attractivité touristique pour Nador et l’ensemble de l’Oriental ? Y. Z. : Nador dispose d’une offre touristique différente de celle de Saïdia, malgré leur convergence autour du produit balnéaire. Toutefois, Nador, en lien avec l’agence Marchica Med, se démarque par des com- pétences multiples couvrant l’environne- ment, l’urbanisme ainsi que le tourisme, ce qui fait des deux territoires des desti- nations complémentaires et constitue l’un des atouts majeurs de la région.
Par ailleurs, Nador ne souffre pas du même niveau de saisonnalité, dans la mesure où le projet Marchica est intégré au tissu urbain de la ville, caractérisée par une forte densité de population et une dynamique économique soutenue, ce qui en fait l’une des principales villes du Royaume. À cela s’ajoute le projet du port de Nador West Med, dont la mise en service est attendue avant la fin de l’année, et qui devrait constituer un levier majeur de développement pour la région et pour le Royaume dans son ensemble. Cette dynamique s’inscrit dans la conti- nuité de la vision de développement initiée par le discours royal prononcé à Oujda le 18 mars 2003, lequel a tracé une feuille de route claire pour le développement de la région de l’Oriental. Aujourd’hui, nous récoltons les fruits de cette orienta- tion stratégique, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste. F. N. H. : Quelle place la diplomatie culturelle, le Grand théâtre d’Oujda et les événements artistiques peuvent-ils occuper dans la stratégie touristique de l’Oriental pour attirer davantage de visiteurs ? Y. Z. : Force est de constater que la ville d’Oujda n’a pas encore bénéficié de la valorisation et du développement qu’elle mérite pleinement, malgré son riche patri- moine historique. C’est une ville millé- naire, porte d’entrée vers le Maghreb, qui dispose aujourd’hui de tous les atouts pour jouer un rôle régional majeur, voire celui d’une future capitale du Grand Maghreb. Elle a également été reconnue parmi les villes mondiales du vivre-ensemble et de la tolérance, ce qui témoigne de sa dimen- sion humaine et de son rayonnement culturel. L’ensemble de ces atouts devrait être mieux exploité afin de donner une véritable impulsion à cette ville, qui mérite davantage d’attention, de mise en valeur et de développement.
La région de l’Oriental dispose d’un littoral de plus de 200 kilomètres, encore largement sous-exploité en dehors du tourisme balnéaire.
Malgré la richesse et la diversité de ses atouts naturels, culturels et patrimoniaux, la région de l’Oriental demeure encore
largement dominée par un modèle touristique centré sur le balnéaire.
129 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO
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