Hors Se<0301>rie 51 Final

F. N. H. : Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels font face les entrepreneurs culturels au Maroc, notamment en matière de financement, d’accompagne- ment ou de visibilité internationale ? I. B. : Le principal défi reste la structuration du secteur. Beaucoup de talents existent, mais ils manquent parfois d’accompagne- ment stratégique, de financements adaptés ou de réseaux internationaux pour accélérer leur développement. Les industries créa- tives nécessitent une vision spécifique, car elles se situent à la croisée de l’économie, de l’image et de l’innovation. Il est impor- tant de créer davantage de mécanismes de soutien dédiés aux entrepreneurs culturels, mais aussi de renforcer les partenariats entre le secteur public, le privé et les acteurs internationaux. La visibilité internationale est également essentielle. Les créateurs marocains ont le talent pour rayonner mondialement, mais ils ont besoin de plateformes, de relais médiatiques et d’événements capables de les connecter aux marchés internationaux. F. N. H. : Comment les industries créatives et les événe- ments culturels peuvent-ils accompagner la stratégie d’attractivité du Royaume et renforcer son influence à l’échelle mondiale ? I. B. : Le Maroc entre dans une période stra- tégique majeure avec plusieurs rendez-vous internationaux qui le placeront sous les pro- jecteurs du monde entier. Les industries créatives ont un rôle essentiel à jouer dans cette dynamique, car elles participent direc- tement à la construction de l’image du pays. La culture permet de créer une connexion émotionnelle forte avec les publics interna- tionaux. À travers la mode, l’art, la musique, le design ou les événements internationaux, nous pouvons raconter un Maroc ambi- tieux, innovant et profondément enraciné dans son identité. Ces prochaines années représentent une opportunité historique pour positionner durablement le Maroc comme une référence culturelle, touristique et créative à l’échelle africaine et internationale. Il est essentiel de capitaliser sur cette visibilité mondiale pour construire un héritage durable en matière d’attractivité et d’influence.

pays. L’objectif est de positionner le Maroc comme une destination culturelle et créa- tive incontournable en Afrique et dans le monde arabe. À travers chaque édition, nous valorisons non seulement les créa- teurs marocains, mais aussi l’excellence de notre hospitalité, de notre artisanat, de notre industrie événementielle et de notre capa- cité à organiser des rendez-vous internatio- naux de haut niveau. F. N. H. : Le Maroc dispose-t-il des atouts nécessaires pour se positionner comme un hub culturel et créatif régional et africain ? I. B. : Le Maroc dispose de nombreux atouts stratégiques. Je cite une identité culturelle forte, une position géographique unique entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, une stabilité reconnue, ainsi qu’une jeunesse créative extrêmement talentueuse. Nous avons également un artisanat parmi les plus riches au monde, une scène artis- tique en pleine évolution et un patrimoine qui inspire les grandes maisons interna- tionales. Aujourd’hui, le défi n’est plus le potentiel, mais la structuration de l’éco- système : accompagner les talents, renfor- cer les financements, créer davantage de plateformes internationales et encourager les collaborations entre culture, tourisme et économie. Le Maroc peut devenir un véritable hub créatif africain s’il continue à investir dans ses industries culturelles avec une vision à long terme. F. N. H. : Quel impact observez-vous concrètement à travers les manifestations que vous organisez ? I. B. : Les retombées sont très concrètes. Chaque événement mobilise un écosys- tème complet, notamment les hôtels, créa- teurs, techniciens, transporteurs, médias, photographes ou encore des prestataires audiovisuels. Cela crée une dynamique éco- nomique réelle et génère de nombreuses opportunités locales.

Nous observons également une augmen- tation de la visibilité touristique des villes qui accueillent nos événements. Les invités internationaux découvrent le Maroc autre- ment, à travers son élégance, son énergie créative et son art de vivre. Cette expé- rience contribue à renforcer l’attractivité du Royaume et à développer un tourisme plus culturel, premium et expérientiel. F. N. H. : Comment les événements culturels peuvent-ils contribuer concrètement au développement du «Made in Morocco» et à l’ouverture de nouvelles opportunités pour les créateurs et entrepreneurs marocains ? I. B. : Les événements culturels sont aujourd’hui de véritables plateformes de networking économique et d’influence internationale. Ils permettent aux créateurs marocains de rencontrer des acheteurs, investisseurs, médias, ambassadeurs de marques ou partenaires étrangers dans un environnement favorable aux échanges. Le «Made in Morocco» possède une iden- tité forte et différenciante, mais n’a pas pu encore s’internationaliser comme il se doit. Notre rôle est de lui offrir de la visibilité internationale et de créer des connexions stratégiques capables de transformer le talent en opportunités concrètes. Et étant donné que je suis entre la Suède et le Maroc, j’ai cette double opportunité de le promou- voir en interne et externe. Lorsqu’un desi- gner marocain expose ses créations devant une audience internationale, ce n’est pas uniquement une démarche artistique, c’est aussi une démarche économique, commer- ciale et diplomatique. La culture devient ainsi un langage universel capable d’ouvrir des marchés et de renforcer le positionne- ment du Maroc sur la scène internationale. m

Les événements tels que Rabat

international fashion fair ou Auto-Moto Moroc- co fashion week structurent un véritable écosystème créatif et économique.

La rencontre entre artistes, designers et diplomates redéfinit les contours du soft power marocain.

159 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO

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