T OURISME
En moins de trois ans, la feuille de route 2023-2026 a profondément transformé le tourisme marocain, qui retrouve un rôle moteur dans l’économie nationale. Ce succès repose sur un changement de modèle qui mise désormais sur les expériences touristiques, tout en posant les bases d’une nouvelle phase de développement à l’horizon 2030. Feuille de route 2023-2026 Les recettes d’un succès touristique
L
hasard. Ils traduisent avant tout une rupture avec les approches qui avaient prévalu jusque-là. Pendant longtemps, le Maroc a développé son tourisme autour des destinations. Marrakech, Agadir, Fès ou Tanger constituaient les principales vitrines du pays. La nouvelle feuille de route adopte une logique différente. Elle ne cherche plus seulement à vendre des villes ou des régions, mais des expériences. «Nous sommes passés d’une logique centrée sur les des- tinations à une logique fondée sur les expériences, ce qui nous a per- mis de mieux valoriser les atouts des 12 régions du Royaume», confirme Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Eco- nomie sociale et solidaire. Cette évolution répond à une trans- formation profonde du tourisme mondial. Le voyageur contemporain recherche désormais une expérience culturelle, gastronomique, sportive, balnéaire ou encore liée à la nature et au bien-être. En réorganisant son offre autour de neuf filières touris- tiques, le Maroc s’est aligné sur cette nouvelle réalité du marché interna- tional. Le désert, la montagne, les circuits patrimoniaux, le surf, le golf, le tou- risme d’affaires, la gastronomie ou encore le bien-être deviennent ainsi des produits touristiques à part entière. Cette approche permet d’élargir considérablement l’offre nationale et de valoriser des terri- toires qui restaient jusque-là relati-
orsque le gouvernement lance la feuille de route du tourisme 2023-2026 en mars 2023, l’objectif affiché
est de reconstruire un secteur pro- fondément fragilisé par la pandé- mie. Trois ans plus tard, le constat dépasse largement celui d’une simple relance. Le tourisme est rede- venu l’un des principaux moteurs de l’économie nationale et s’impose désormais comme un levier de crois- sance, d’emploi et de rayonnement international. Les chiffres illustrent cette montée en puissance. Alors que la straté- gie visait 17,5 millions de visiteurs à l’horizon 2026, le Maroc a pra- tiquement atteint cet objectif dès 2024 avec 17,4 millions d’arrivées touristiques. Une performance his- torique qui place le Royaume parmi les destinations les plus dynamiques au monde. Les recettes touristiques ont suivi la même trajectoire, dépas- sant les 112 milliards de dirhams en 2024 contre moins de 80 milliards avant la crise sanitaire. En 2025, cette dynamique s’est poursuivie, le Royaume enregistrant 19,8 millions d’arrivées touristiques, en progres- sion de 14% par rapport à 2024, pour des recettes touristiques de 138 Mds de DH. Quant aux emplois, le secteur a retrouvé sa place parmi les princi- paux pourvoyeurs de postes directs et indirects dans l’économie, avec la création de près de 92.000 emplois directs en trois ans, selon la tutelle. Ces résultats ne sont pas le fruit du
vement en marge des grands flux tou- ristiques. Comme l’explique Fatim- Zahra Ammor, «l’approche fondée sur les expériences touristiques, avec 14 filières déployées sur l’ensemble du territoire, a suscité une véritable adhésion des acteurs locaux, car elle permet à chaque région de construire une offre qui lui ressemble». Mais la véritable force de cette stra- tégie réside dans sa vision globale. Contrairement aux plans précédents qui privilégiaient essentiellement l’investissement dans les infrastruc- tures, la feuille de route agit simulta- nément sur plusieurs leviers. L’Etat a consacré une enveloppe globale de 6,1 milliards de dirhams à cette transformation, avec une priorité accordée à l’aérien, à la promotion internationale, à l’animation touris- tique et à la montée en compétences des ressources humaines. L’aérien comme accélérateur de croissance Le gouvernement a très tôt identi- fié la connectivité comme l’une des conditions fondamentales de la réus- site touristique. Comme le confirme la ministre, «nous avons renforcé la connectivité aérienne, aussi bien internationale que domestique, afin
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 24
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