s’est concentrée sur un nombre limité de destinations. Notre ambition a donc été de créer une dynamique qui béné- ficie progressivement aux 12 régions du Royaume, en valorisant les atouts propres à chacune d’elles. L’approche fondée sur les expériences touristiques, avec 14 filières déployées sur l’ensemble du territoire, a suscité une véritable adhésion des acteurs locaux, car elle permet à chaque région de construire une offre qui lui ressemble. Mais développer une destination ne se résume pas à la promouvoir. Il faut lui donner les moyens d’être compé- titive. C’est pourquoi nous avons ren- forcé la connectivité aérienne, aussi bien internationale que domestique, afin de mieux connecter les régions et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux destinations émergentes. Nous avons également accompagné les entrepre- neurs locaux à travers Go Siyaha, dont les 1.700 projets sont répartis dans les 12 régions du Royaume, et mis à leur disposition une Banque de projets qui rassemble plus de 900 concepts de pro- jets touristiques dans 60 provinces. En parallèle, nous investissons dans la valo- risation des territoires à travers le déve- loppement de 16 villages touristiques, de circuits de découverte, d’offres de nature et d’activités d’animation. F. N. H. : Le développement du secteur repose également sur la formation et la valorisation des ressources humaines. Quelles mesures concrètes sont engagées pour renforcer les compétences dans l’hôtellerie, la restauration et les métiers du tourisme, et ainsi accompagner la montée en gamme de la destination ? F. Z. A. : Le tourisme est avant tout une industrie de services, où la qualité de l’expérience repose sur les femmes et les hommes qui accueillent, accom- pagnent les touristes tout au long de leur séjour. C’est pourquoi nous avons fait du capital humain l’un des piliers de notre feuille de route, avec une approche qui couvre l’ensemble du parcours professionnel : améliorer la qualité des formations, augmenter le nombre de diplômés, développer de nouvelles filières adaptées aux évolu- tions des métiers, renforcer la forma- tion continue et reconnaître les compé- tences acquises sur le terrain. Cette stratégie se traduit par des pro- grammes très concrets. Comme je l’ai dit précédemment, plus de 6.000 pro- fessionnels du tourisme ont déjà obtenu
en sommes encore loin, et accompagner une croissance plus équilibrée dans l’ensemble des 12 régions du Royaume. Concrètement, cela passe par le déve- loppement d’expériences diversifiées comme le désert et les oasis, la nature, la randonnée ou les sports nautiques, par l’accompagnement des TPME dans leur transition à travers Go Siyaha, ainsi que par la valorisation de 16 villages touristiques appelés à devenir des desti- nations de slow tourism. Pour nous, une destination reste attrac- tive lorsqu’elle préserve ce qui fait sa richesse et que sa croissance bénéfi- cie durablement aux territoires et aux populations qui les font vivre. F. N. H. : Le Mondial 2030 est un puissant accélé- rateur, mais le véritable défi reste l’après-événe- ment. Comment votre gouvernement anticipe-t-il la transition pour que l’infrastructure et la notoriété acquises se traduisent par une croissance structu- relle et durable de l’économie touristique ? F. Z. A. : Nous considérons le Mondial 2030 comme un accélérateur, et non une finalité. Réussir cet événement est évidemment essentiel, mais notre véri- table ambition est de faire en sorte que les investissements engagés aujourd’hui continuent de produire de la valeur bien au-delà de 2030. La feuille de route nous a permis de poser des bases solides. Notre responsa- bilité est de poursuivre cette dynamique et de continuer à renforcer ces leviers, car ce sont eux qui permettront de trans- former la visibilité exceptionnelle offerte par le Mondial en attractivité durable. Au fond, notre ambition dépasse l’échéance de 2030. Nous voulons atteindre 26 millions de touristes, bien sûr, mais surtout inscrire durablement le Maroc parmi les grandes destinations touristiques mondiales.
une certification dans le cadre du pro- gramme Kafaa, qui reconnaît officiel- lement les compétences acquises sur le terrain. Nous investissons également dans l’excellence de la formation à tra- vers Cap Excellence, qui permettra à 12 établissements de l’OFPPT de devenir des établissements d’excellence. Nous poursuivons aussi nos efforts pour accompagner les besoins du secteur, avec la formation de 9.000 profession- nels de niveau Middle Management, 10.000 bénéficiaires de formation conti- nue via la plateforme Maharati.ma et en présentiel, ainsi que 6.000 apprentis prévus dans le cadre du programme Tadaroj à l’horizon 2030. Notre ambition est de doter le Maroc d’un capital humain à la hauteur de ses ambitions touristiques et des meilleurs standards internationaux. F. N. H. : Le Maroc affiche des ambitions claires en matière de tourisme durable et responsable. Comment s’est traduit cet engagement ? F. Z. A. : Notre pays dispose naturellement d’atouts qui répondent aux nouvelles attentes des voyageurs : des paysages préservés, un patrimoine culturel riche et des communautés locales qui font partie intégrante de l’expérience tou- ristique. Dès la conception de notre feuille de route, nous avons intégré la durabilité comme un principe de développement. Nous avons voulu anticiper une concen- tration excessive de l’activité touristique sur quelques destinations, même si nous
Fatim-Zahra Ammor : «Nous avons construit les fondations qui permettront au tourisme marocain de poursuivre durablement sa trajectoire de développement».
En trois ans, le secteur a créé près de 92.000 emplois directs. Sa contribution au PIB national est passée de 6,8% en 2019 à 7,3% en 2025, tandis que le PIB touristique a progressé de 38%.
27 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO
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