Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

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adaptées pour les établissements engagés, une meilleure maîtrise des consomma- tions et une promotion plus soutenue des formes de tourisme à faible impact envi- ronnemental. L’écotourisme représente d’ailleurs une opportunité considérable pour les ter- ritoires ruraux, montagneux, oasiens et sahariens. Il permet à la fois de créer de la valeur locale, de diversifier l’offre et de réduire la pression sur les destinations les plus fréquentées. Le tourisme durable n’est plus un simple argument marketing. Il devient une néces- sité économique, sociale et environne- mentale. Sa réussite repose sur un équi- libre entre rentabilité, valorisation du capi- tal humain et préservation des ressources naturelles. F. N. H. : Le tourisme intérieur reste un important potentiel de croissance. Comment le Maroc peut-il stimuler davantage la demande locale ? S. T. : Le tourisme intérieur constitue un pilier essentiel de la résilience du secteur. Les différentes crises traversées ces der- nières années ont démontré l’importance de disposer d’un marché domestique dynamique capable de soutenir l’activi- té lorsque les flux internationaux ralen- tissent. Aujourd’hui, près d’un touriste sur trois est un touriste national, sans même tenir compte des Marocains résidant à l’étranger. Cette clientèle génère déjà une activité significative, mais son potentiel demeure largement sous-exploité. Le principal défi reste celui de l’accessibi- lité. La montée en gamme d’une partie de l’offre touristique a parfois créé un senti- ment de déconnexion entre certaines des- tinations et le pouvoir d’achat des familles marocaines. Pour stimuler durablement la demande intérieure, plusieurs leviers doivent être activés simultanément. Le premier consiste à développer une offre intermédiaire de qualité, adaptée aux attentes de la classe moyenne et proposant un meilleur rapport qualité-prix. Le second concerne l’amélioration de la connectivité entre les régions. Des trans- ports plus rapides, plus fréquents et plus accessibles encourageraient davantage les déplacements de courte durée et les séjours de découverte. Les événements culturels, sportifs et de loisirs jouent également un rôle important en créant de nouveaux motifs de déplace- ment tout au long de l’année. Une communication continue valorisant les richesses du Royaume auprès des Marocains eux-mêmes apparaît tout aussi

tantes et peut dégrader l’expérience des visiteurs. L’amélioration des espaces publics, de la signalétique, de l’accessibilité des sites patrimoniaux, de la propreté ou encore de la digitalisation des services demeure indispensable. L’expérience touristique ne se limite pas à l’arrivée dans un aéroport, elle se construit tout au long du parcours du voyageur. La question de l’eau constitue enfin un défi structurel. Malgré les investissements engagés dans les barrages, les intercon- nexions hydrauliques et les nouvelles ressources, la pression sur les ressources hydriques reste forte et impose une réflexion de long terme. Le défi est donc autant qualitatif que quan- titatif. Il nécessite une coordination étroite entre l’ensemble des acteurs concernés afin de garantir une expérience cohérente et durable. F. N. H. : Le Maroc est-il réellement prêt à concilier croissance touristique, préservation des ressources naturelles et développement de l’écotourisme ? S. T. : La question est essentielle. Le Maroc a pleinement conscience de l’ampleur du défi, mais il n’a pas encore achevé la transformation nécessaire pour faire de la durabilité un pilier central de son modèle touristique. Après plusieurs années successives de sécheresse, le pays fait face à une pression croissante sur ses ressources hydriques. Même si les précipitations récentes ont apporté un certain répit, les fondamentaux demeurent préoccupants. Le développement touristique accentue naturellement cette pression à travers les besoins en eau et en énergie des établisse- ments d’hébergement, des équipements de loisirs et des infrastructures associées. Des initiatives encourageantes existent déjà. Plusieurs établissements ont adopté des démarches environnementales ambi- tieuses, tandis que des programmes de sensibilisation et de certification se déve- loppent progressivement. Cependant, ces initiatives restent encore insuffisamment généralisées. Le Maroc a engagé d’impor- tants chantiers dans le dessalement, la réutilisation des eaux usées et l’amélio- ration de l’efficacité hydrique. Le secteur touristique doit désormais franchir une nouvelle étape en intégrant plus largement les principes de sobriété et de gestion res- ponsable des ressources. Cela passe notamment par des normes renforcées dans l’hôtellerie, des incitations

nécessaire. Un citoyen qui découvre son pays et en apprécie la diversité devient naturellement un ambassadeur de la desti- nation. Plusieurs mécanismes susceptibles de soutenir la demande sont régulière- ment évoqués, notamment des dispositifs de type chèque-vacances ou une meilleure répartition des périodes de vacances sco- laires. Le tourisme intérieur représente un véritable levier stratégique. Il permet de réduire la saisonnalité, de renforcer la rési- lience du secteur et de mieux répartir les retombées économiques sur l’ensemble du territoire. F. N. H. : Quels sont les segments à plus fort potentiel, capables de créer davantage de valeur et d’allonger la durée de séjour des touristes ? S. T. : Les segments les plus prometteurs sont ceux qui permettent à la fois d’aug- menter la valeur créée et de prolonger la durée de séjour des visiteurs. Le tourisme culturel demeure naturelle- ment l’un des principaux atouts du Maroc grâce à la richesse de son patrimoine matériel et immatériel. Le tourisme gastronomique offre égale- ment des perspectives particulièrement intéressantes. La cuisine marocaine béné- ficie déjà d’une forte notoriété internatio- nale et peut devenir un véritable motif de voyage à travers des expériences de terroir, des circuits thématiques et une meilleure valorisation des productions locales.

L’un des premiers enjeux réside dans une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les besoins réels des professionnels du secteur.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 58

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