Hors Se<0301>rie 51 Final

chantier majeur. Dans de nombreuses structures, notamment les petites et moyennes entreprises, les dispositifs de perfectionnement restent limités alors même que les attentes des voyageurs évo- luent rapidement. À cela s’ajoute désormais la nécessité d’in- tégrer les enjeux de durabilité dans les parcours de formation. Les professionnels du tourisme sont appelés à devenir des acteurs de la transition écologique à tra- vers une meilleure gestion des ressources, l’adoption de bonnes pratiques environ- nementales et la sensibilisation des visi- teurs. À l’approche de la Coupe du monde 2030, le défi est considérable. Il s’agit de former plusieurs dizaines de milliers de profes- sionnels supplémentaires, tout en garan- tissant un niveau de qualité conforme aux standards internationaux. Cela nécessite une mobilisation coordonnée de l’État, des opérateurs privés et des établissements de formation autour d’objectifs communs. F. N. H. : Les agences de voyages marocaines sont appelées à accélérer leur transformation digitale. Comment ce secteur peut-il davantage se moderniser pour répondre aux nouvelles exigences du tourisme mondial et tirer pleinement profit des opportunités liées aux grands événements que le Maroc accueillera, notamment la Coupe du monde 2030 ? S. T. : La transformation digitale n’est plus un choix pour les agences de voyages; elle est devenue une condition de compétiti- vité et, dans certains cas, de survie. Le secteur a déjà amorcé sa mutation, mais il reste confronté à plusieurs défis liés à la digitalisation des services, à la structura- tion de l’offre et à l’exploitation des don- nées touristiques. Le voyageur d’aujourd’hui prépare, com- pare et réserve son séjour principalement à travers les outils numériques. Face à cette évolution, les agences traditionnelles doivent repenser leur rôle et dépasser leur fonction historique d’intermédiaire. L’avenir appartient aux professionnels capables de concevoir des expériences personnalisées, d’apporter du conseil à forte valeur ajoutée et de proposer des pro- duits différenciants que les grandes pla- teformes internationales ne peuvent pas toujours offrir. Cette modernisation passe par l’adoption d’outils numériques performants, l’inté- gration de solutions d’intelligence artifi- cielle, une meilleure gestion de la relation client, ainsi qu’une présence renforcée sur les canaux digitaux et les réseaux sociaux.

Le tourisme saharien et d’aventure consti- tue un autre axe stratégique. Les paysages désertiques, les oasis, les kasbahs et les espaces naturels offrent une expérience unique, difficilement reproductible par les destinations concurrentes. Le tourisme sportif connaît lui aussi une forte croissance à l’échelle mondiale. Golf, surf, randonnée, cyclisme ou encore sports nautiques disposent d’un potentiel consi- dérable grâce aux atouts climatiques et géographiques du Royaume. Le tourisme médical représente enfin une opportunité intéressante, notamment auprès des clientèles africaines et euro- péennes. Son développement nécessitera toutefois des investissements supplé- mentaires afin de renforcer la qualité des infrastructures et les standards internatio- naux de prise en charge. La diversification n’est plus une option. Elle constitue l’une des clés de la mon- tée en gamme et de la création de valeur durable pour la destination Maroc. F. N. H. : Quels sont aujourd’hui les principaux défis du Maroc en matière de formation et de qualité de service pour atteindre les standards internationaux ? S. T. : La montée en gamme du tourisme marocain ne pourra se faire sans une mon- tée en compétences du capital humain. Le Royaume dispose pourtant d’atouts importants à travers ses établissements spécialisés, ses instituts de formation et ses

filières dédiées aux métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. Toutefois, la question de la formation demeure l’un des principaux défis du sec- teur. Les investissements dans les infras- tructures et les équipements ne suffisent pas à eux seuls. L’expérience vécue par le visiteur repose avant tout sur la qualité de l’accueil, du service et de l’accompagne- ment humain. L’un des premiers enjeux réside dans une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les besoins réels des pro- fessionnels. Les opérateurs recherchent aujourd’hui des profils maîtrisant les lan- gues étrangères, les outils numériques, les codes du service client et les standards internationaux de qualité. Le secteur souffre également d’un défi- cit d’attractivité. Les métiers du tourisme restent souvent perçus comme exigeants, avec des horaires contraignants et des perspectives d’évolution parfois insuffi- samment valorisées. Cette situation favo- rise le turnover et complique la fidélisation des talents. La formation continue constitue un autre

Les opérateurs recherchent aujourd’hui des profils maîtrisant les langues étrangères, les outils numériques, les codes du service client et les standards internationaux de qualité.

…/…

59 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO

Made with FlippingBook flipbook maker