Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

Dans un contexte marqué par le stress hydrique, les acteurs du tourisme sont appelés à accélérer leur transition vers des pratiques plus durables afin de garantir la pérennité du modèle touristique national. Comment concilier boom touristique et préservation des ressources ? Durabilité

L

Dans une récente interview accor- dée à la MAP, Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, a insisté sur la nécessité d’un tou- risme durable dans l’industrie touris- tique marocaine, ajoutant que celle- ci dépend fondamentalement des richesses naturelles et culturelles du pays. La ministre a également noté que la tendance vers l’écotourisme montre une prise de conscience accrue des enjeux environnemen- taux et de la nécessité de protéger ces ressources précieuses. Car, précise-t-elle, de plus en plus de touristes étrangers et de résidents recherchent un tourisme qui res- pecte l’environnement et la popula- tion. L’objectif est de proposer des expériences qui allient la découverte culturelle, le soutien aux commu- nautés locales et une réduction de l’empreinte écologique. En accord avec la Stratégie nationale de déve- loppement durable, une feuille de route a été lancée, mettant la dura- bilité au centre des préoccupations. L’intérêt pour le développement durable est désormais établi pour encourager les pratiques écorespon- sables à tous les niveaux de la chaîne touristique. Cependant, la croissance rapide du secteur touristique exerce une forte pression sur les ressources

naturelles, surtout en ce qui concerne l’eau. Le Maroc compte environ 5.000 unités d’hébergement qui dépendent toutes d’un approvisionnement en eau suffisant, un enjeu critique dans le contexte actuel de rareté crois- sante de cette denrée vitale. L’arrosage des espaces verts, notam- ment les terrains de golf, et le rem- plissage des piscines requièrent également une gestion appropriée pour minimiser l’impact environ- nemental. Selon certaines études, la consommation moyenne d’un touriste varie entre 200 et 300 litres d’eau par jour, ce qui représente jusqu’à cinq fois les besoins quo- tidiens d’un résident. Pour relever ces défis, les opérateurs touristiques mettent en œuvre diverses initia- tives pour réduire la consommation d’eau. Parmi les mesures prises, on peut citer le recyclage des eaux usées pour arroser les espaces verts, l’ins- tallation d’économiseurs d’eau sur les robinets et douches, ainsi que l’utilisation de couvertures pour limi- ter l’évaporation dans les piscines. Cependant, sensibiliser les touristes à une utilisation modérée de l’eau reste une priorité. Dans les régions arides, notamment dans le sud, où les coupures d’eau sont fréquentes, des réservoirs ont été installés pour pallier ces défaillances. Toutefois, ces

e dynamisme du tou- risme marocain se reflète dans l’afflux continu de visiteurs, dont le nombre bat de

nouveaux records année après année. En 2025, le Royaume a accueilli près de 20 millions de touristes. Porté par les perspectives qu’offre l’organisa- tion de la Coupe du monde et par l’intérêt grandissant des tour-opéra- teurs internationaux, le Maroc vise désormais le cap des 30 millions de visiteurs à l’horizon 2030. Cependant, cette ambition s’ac- compagne d’importants enjeux en matière de durabilité et de préserva- tion des ressources. En effet, une augmentation signifi- cative du nombre de touristes met inévitablement une pression accrue sur les ressources naturelles, en particulier l’eau, pour un pays qui vient de sortir de plusieurs années de sécheresse. Dans un climat semi- aride caractérisé par un manque fréquent de précipitations, une ges- tion responsable des ressources est essentielle.

Le Maroc compte environ 5.000 unités d’hébergement qui dépendent toutes d’un approvisionnement suffisant en eau.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 80

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