s’inscrivent dans une logique de par- tenariat de long terme. Je crois sincè- rement que le savoir-faire marocain a vocation à dépasser nos frontières. F. N. H. : Quand vous dites rêve marocain, c’est quoi selon vous ? O. Ch. : Le rêve marocain, c’est l’en- semble des émotions que suscite le Maroc avant même que l’on y mette les pieds. Lorsque l’on évoque Marrakech, Casablanca, Essaouira, Chefchaouen ou le désert marocain, chacun visualise immédiatement quelque chose. Cette capacité à faire rêver est un actif économique consi- dérable. Les grandes destinations mondiales ont compris depuis longtemps que l’imaginaire constitue un puissant moteur d’attractivité. Le Maroc pos- sède cet imaginaire. Il possède une histoire, une culture, un patrimoine, une gastronomie, un artisanat, une architecture et un art de vivre qui lui sont propres. Je pense que nous sous-estimons parfois la valeur de ce que nous avons. Pour l’anecdote, je me sou- viens d’un voyage en Afrique du Sud où l’on nous présentait avec fierté le point le plus au sud du continent africain. C’était devenu une destina- tion touristique à part entière. Cela m’a fait réfléchir. Le Maroc possède lui aussi des atouts géographiques, culturels et historiques extraordi- naires que nous ne mettons pas tou- jours suffisamment en valeur. Nous sommes le point le plus au nord de l’Afrique, à la rencontre de deux mers, aux portes de l’Europe et au carrefour de plusieurs civilisations. Peu de pays peuvent revendiquer une telle singularité. Le véritable enjeu des prochaines années sera de mieux raconter cette histoire, de transformer cette richesse culturelle et immatérielle en expérience touristique et, au final, en valeur économique durable pour le pays. F. N. H. : Le Mondial 2030 représente une fenêtre d’investissement avec un horizon clair. Pour un groupe qui a les reins solides finan- cièrement, quels segments vous semblent les plus porteurs ? O. Ch. : Le Mondial 2030 est bien plus qu’un événement sportif. C’est un accélérateur de transformation
économique pour tout le pays. Son impact dépassera largement le cadre du football. Il concernera les infras- tructures, la mobilité, l’hébergement, les loisirs, le commerce, les services, la technologie et l’expérience client. Je considère que tous les segments peuvent être porteurs dès lors qu’ils répondent à un besoin réel et qu’ils sont portés par des équipes com- pétentes. Le véritable enjeu est de construire un héritage durable. La réussite du Mondial ne se mesurera pas uniquement au nombre de visi- teurs accueillis pendant la compéti- tion, mais à la capacité du Maroc à renforcer durablement son attracti- vité économique et touristique. Pour les groupes marocains, c’est une occasion unique d’investir dans des projets qui créeront de la valeur bien au-delà de 2030. F. N. H. : Le groupe Ynna Holding et Louvre Hotels Group ont résilié leur contrat de gestion en 2013, après seulement quelques années de partenariat. Post-Covid, neuf des douze hôtels Mogador avaient fermé leurs portes, alimen- tant des rumeurs de désengagement total du secteur. Où en est réellement Ynna Holding dans l’hôtellerie aujourd’hui ? O. Ch. : Je crois qu’il faut distinguer les cycles conjoncturels de la stratégie de long terme. Concernant Louvre Hotels, nous avons effectivement mis fin à notre partenariat qui n’a duré que quelques mois après avoir constaté que nos visions n’étaient pas suffi-
samment alignées. Cela fait partie de la vie normale d’un groupe qui se développe. S’agissant de Mogador, il n’a jamais été question pour Ynna Holding de quitter le secteur hôtelier. Au contraire, nous avons profité de cette période pour repenser notre stratégie, restructurer certains actifs et préparer une nouvelle phase de développement. Aujourd’hui, cette stratégie se concrétise. Nous avons récemment ouvert à Casablanca un établissement sous l’enseigne DoubleTree by Hilton et un second suivra prochainement sous la marque Hilton Garden Inn. D’autres projets sont actuellement à l’étude avec plusieurs opérateurs internationaux de référence. Notre ambition est claire : bâtir un portefeuille hôtelier moderne, per- formant et adapté aux nouvelles attentes du marché. Nous croyons à la complémentarité entre les grandes enseignes internationales et les marques nationales fortes. Les premières apportent des stan- dards internationaux, des outils de distribution et une visibilité mon- diale. Les secondes apportent l’au- thenticité, l’ancrage local et une expérience différenciante. La marque Mogador conserve une notoriété importante auprès de nombreux clients. Nous entendons continuer à la valoriser tout en développant de nouveaux partena- riats lorsque cela crée davantage de valeur. L’hôtellerie demeure un sec- teur stratégique pour Ynna Holding. Nous sommes convaincus que les années qui viennent offriront des perspectives exceptionnelles et nous entendons pleinement participer à cette dynamique.
Ynna Holding a récemment ouvert à Casablanca un
établissement sous l’enseigne DoubleTree by Hilton
Nous avons développé une manière particulière d’accueillir, de recevoir et de créer de l’émotion autour de l’expérience client.
83 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO
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