ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026
Il faut toutefois reconnaître que certains programmes com- mencent à intégrer davantage cette dimension en annonçant des enveloppes globales, des priorités sectorielles et des mécanismes de mise en œuvre. Mais une enve- loppe financière n’est pas encore un plan de financement. La véri- table exigence consiste à préciser le coût de chaque engagement, sa source de financement, son calen- drier d’exécution et ses indica- teurs de résultats. C’est cette arti- culation entre objectifs, moyens et résultats qui permettent de dis- tinguer une promesse électorale d’une véritable politique publique. À mon sens, les électeurs doivent donc dépasser la logique du com- bien promet-on, pour poser une question beaucoup plus impor- tante qui est combien cela coû- tera-t-il, qui le financera et quels résultats pouvons-nous attendre. Dans un contexte où les besoins sociaux sont considérables et où les marges budgétaires restent nécessairement limitées, la crédi- bilité d’un programme se mesure moins au volume des annonces qu’à la solidité de son modèle éco- nomique et financier. C’est cette discipline qui doit transformer les programmes électoraux en véri- tables contrats de performance publique. F. N. H. : Une partie impor- tante de la jeune génération semble éloignée du proces- sus électoral. Que révèle cette abstention sur le rap- port des jeunes à la politique et aux politiques publiques? Et quelles conséquences cette désaffection peut-elle avoir sur la prise en compte de leurs priorités socioéco- nomiques ? Y. G. F. : L’éloignement d’une partie de la jeunesse du proces- sus électoral traduit moins un désintérêt pour la chose publique qu’une crise de confiance dans la capacité de la politique à produire des réponses concrètes. Pour beaucoup de jeunes, la question n’est pas seulement de savoir qui gouverne, mais ce que l’action publique change réellement dans leur quotidien. L’accès au pre-
mier emploi, le niveau des reve- nus, le logement, la qualité de l’enseignement, la mobilité sociale et perspective d’avenir, autant de questions qui se posent. Par conséquent, lorsque ces attentes restent durablement insatisfaites, la distance avec les institutions et les partis tend naturellement à s’accroître. Cette désaffection comporte néanmoins un risque majeur, plus les jeunes participent peu au vote moins leurs priorités pèsent dans la compétition politique. Or, ils sont précisément au cœur des grands défis économiques et sociaux du Maroc, à savoir l’inser- tion professionnelle, le chômage des diplômés, le développement des compétences, l’entrepre- neuriat, l’accès au logement et la réduction des inégalités terri- toriales. L’abstention peut donc créer un paradoxe, c’est celui d’une génération qui représente une force considérable pour l’ave- nir du pays mais qui risque de voir ses préoccupations insuffisam- ment traduites dans les arbitrages publics. La réponse ne peut donc pas se limiter à appeler les jeunes à voter. Il faut surtout rétablir le lien entre participation électorale et effica- cité des politiques publiques. Les partis doivent présenter des enga- gements mesurables, financés et assortis d’échéances, tandis que les pouvoirs publics doivent rendre compte des résultats obtenus. La jeunesse ne demande pas unique- ment à être représentée, mais elle veut être convaincue que sa par- ticipation peut réellement contri- buer à changer son avenir. C’est à cette condition que l’élection retrouvera sa fonction essentielle qui est de transformer les attentes de la société en choix publics et en résultats concrets. F. N. H. : Le RNI, le PAM et l’Istiqlal forment aujourd’hui le trio de la majorité sor- tante. Ce trio vous paraît-il encore cohérent pour gou- verner ensemble ou les rap- ports de force pourraient-ils évoluer à l’issue du scrutin ? Y. G. F. : Le RNI, le PAM et l’Isti- qlal ont démontré, au cours de
la législature, qu’une coalition à trois était possible malgré des sensibilités et des cultures poli- tiques différentes. Leur cohérence ne doit toutefois pas être appré- ciée uniquement à travers leur appartenance à la majorité sor- tante, mais surtout à travers leur capacité à partager une vision économique et sociale, des prio- rités communes et une méthode de gouvernement. Sur ce plan, les divergences apparues sur cer- tains dossiers montrent qu’une coalition peut fonctionner insti- tutionnellement tout en nécessi- tant davantage de cohérence pro- grammatique. Le scrutin peut naturellement modifier les rapports de force entre ces trois formations. La question déterminante sera moins de savoir qui arrivera premier que de savoir avec quelle force poli- tique chacun sortira des urnes et quelle majorité parlementaire
pourra être constituée. Une pro- gression ou un recul significatif de l’un des trois partis pourrait donc modifier l’équilibre interne de la future coalition, voire élargir le champ des alliances. Il serait cependant prématuré de dessiner aujourd’hui une configuration pré- cise, parce que celle-ci dépendra directement des résultats élec- toraux et des équilibres issus du Parlement. À mon sens, le véritable enjeu pour la prochaine majorité sera donc de dépasser la simple logique arith- métique des alliances. Le Maroc a besoin d’une majorité cohérente autour d’un contrat gouvernemen- tal clair, notamment sur l’emploi, le pouvoir d’achat, l’investisse- ment, la compétitivité et la protec- tion sociale. La prochaine coali- tion devra être jugée moins sur sa composition que sur sa capacité à transformer les engagements électoraux en politiques publiques financées, coordonnées et éva- luables. C’est cette capacité de cohérence et de résultat qui don- nera sa véritable légitimité à la future majorité.
Le scrutin peut naturellement modifier les rapports de force entre les trois formations, RNI, PAM et l’Istiqlal.
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