Finances News Hebdo 1246

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026

proposition, de contrôle et d’éva- luation des politiques publiques.

sur son passé électoral. La ques- tion centrale sera finalement est-ce que le PJD peut-il transformer le mécontentement en projet crédible de gouvernement. C’est sur cette capacité de renouvellement, plus que sur son simple retour électoral, que se jouera son poids dans les futurs rapports de force. F. N. H. : Quel indicateur faudrait-il retenir en priorité pour juger de la solidité éco- nomique d’un programme électoral ? Y. G. F. : Pour juger la solidité économique d’un programme élec- toral, je retiendrais en priorité sa crédibilité financière et son impact sur la création de richesse et d’em- plois. Un programme sérieux doit permettre de répondre à trois ques- tions simples, à savoir combien coûtent les engagements annon- cés, comment seront-ils financés et quels résultats économiques per- mettront-ils de générer. Il faut donc dépasser la logique des promesses pour examiner leur cohérence avec les ressources budgétaires, la tra- jectoire du déficit et de la dette, ainsi qu’avec les capacités réelles de l’économie marocaine. La cré- dibilité d’un programme se mesure moins à l’ampleur des dépenses annoncées qu’à la capacité de transformer ces dépenses en inves- tissement, en productivité, en com- pétitivité et en emplois durables. Mais il faut également regarder la qualité de la croissance proposée. Un programme peut être financiè- rement équilibré tout en restant économiquement insuffisant s’il ne s’attaque pas aux véritables contraintes structurelles, telles que la faible création d’emploi, la com- pétitivité des entreprises, le déve- loppement des TPME, l’industriali- sation, le capital humain et les dis- parités territoriales. À mon sens, le meilleur indicateur synthétique est donc la capacité du programme à créer davantage de valeur et d’em- plois sans fragiliser les équilibres macroéconomiques. C’est cette double exigence «croissance inclu- sive et soutenabilité financière» qui doit permettre aux citoyens de dis- tinguer un véritable projet écono- mique d’un simple catalogue de promesses. ◆

F. N. H. : Le retour du PJD dans le jeu électoral peut- il modifier les rapports de force ? Que pensez-vous de son programme économique et social et dispose-t-il de cartes à jouer ? Y. G. F. : Le retour du PJD peut réellement modifier les rapports de force, mais probablement davan- tage par sa capacité à capter un vote de mécontentement et à remobiliser un électorat structuré que par la seule force de son pro- gramme économique. Son expé- rience gouvernementale constitue à la fois un atout puisqu’elle lui donne une connaissance concrète de l’État et des contraintes bud- gétaires, mais éventuellement une faiblesse puisqu’elle l’oblige à assumer un bilan et à répondre aux attentes d’un électorat qui a évolué. Sur le plan économique et social, le PJD dispose de cartes importantes telles que le pouvoir d’achat, la jus- tice sociale, la lutte contre la rente, la moralisation de la vie publique, la réduction des inégalités et l’effi- cacité de l’action publique. Ce sont des sujets qui peuvent rencontrer une forte demande sociale. Mais le véritable enjeu sera de transformer ces orientations en propositions chiffrées, financées et opération- nelles. Dans le Maroc d’aujourd’hui, un programme ne peut plus se limi- ter à dénoncer les dysfonctionne- ments, mais il doit démontrer com- ment créer davantage d’emplois, soutenir l’investissement privé, renforcer les TPME, améliorer les services publics et préserver les équilibres budgétaires. À mon sens, le PJD a donc des cartes à jouer, mais elles ne sont pas automatiquement gagnantes. Son principal défi sera de démon- trer qu’il est capable de proposer une nouvelle offre politique, adap- tée aux transformations écono- miques et sociales du Maroc, plu- tôt que de capitaliser uniquement

 Un million d’emplois, SMIG à 5.000 DH, baisse du chômage… À l’approche du scrutin, les ambitions affichées par les partis soulèvent une question cruciale. Avec quels moyens les réaliser ?

F. N. H. : Le paysage élec- toral pourrait être plus frag- menté qu’il n’y paraît. Des formations comme le PSU ou la FGD peuvent-elles impo- ser d’autres priorités écono- miques et sociales dans le prochain Parlement ? Y. G. F. : Effectivement, des for- mations comme le PSU ou la FGD peuvent contribuer à faire émerger d’autres priorités dans le débat par- lementaire, même avec une repré- sentation limitée. Leur influence ne se mesure pas uniquement au nombre de sièges, mais aussi à leur capacité à porter des sujets par- fois moins présents dans les pro- grammes des grandes formations, tels que la réduction des inégalités, la justice fiscale, le renforcement des services publics, la protec- tion du pouvoir d’achat, des droits sociaux, ainsi que le rééquilibrage territorial. Une démocratie parle- mentaire se nourrit aussi de cette pluralité des visions économiques et sociales. La fragmentation peut ainsi avoir un effet positif si elle conduit à enrichir le débat sur les politiques

publiques et à obliger les prin- cipales forces politiques à préci- ser leurs choix. Sur l’emploi, par exemple, le débat ne devrait pas se limiter au nombre de postes à créer, mais porter également sur la qualité des emplois, les salaires, la productivité, la protection sociale et l’accès des jeunes et des femmes au marché du travail. De même, sur la fiscalité ou les services publics, l’existence de sensibilités diffé- rentes peut pousser le Parlement à examiner plus attentivement les effets distributifs des politiques proposées. Mais pour peser réellement sur l’action publique, ces formations devront transformer leurs positions en propositions législatives cré- dibles, chiffrées et opérationnelles. L’enjeu du prochain Parlement ne sera donc pas seulement sa com- position, mais sa capacité à faire de la pluralité politique un véritable débat sur les choix économiques et sociaux du Maroc. À mes yeux, une démocratie parlementaire forte est celle où la majorité gouverne, mais où les différentes sensibilités disposent d’une capacité réelle de

La jeunesse ne demande pas seulement à être représentée, elle veut surtout être convaincue que sa participation peut réellement changer son avenir.

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