L'UNIVERS DES TPME
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026
Aji Host «Nous ne digitalisons pas l’hospitalité, nous digitalisons sa partie répétitive»
une fracture numérique entre les grands groupes hôteliers, déjà équipés, et les maisons d’hôtes, riads et petites unités indépen- dantes, qui disposent souvent de peu d’outils numériques. Le risque est celui d’un tourisme à deux vitesses. C’est précisément là que les star- tups comme AjiHost ont leur rôle à jouer. Nous ne concurrençons pas les grands éditeurs, nous équipons le dernier kilomètre de l’hospitalité. En 2030, une clientèle largement primo-visiteuse, souvent non fran- cophone et habituée à obtenir une information rapidement, aura des attentes élevées. Un hôtelier ne peut pas parler huit langues à trois heures du matin. Une plateforme, si. F.N.H. : Comment les établis- sements marocains peuvent- ils tirer parti de la digitalisa- tion ? M. H. : Il faut lever un malen- tendu tenace. Beaucoup d’hôte- liers associent la digitalisation à une déshumanisation, à un écran interposé entre eux et leur client. C’est l’inverse qui se produit. Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tou- risme, a résumé cette ambition en parlant de dispositifs destinés à offrir «une expérience plus fluide et rassurante aux visiteurs». L’outil n’a de valeur que par la friction qu’il supprime. Concrètement, je vois trois leviers de différenciation. Le premier est l’anticipation. Aujourd’hui, l’information est sou- vent délivrée à l’arrivée. Demain, elle peut l’être dès la confirmation de réservation, avec les informa- tions pratiques, les usages de la maison ou encore le choix de l’ho- raire du petit-déjeuner. Le deuxième est la valorisation de l’offre annexe. Dîner sur la ter- rasse, départ tardif, excursion ou hammam restent parfois invisibles faute de canal. Les rendre acces- sibles en quelques gestes peut transformer une charge fixe en revenu additionnel. Le troisième est la connaissance client. Un établissement qui sait ce que ses voyageurs demandent et consomment cesse de piloter à
Le secteur touristique est en pleine transformation, marqué par la montée en puissance du digital et l’évolution des attentes des voyageurs. AjiHost entend accompagner les établissements dans la modernisation de l’accueil et de l’expérience client, en misant sur l’innovation et l’agilité. Entretien avec son fondateur et CEO Mehdi Hanoun.
Propos recueillis par Ibtissam Z.
Finances News Hebdo : Quel besoin avez-vous iden- tifié sur le terrain et quelle transformation souhaitez- vous apporter aux établis- sements touristiques maro- cains ? Mehdi Hanoun : Le projet n’est pas né devant un tableau blanc, mais dans un riad. Mon ami Youssef tient une maison d’hôtes à Taroudant et, au fil de mes séjours chez lui, j’ai observé une scène qui se répète à l’infini. A son arrivée, le voyageur doit tout demander, du code Wi-Fi à l’heure du petit-déjeu- ner, en passant par les horaires d’ouverture et les bonnes adresses. Le lendemain, un autre arrive et le scénario recommence. Le person- nel consacre ainsi une part impor- tante de son temps à répondre aux mêmes questions. Nous avons voulu objectiver cette intuition. Nous avons dépouillé plusieurs centaines d'avis clients publiés sur les plateformes de réservation concernant des riads marocains, et nous en avons extrait une quinzaine d'irritants récurrents. Le constat est net : ce qui dégrade la note d'un établissement, ce n'est
presque jamais la qualité de l'ac- cueil humain, elle est remarquable au Maroc, mais une asymétrie informationnelle. Le client n'a pas su, n'a pas trouvé et il n'a pas osé demander. La transformation que nous visons tient en une phrase : «répondre une fois, accueillir toujours». Nous ne digitalisons pas l'hospitalité, nous digitalisons sa partie répétitive. Un QR code dans la chambre, un livret d'accueil vivant, multilingue, que l'hôte met à jour lui-même en quelques secondes. Pour le voyageur, la valeur est immédiate et vérifiable. Il scanne un code en entrant dans sa chambre et il obtient, dans sa langue, ce qu'il aurait mis deux jours à deman- der. Pour l'établissement, la contre- partie est tout aussi mesurable. Les sollicitations répétitives s'ef- fondrent. Des prestations qui res- taient invisibles comme un repas, une excursion, un départ tardif,
deviennent vendables en deux gestes et les avis s'améliorent.
F.N.H. : À l’approche du Mondial 2030, quel rôle les startups comme AjiHost peuvent-elles jouer dans la transformation et la compé- titivité de l’offre touristique marocaine ? M. H. : Les chiffres montrent l’am- pleur de la dynamique touristique marocaine. En 2025, le Royaume a accueilli près de 20 millions de touristes, et la trajectoire se pour- suit avec 14,1 millions d’arrivées à fin août 2026. L’objectif est d’at- teindre 26 millions de touristes en 2030. Cette trajectoire procède d’une vision, celle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a très tôt érigé le tourisme en levier de déve- loppement territorial et de rayon- nement du Royaume. Mais une croissance de cette ampleur risque aussi de creuser
AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM
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