L'UNIVERS DES TPME
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026
de l’expansion africaine, qui exige une adaptation réglementaire, lin- guistique et culturelle. L’écosystème marocain s’est nettement enrichi ces dernières années. Les dispositifs de soutien à la digitalisation des TPME touris- tiques, les mécanismes de garantie publique et les fonds d’amorçage nationaux constituent un socle réel. Nous travaillons à en mobili- ser les leviers pertinents. Nous sommes donc ouverts à rencontrer des investisseurs spé- cialisés dans l’hospitality tech, Marocains, Africains ou Européens. Ce que nous recherchons n’est pas seulement du capital, mais du capital informé. Un investisseur qui connaît les cycles de vente de l’hô- tellerie, la distribution touristique et les spécificités d’un marché émergent nous apportera davan- tage qu’un chèque anonyme. F.N.H. : Vous participez à l'IFTM Top Resa à Paris. Qu'en attendez-vous et quelles retombées concrètes cette présence peut-elle générer pour AjiHost ? M. H. : Nous y serons du 15 au 17 septembre, et nous n’y allons pas en touristes, si vous me passez l’expression. Trois rendez-vous sont déjà confir- més. Le premier, avec le Conseil régional du tourisme de Béni Mellal- Khénifra, représenté par Imane Echifa, une région au potentiel considérable et encore insuffisam- ment équipée sur le plan numé- rique. Le deuxième, avec Ghali Jorio, directeur d’Afritrip Morocco, en lien direct avec notre ambition continentale. Le troisième, avec Bouchra Taibi, General manager du Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat, un marché urbain et d’affaires aux usages dif- férents de ceux du tourisme de médina. Au-delà de ces rencontres, nos objectifs sont clairs. D’abord,
assurer une veille technologique et prendre la mesure de l’évolution du secteur. Ensuite, développer la distribution à travers des accords avec des tour-opérateurs et des agences réceptives. Enfin, rencon- trer des investisseurs positionnés sur la technologie hôtelière. Et il y a une dimension que je ne veux pas minorer : le signal. Une jeune société de droit maro- cain, née à Taroudant il y a quelques mois, qui va défendre sa vision de l’hospitalité sur l’un des principaux salons professionnels européens, cela démontre la vita- lité entrepreneuriale du Royaume, et j’en suis fier. F.N.H. : Quelles sont vos ambi- tions pour AjiHost et quelle place souhaitez-vous lui don- ner dans la transformation digitale du secteur touristique marocain, notamment dans la perspective de 2030 ? M. H. : Notre ambition à court terme est de devenir la plateforme de référence de la digitalisation de l’expérience voyageur au Maroc, puis en Afrique. Les problématiques que nous traitons, à savoir un hébergement indépendant atomisé, un faible outillage numérique et une clien- tèle internationale multilingue, se retrouvent à Dakar, Tunis, Zanzibar ou encore Abidjan. Une solution éprouvée à Marrakech est donc transposable, et le Maroc a voca- tion à être la base arrière techno- logique de cette diffusion. C’est aussi une question de souverai- neté; il serait paradoxal que l’hos- pitalité africaine soit intermédiée exclusivement par des plateformes conçues ailleurs. Sur le plan produit, nous passons d’un livret d’accueil à un véritable écosystème. Notre travail consiste à rendre cet écosystème d’expé- riences accessible et réservable, sans jamais le dénaturer. Je sou- haite pour 2030 que le Maroc accueille ses 26 millions de visi- teurs sans que la qualité de l’ac- cueil se dilue dans le volume. ◆
Présente à Paris au salon IFTM, Aji Host affirme son ambition d’accélérer la transformation digitale des établissements touristiques marocains.
l’intuition. Nous travaillons égale- ment sur des fonctionnalités avan- cées propulsées par l’intelligence artificielle, comme la traduction contextuelle, les agents conversa- tionnels, le room service augmenté et les recommandations person- nalisées. Mais notre objectif n’est pas de remplacer l’humain. L’IA doit prendre en charge le répétitif pour que l’humain se consacre au mémorable. Quelles sont aujourd’hui les principales dif- ficultés d’AjiHost pour conso- lider son développement et accélérer sa croissance ? F.N.H. : M. H. : La première difficulté n’est pas technologique, elle est culturelle. Convaincre un hôtelier qu’un QR code n’est pas un gad- get demande de la pédagogie, du temps et du terrain. Nous avons donc construit une offre acces- sible, avec un tarif volontairement bas, aucun frais d’installation et un livret créé en moins de dix minutes, sans compétence tech- nique. À fin août, une trentaine d’établissements nous avaient déjà rejoints dans l’axe Agadir- Taroudant-Essaouira-Marrakech, tous convaincus en face-à-face. La deuxième difficulté tient à l’ato- misation du marché de l’héber- gement indépendant. Prospecter des milliers d’unités dispersées sur le territoire est coûteux. Nous misons donc sur les partenariats, notamment avec Moroccan Guest
Houses, ainsi qu’avec des éditeurs marocains de systèmes de gestion hôtelière et des agences récep- tives. Dans ce sens, nous souhaitons tra- vailler avec les Conseils régionaux du tourisme, les offices de tou- risme, les syndicats professionnels et les porteurs du programme Go Siyaha, à travers des conventions régionales, des sessions de sen- sibilisation ou des projets pilotes territoriaux. La troisième difficulté concerne le capital humain, notam- ment le recrutement et la fidélisa- tion de profils techniques de haut niveau au Maroc. F.N.H. : Quels sont aujourd’hui vos besoins et vos ambitions pour développer AjiHost au Maroc et à l’international ? M. H. : Nous avons jusqu’ici avan- cé sur fonds propres et par le chiffre d’affaires, ce qui impose une discipline salutaire. Chaque dirham dépensé doit produire un client. Mais nous atteignons le seuil où l’autofinancement devient un plafond plutôt qu’une vertu. Nos besoins portent sur trois postes. D’abord, l’industrialisation de notre brique d’intelligence arti- ficielle, au cœur de notre différen- ciation à venir. Ensuite, le déploie- ment commercial, à savoir passer d’une conquête régionale à une couverture nationale; cela suppose le déploiement des équipes de ter- rain à Marrakech, Casablanca, Fès et Tanger. Et enfin, la préparation
AjiHost ambitionne de devenir la plateforme de référence de la digitalisation de l’expérience voyageur au Maroc et à l’échelle africaine.
AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM
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