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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026

Législatives 2026 Les partis marocains ont tout promis, sauf l'essentiel

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ans moins d’une semaine, les Marocains seront appelés à choisir les 395 dépu- tés qui formeront le prochain gouver- nement. Un gouvernement qui héritera, dès son premier jour, d'un agenda cli- matique et industriel non négociable: réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45,5% d'ici 2030, engage- ment que le Maroc vient de confirmer à la communauté internationale dans sa CDN 3.0 soumise en septembre 2025, tenir un mix électrique renouvelable à 52% à la même échéance, et surtout, préparer l'industrie exportatrice maro- caine à la première déclaration MACF portant sur ses émissions 2026, à dépo- ser le 30 septembre 2027. Ces engagements ne sont pas des vœux pieux. Ce sont des obligations contractées au nom du Royaume, qui engagent l'économie nationale, la com- pétitivité de ses exportateurs et la cré- dibilité internationale du pays. Sept partis politiques ont présenté leurs pro- grammes aux électeurs. Cherchez le MACF dans ces programmes. Vous ne le trouverez pas. Ce que le prochain gouvernement devra faire, qu'il le veuille ou non Avant même d'ouvrir un seul programme électoral, rappelons ce que le contexte impose au futur gouvernement, indé- pendamment de sa couleur politique. Le Maroc a pris, sur la scène internatio- nale, des engagements climatiques pro- gressivement renforcés : -42% d'émis- sions de GES à l'horizon 2030 dans la CDN 2.0, portés à -45,5% dans la CDN 3.0 soumise en septembre 2025, dont 20% sur ressources nationales propres et 25,5% conditionnés à un soutien international. Ces chiffres ne sont pas symboliques : ils s'inscrivent dans le

verra appliquer les valeurs par défaut européennes, punitives par construc- tion, avec un surcoût estimé entre 20% et 30% sur ses exportations vers l'UE. C'est dans ce contexte que sept for- mations politiques ont présenté leur vision pour gouverner le Maroc de 2026 à 2031.

Ce que les partis en disent, et ce qu'ils taisent

Soyons honnêtes : la transition énergé- tique n'est pas totalement absente des programmes. Mais la manière dont elle y figure est, à elle seule, révélatrice. Le PAM est le parti qui va le plus loin dans la formulation : son programme évoque l'accélération de la transition vers la décarbonation, avec un objectif de porter les énergies renouvelables à 52% de la consommation électrique globale, et reconnaît explicitement que l'empreinte carbone est devenue «un marqueur essentiel» pour les marchés à l'export. C'est, de loin, la formulation la plus proche de la réalité économique. Mais ce volet est inclus dans un qua- trième «pacte» consacré aux «menaces géopolitiques, technologiques et clima- tiques» , mis sur le même plan que la cybersécurité, et doté d'une enveloppe de 50 milliards de dirhams qui couvre l'ensemble de ces menaces. Le MACF n'est pas mentionné, ni la part de cette enveloppe qui serait consacrée à la décarbonation. Le PPS présente le programme le plus chiffré sur l'énergie : 55% d'énergies renouvelables dans le mix électrique, réduction de la dépendance énergé- tique extérieure de 90% à 80%, 40 mil- liards de dirhams dédiés à ces priorités. C'est sérieux. Mais là encore, la logique est celle de la sécurité d'approvision- nement et de l'indépendance nationale, pas celle de la décarbonation indus- trielle ni de la compétitivité carbone à l'export. Le MACF, toujours absent. Le PJD évoque les renouvelables,

Par Dr. Mohamed Boiti, Expert en transition énergétique et décarbonation

cadre de l'Accord de Paris et sont exa- minés par les partenaires commerciaux et financiers du Royaume. Sur le terrain, nos articles précédents dans ces colonnes ont documenté l'écart entre cet engagement et la réa- lité : les énergies renouvelables repré- sentent 92,8% de la production brute d'énergie générée localement, mais seulement 11,6% de l'énergie nette consommée par le pays. La transi- tion énergétique marocaine reste élec- tro-centrée, pendant que le bâtiment, les transports et l'industrie - les vrais gouffres énergétiques - continuent de fonctionner largement aux hydrocar- bures fossiles. Et le calendrier, lui, n'attend pas. Le MACF européen est entré dans son régime définitif en janvier 2026. Pour le ciment, l'acier, l'aluminium et les engrais marocains exportés vers l'Union européenne, la contrainte est désor- mais opérationnelle. La première décla- ration portant sur les émissions 2026 sera à déposer le 30 septembre 2027, soit dans un an. Une entreprise maro- caine qui arrivera à cette échéance sans facteurs d'émission certifiés se

Le Maroc a pris, sur la scène internationale, des engagements climatiques progressivement renforcés…

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