ENSEIGNEMENT
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026
PISA 2025 «L'école marocaine publique perd sa fonction d'ascenseur social pour les élites issues de milieux modestes»
précédent et les bons sont évidem- ment le produit du modèle actuel, même si chacun sait que TIMSS 2023 est antérieur au projet des écoles pionnières. Cet argument est partiellement recevable sur le plan temporel - les élèves testés en 2025 ont effecti- vement été formés sous l'ancien modèle -, mais partiellement, car le gouvernement Akhannouch a été installé en 2021 lorsque les élèves qui ont passé le test PISA en 2025 avait 11 ans à l'époque. Au moins tout le cycle collégial a été sous la responsabilité de ce gouverne- ment depuis 2021, et il devient une échappatoire commode dès lors que «le modèle précédent» sert à disculper les réformes en cours de toute responsabilité. La feuille de route 2022-2026 est en déploie- ment depuis plus de trois ans. Si elle avait un impact réel sur les apprentissages fondamentaux, nous devrions déjà en voir les pre- miers signes, même marginaux. Or, ce n'est pas le cas. Le véritable problème n'est pas de savoir à quel modèle attribuer la responsabilité, mais de constater que la gouvernance éducative reste dans une «panne emblématique». La Commission permanente des curri- cula, prévue par la loi-cadre 51.17, a attendu près de trois ans avant d'être installée, et son président a démissionné en 2026. Comment prétendre réformer en profondeur quand les instances mêmes de la réforme sont paralysées ? Et quand le ministère choisit les Quick wins au primaire en lieu et place de la réforme de tous les cycles, y compris le cycle secondaire qui a été tout simplement laissé-pour- compte. L'argument ministériel est donc une manière d'écarter la res- ponsabilité d'une gouvernance qui, elle, est bien contemporaine.
Les résultats de l'enquête internationale PISA 2025, publiés mardi 8 septembre, confirment un recul du niveau des élèves dans de nombreux pays. Lecture, mathématiques, sciences : les moyennes des pays de l'OCDE atteignent elles-mêmes leurs plus bas niveaux. Le Maroc n'échappe pas à la tendance, avec un décrochage marqué sur l'ensemble des trois disciplines. Abdennasser Naji, expert en éducation et président de l'Association marocaine pour l'amélioration de la qualité de l'enseignement (Amaquen), analyse pour Finances News Hebdo les causes de ce recul et les réformes à engager d'urgence.
Propos recueillis par L. Ch
Finances News Hebdo : Le Maroc recule de 10 points en maths et de 18 points en lecture par rapport à 2022, avec 87% des élèves sous le niveau minimal en com- préhension de l'écrit. Est-ce le signe d'une dégradation réelle du système, ou plutôt la confirmation d'un plafond bas déjà connu depuis les éditions précédentes ? Abdennasser Naji : Ce que révèlent les chiffres de PISA 2025 n'est ni une surprise ni une dégradation soudaine : c'est la confirmation éclatante d'un plafond bas structu- rel qui perdure depuis des années. Le Maroc a déjà perdu 20 points en lecture, 12 en sciences et 3 en mathématiques entre 2018 et 2022. Ce que nous observons aujourd'hui, c'est la poursuite mécanique d'une courbe descendante que rien n'a enrayée. Le chiffre le plus alarmant n'est pas
la moyenne, mais l'indicateur du «niveau minimal de compétences». Au Maroc, seuls 23% des élèves atteignent ce seuil en sciences, 16% en mathématiques et 13% en lecture, contre 65 à 74% dans les pays de l'OCDE. Cela signi- fie concrètement que presque neuf élèves sur dix quittent le secon- daire, incapables de comprendre un texte simple, et 8 sur dix incapables de résoudre un problème mathéma- tique élémentaire ou d'établir une relation scientifique de base. Ce n'est pas un accident conjoncturel: c'est le produit d'un système qui, depuis plus de vingt ans, enchaîne les réformes d'affichage sans jamais toucher au socle fondateur. Le cur- riculum national n'a fait l'objet d'au- cune révision intégrale depuis 2002. Mais il faut reconnaitre que malgré cette grande faille structurelle, l’his- toire des évaluations internationales au Maroc montre que ses difficultés chroniques n'excluent pas des sur-
sauts de performance notables.
F. N. H. : Le ministère de l'Éducation a réagi en quali- fiant ces résultats d'«outputs du modèle précédent», antérieurs aux effets de la feuille de route 2022-2026. Cet argument vous semble- t-il recevable, ou est-ce une manière d'écarter la res- ponsabilité des réformes en cours ? A. N. : L'édition TIMSS 2023 a révélé deux tendances opposées au sein de notre système éducatif, un recul catastrophique au nouveau du collège et une progression au niveau du primaire, permettant au score de mathématiques de grimper de 9 points et à celui des sciences de progresser de 15 points par rapport à 2019. Selon cette logique opportuniste et irresponsable du ministère, les mauvais résultats du collège sont le produit du modèle
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