BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026
crit une partie de la dépense publique dans un calendrier qui dépasse largement celui d’une seule Loi de Finances. Une fraction significative des dépenses des prochaines années est ainsi déjà prédé- terminée par des décisions antérieures ou par des projets dont l’exécution est engagée. Le futur gouvernement pourra modifier des priorités, mais ne pourra pas remettre tous les compteurs à zéro. Il devra par ailleurs décider quels engagements électo- raux peuvent être financés immédiatement, lesquels doivent être étalés dans le temps et lesquels devront éventuellement être aban- donnés ou redimensionnés. En cela, deux chiffres per- mettent de résumer l’équa- tion du PLF 2027 : 4,1% de croissance et 3% de déficit. Le premier conditionne en partie le second. Si la croissance atteint ou dépasse l’hypothèse gou- vernementale, les recettes continuent de progresser fortement et la dépense est maîtrisée, le prochain gou- vernement pourra disposer d’une marge pour financer certaines nouvelles priorités tout en poursuivant la conso- lidation budgétaire. Mais si l’économie se rap- proche plutôt des 3% anticipés par le HCP, l’équation devien- dra beaucoup plus serrée. Il faudra alors choisir entre réduire certaines dépenses, différer des promesses, trou- ver de nouvelles recettes, accepter un déficit supérieur à la cible ou combiner ces différentes options. Et c’est peut-être là le véri- table intérêt du PLF 2027. Il sera le premier test grandeur nature des programmes élec- toraux de 2026. Pendant la campagne, les partis expliquent ce qu’ils veulent faire. Après le 23 sep- tembre, la Loi de Finances dira surtout ce qu’ils peuvent réellement se permettre de faire. ◆
Entre une croissance de 4,1% retenue par l’Exécutif et les 3% anticipés par le HCP, la marge budgétaire du prochain gouvernement pourrait sensiblement changer.
arbitrage de nouvelles poli- tiques publiques. D’autant que le service de la dette absorbe une part crois- sante des ressources. A fin juillet, les intérêts de la dette intérieure représentaient déjà 23,6 milliards de dirhams, en augmentation de 14,5%. Ceux de la dette extérieure atteignaient 6,17 milliards, en hausse de 12%. Au total, près de 30 milliards de dirhams d’intérêts ont été supportés en sept mois. Promesses électorales vs calculette C’est à ce niveau que le PLF 2027 prend toute sa dimen- sion politique. Les partis engagés dans la campagne des législatives multiplient les engagements autour du pou- voir d’achat, de l’emploi, de la santé, de l’éducation, des retraites, du logement, de la protection sociale, de l’inves- tissement ou de la fiscalité.
Rien d’inhabituel dans une campagne électorale. Mais le gouvernement issu du scrutin devra rapidement confronter ces promesses à une équation autrement moins électorale : davantage de dépenses sociales, pour- suite des investissements, éventuels allègements fis- caux, déficit limité à 3% et réduction du ratio d’endette- ment. Sur le papier, ces objectifs ne sont pas incompatibles. Ils supposent néanmoins que plusieurs conditions soient réunies : des recettes fiscales durablement dynamiques, une croissance suffisamment robuste, une meilleure effica- cité de la dépense publique et, probablement, des arbi- trages entre les différentes priorités. Le second piège serait de croire que le prochain gou- vernement disposera d’une feuille budgétaire blanche.
Il héritera au contraire d’un portefeuille particulièrement lourd de politiques publiques et de programmes plurian- nuels. La généralisation de la pro- tection sociale doit être finan- cée. La réforme du système de santé doit se poursuivre. Même impératif pour l’édu- cation, l’aide directe au loge- ment ou la reconstruction des zones touchées par le séisme. S’y ajoutent les besoins liés à la réduction des dispari- tés territoriales et, surtout, au stress hydrique. Et puis il y a les infrastructures (réseau ferroviaire, routes, aéroports, équipements urbains et spor- tifs) : la préparation de la Coupe du monde 2030 ins-
Le PLF 2027 contient ainsi, avant même son adoption, son premier facteur d’incertitude : et si la croissance se rapprochait davantage des 3% du HCP que des 4,1% retenus par le gouvernement ?
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