FNH N° 1252

ECONOMIE

24

FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026

une nouvelle dynamique.

Pourquoi les prix alimentaires évoluent différemment Les produits frais appartiennent précisément à la catégorie que l'inflation sous-jacente écarte, parce que leurs prix réagissent vite aux conditions d'offre : saison, récoltes, climat, coûts d'achemi- nement. C'est ce qui explique qu'ils puissent baisser fortement au printemps puis remonter à la rentrée, sans que l'inflation de fond ne suive le même rythme. La note du HCP ne détaille pas les causes de la hausse de sep- tembre. Un canal mérite cepen- dant d'être surveillé : le coût de l'énergie. La forte progression des carburants en août, puis en sep- tembre renchérit le transport et la distribution des denrées. Ce mécanisme reste à mesurer, la statistique ne permettant pas d'en isoler l'effet sur les étals. Bank Al-Maghrib souligne, de son côté, que la transmission de la hausse énergétique aux prix intérieurs est restée limitée grâce aux subven- tions accordées aux profession- nels du transport routier et au maintien des prix du butane et de l'électricité. Pour l'économiste Khalid Doumou, ces facteurs ne sont «pas tous d'ordre économique ou clima- tique». La contrainte climatique (stress hydrique, inondations, vents violents) constitue selon lui une donnée structurelle, que les politiques publiques doivent traiter par l'anticipation et la prévention. Il insiste toutefois sur des facteurs endogènes : l'insuffisance d'une concurrence effective et d'une véritable «vérité des prix», des intermédiaires inutiles, la spécula- tion par stockage clandestin dans des entrepôts non déclarés pour créer des pénuries artificielles, et le non-respect de l'obligation d'af- fichage des prix. Pour les fruits et légumes, il identifie trois obstacles à des prix bas : les aléas clima- tiques, la hausse des coûts de production (engrais et énergie sur- tout) et les marges de la distribu- tion, transport compris. Il appelle aussi à combattre des pratiques commerciales comme la «shrink- flation» (réduire la quantité à prix

 En septembre, les prix alimentaires ont progressé de 1,6 % en un mois, selon le HCP.

Prix alimentaires Pourquoi l’accalmie annuelle ne se ressent pas dans les paniers E En septembre 2026, les prix alimentaires ont augmenté de 1,6 % en un mois, et ceux des viandes et des légumes de 4,3 %, selon le HCP. Sur un an pourtant, l'inflation ne dépasse pas 0,5% et le panier alimentaire reste 2,5% moins cher qu'en septembre 2025. Par S. Ch

ntre août et septembre 2026, l'in- dice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 1,0%, sa plus forte hausse mensuelle depuis mars. Sur douze mois, la progres- sion se limite à 0,5%. Ces deux chiffres, publiés le 22 octobre par le haut-commissariat au Plan (HCP), ne se contredisent pas. Ils mesurent deux choses différentes. Le premier capte un mouvement de court terme. Le second com- pare le niveau des prix à celui d'un an plus tôt, après des mois de baisse. C'est dans cet écart que se loge le décalage entre la statis- tique et le ressenti des ménages. La hausse mensuelle est d'abord alimentaire. L'indice des produits alimentaires gagne 1,6% contre 0,4% pour les produits non alimen- taires. Les viandes et les légumes

enregistrent la progression la plus forte, avec 4,3%, devant le lait, le fromage et les œufs (+1,6 %). Tous les postes ne montent pas : les poissons et fruits de mer reculent de 0,4% et le café, thé et cacao de 0,3%. Côté non alimentaire, les carburants augmentent de 2,0%, après un bond de 9,8% en août. Sur un an, le tableau s'inverse. La hausse de 0,5% de l'IPC résulte d'une progression de 2,8% des produits non alimentaires, portée par le transport (+9,4%), et d'un recul de 2,5% des produits alimen- taires. Sur les neuf premiers mois de l'année, l'alimentation reste en baisse de 1,8% et l'indice géné- ral ne progresse que de 0,3%. Autrement dit, les ménages paient leur panier alimentaire moins cher qu'il y a un an, mais nettement

plus cher qu'au début de l'été. Pour autant, l'inflation ne ralentit pas. En glissement annuel, elle passe de -0,6% en juillet à -0,3% en août, puis à +0,5% en sep- tembre. C'est une remontée, sortie d'une courte phase de baisse du niveau des prix. L'inflation sous- jacente, qui exclut les produits à prix volatils et à tarifs publics, confirme une pression modérée mais réelle : +0,5% sur un mois et +0,6% sur un an. Ces données ont toutefois leurs limites. Deux mois de hausse ali- mentaire (+0,9% en août, +1,6% en septembre) ne suffisent pas à établir une tendance durable. Ils succèdent à des replis marqués en mai (-2,1%) et en juin (-0,8%). Une partie du rebond peut corres- pondre à un rattrapage plutôt qu'à

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker