POLITIQUE
35
FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
La France a vécu un anachronisme historique, et elle retombe d’autant plus bas qu’elle a cru, ces dernières années, pouvoir continuer à faire le gendarme en Afrique».
ler qu’une grande partie des per- sonnes d’origine malienne vivant en France sont françaises, souvent de deuxième ou troisième géné- ration. Elles restent néanmoins attentives à la situation dans leur pays d’origine, avec des liens qui peuvent être très ancrés dans cer- taines régions, comme celle de Kayes. Cette dimension pèserait donc aussi sur les choix diploma- tiques de Paris.
le Maroc que ce rapprochement a été assez décevant depuis la visite d’Emmanuel Macron : des contrats ont été signés, mais ils n’ont pas été suivis d’événements majeurs, et la visite de Sa Majesté a été reportée à plusieurs reprises. Comme beaucoup de choses à l’Élysée ces dernières années, ces relations passaient beaucoup par Brigitte Macron et par un artiste marocain, Mehdi Qotbi, sur un plan culturel et artistique. La nouvelle présidente de l’Institut du monde arabe, Anne-Claire Legendre, s’est rendue au Maroc. Mais très fran- chement, ce qui va primer, c’est la façon dont la France traite l’immi- gration, c’est-à-dire les Marocains comme les Algériens et l’ensemble des communautés africaines. F. N. H. : Si La France insou- mise (LFI) arrivait au pouvoir, comment les relations avec le Maroc pourraient-elles évoluer, compte tenu de ses positions sur l’autodéter- mination des Sahraouis et des liens de certains de ses cadres avec Alger, malgré les attaches personnelles de Jean-Luc Mélenchon avec le Maroc ? A. G. : C’est difficile à prévoir. Jean-Luc Mélenchon entretient des relations personnelles avec le Maroc, mais une arrivée de La France insoumise au pouvoir pour- rait se traduire par une relation en dents de scie avec Rabat. La poli- tique française au Maghreb serait également influencée par les évo- lutions régionales, notamment par l’activisme croissant de l’Algérie, qui a modifié sa Constitution pour pouvoir intervenir militairement à l’étranger, notamment dans des pays comme le Niger. Un autre facteur pèserait dans les choix de Paris : le poids des diaspo- ras africaines en France. On évoque souvent 300.000 Maliens, mais ils seraient plutôt entre 500.000 et 600.000. Leur rôle dans la société française reste pourtant peu dis- cuté. Si les travailleurs originaires d’Afrique subsaharienne cessaient de travailler, de nombreux secteurs essentiels seraient paralysés, des hôpitaux aux Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) en passant par
le nettoyage, les cuisines et la res- tauration. Cette réalité constitue un facteur important dont les respon- sables politiques français doivent tenir compte. Parallèlement, la DGSE reprend des positions stra- tégiques dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notam- ment au Mali. Si LFI arrivait au pouvoir, ces enjeux pourraient produire un effet boomerang. Un président français
ne pourrait pas définir sa poli- tique envers le Maghreb sans tenir compte du poids des diasporas et de leurs liens avec les pays d’origine. Il faut d’ailleurs rappe-
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker