Argenteuil 2026 05 15

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UNE PAGE SE TOURNE POUR L’ÉGLISE ST-LOUIS-DE-FRANCE

FRANCIS LEGAULT Initiative de journalisme local (IJL) Argenteuil francis.legault@eap.on.ca

Il y a eu des larmes, il y a eu de la nostalgie mais il y a également eu des rires. Le 10 mai dernier, l’évêque de St-Jérôme- Mont-Laurier, Mgr Raymond Poisson, a dit la dernière messe à l’église St-Louis-de-France de Brownsburg-Chatham, devant plus d’une centaine de personnes. Malgré la fin de ce lieu de culte, Mgr Poisson a livré un message rempli d’optimisme aux paroissiens. Comme nous l’avions expliqué dans nos pages la semaine dernière, l’état de l’église St-Louis-de-France ne permettait plus à la Paroisse Ste-Trinité de continuer à l’entrete- nir. La fermeture originellement prévue pour cet automne a finalement été devancée à dimanche dernier avec comme objectif de faciliter la vente de l’immeuble. « Pour l’instant, on attend, confirme Gilles Forget, président du conseil de fabrique de la Paroisse Ste-Trinité, concernant l’avenir de la bâtisse. Il y a des discussions mais on ne sait pas ce qui va arriver avec l’église et le presbytère, qui lui aussi est à vendre. On ne sait pas combien de temps cela va prendre. » D’ici là, le diocèse se devait de désacrali- ser l’église et c’est ce qui a été accompli le 10 mai dernier. La pierre d’autel, qui contiendrait une relique, a été retirée et sortie de l’église tandis que l’évêque a symboliquement barré la porte principal du bâtiment à la fin de la cérémonie. Souvenirs L’Argenteuil a compté que plus de 130 personnes ont assisté à cette dernière messe à se tenir dans l’église St-Louis-de-France, un bâtiment qui célèbrera ses 100 ans l’an prochain. Plusieurs paroissiens ont partagé de nombreux souvenirs liés à l’endroit : la tenue de leur mariage il y a près de 60 ans, les funérailles de leurs grands-parents, le temps où ils agissaient comme enfant de chœur pour les célébrations eucharistiques… On raconte même qu’à une certaine époque, les messes du samedi soir, qui débutaient à 19h, ne se prolongeaient jamais plus tard que 19h45 afin de permettre aux fidèles de retourner à la maison avant 20h pour suivre leur seconde religion : le hockey du samedi soir. « J’ai fait mes premiers sacrements

Plus de 130 personnes ont assisté à la dernière célébration eucharistique à se tenir à l’église St-Louis-de-France de Brownsburg-Chatham le 10 mai dernier. (Francis Legault, EAP)

ici. C’était important pour moi d’être là aujourd’hui, ma famille était très impliquée dans cette église, raconte Louise Bisson- nette, pointant un des vitraux où le nom de son père apparaît en tant que donateur. Mon grand-père habitait juste en face : quand on était jeune, on venait à la messe ici les samedis soirs pour ensuite aller chez lui de l’autre côté de la rue. Ce sont de beaux souvenirs de ma jeunesse. » L’ancien maire de Brownsburg-Chatham, Georges Dinelle, est venu lui aussi assister à cette dernière messe même si son église habituelle est plutôt celle de St-Philippe. « C’est de valeur de perdre ça, déplore- t-il. Ça appartient à la communauté. Je me demande si les citoyens et la municipalité sont conscients de la qualité de ses monu- ments? Il faut se préoccuper de ça, ne pas les laisser aller. Je trouve ça triste. Il aurait peut-être fallu poser des gestes avant. » Pour le président du conseil de fabrique, de voir qu’autant de croyants étaient venus

pour cette dernière célébration mettait un peu de baume sur le cœur. « C’était agréable à voir. Au moins, les gens se sont souvenus de l’importance de cette église qui a compté pour beaucoup dans leur vie. Il y a eu des baptêmes, des mariages, des funérailles… Ça leur faisait du bien aux gens d’être tous réunis ce matin dans la foi. » Espoir C’est l’évêque de St-Jérôme-Mont-Laurier, Mgr Raymond Poisson, qui a célébré cette dernière messe. Malgré la tristesse qui pou- vait habiter le cœur de certains paroissiens, ce dernier a tenu à leur livrer un message d’espoir quant à l’avenir. Dans son homélie, Mgr Poisson a dressé un parallèle entre la fermeture de l’église St-Louis-de-France et ce qu’il a vécu lorsqu’il était enfant, quand ses parents ont décidé de quitter la campagne pour s’établir en ville dans le cadre de leurs nouveaux emplois respectifs. « Je n’étais pas très content! Mais je me rappelle de ce que mon père m’a dit : l’impor- tant, ce n’est pas la maison dans laquelle on allait vivre, c’est le fait d’être tous ensemble. En étant ensemble, cette nouvelle maison allait devenir comme celle qu’on allait quitter, a-t-il raconté avant de s’adresser directement aux paroissiens. Vous vous rassemblerez encore, vous vous reconnaîtrez encore. Vous êtes l’Église et ça, c’est la bonne nouvelle. » Il a aussi rappelé que le Québec d’au- jourd’hui n’est pas le même que celui d’il y a cent ans, lorsque l’église de Brownsburg a été construite, mais que la famille des croyants

existait toujours. Après la cérémonie, Mgr Poisson a précisé sa pensée. « Pour moi, personnellement, c’est un appel à me concentrer sur l’essentiel : les gens. C’est comme pour une famille : l’essentiel, ce n’est pas la maison mais les personnes et ce qu’elles vivent entre elles, a-t-il indiqué en entrevue à L’Argenteuil. Ici, on a une église, un bâtiment que la famille avait de besoin. Aujourd’hui, cette famille a besoin davantage des autres croyants pour se rassembler de manière significative. » À partir de la semaine prochaine, toutes les célébrations de la paroisse Ste-Trinité auront lieu à l’église St-Philippe, dans le secteur du même nom. Mgr Poisson estime qu’il s’agit d’une tendance qu’il observe à travers son diocèse : les plus petites églises de villages ferment leurs portes alors que les fidèles se retrouvent plus nombreux dans les plus grands lieux de cultes des secteurs plus peuplés. Et malgré ces fermetures d’églises, il croit que les Québécois, de façon général, sont encore très attachés à certaines traditions catholiques, comme en font foi les foules qui viennent aux messes de Noël ou de Pâques. Il indique avoir également noté une certaine hausse du nombre d’adultes qui choisissent de se faire baptiser. « Ce que je remarque, c’est que jusqu’à présent cette année, j’ai baptisé plus d’une cinquantaine d’adultes et ça, c’est nouveau et pas seulement ici mais dans l’ensemble de l’Occident, dit-il. Que nous réserve l’avenir? Une grande et belle famille! »

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L’évêque de St-Jérôme-Mont-Laurier, Mgr Raymond Poisson, a symboliquement barré la porte principale de l’église au terme de la cérémonie. (Francis Legault, EAP)

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