BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026
tissement et l’amélioration du cli- mat des affaires doivent favoriser l’émergence de nouveaux projets productifs. Une attention particulière est accordée aux PME, confrontées aux difficultés de financement, aux délais de paiement et aux contraintes d’accès aux marchés. Le gouvernement prévoit notam- ment de réserver légalement 30% de la valeur des marchés publics aux PME marocaines. Pour Mohamed Boiti, le sou- tien aux très petites, petites et moyennes entreprises doit préci- sément devenir un instrument de création d’emplois, au-delà des seuls mécanismes d’accompa- gnement. Il préconise de « privi- légier les leviers qui créent de l'activité là où vivent les jeunes : une commande publique réelle- ment ouverte aux TPME, mesu- rée et publiée chaque année; des délais de paiement respectés; et une fiscalité qui cesse de pénali- ser les plus petites entreprises». L’économiste insiste également sur une dimension souvent relé- guée au second plan dans les politiques d’insertion : l’emploi féminin. Il appelle ainsi à ne pas oublier «l'emploi des femmes, dont le chômage reste près de deux fois supérieur à celui des hommes». La restructuration des établis- sements et entreprises publics devrait, parallèlement, améliorer la complémentarité entre investis- sements publics et privés. L’objectif est de transformer les montants investis en capacités productives, en emplois durables et en valeur ajoutée nationale. Au final, le PLF 2027 et le pro- gramme gouvernemental 2027- 2031 dessinent une feuille de route ambitieuse, mais exigeante sur les plans financier et opéra- tionnel. Le maintien des équilibres macroéconomiques imposera des arbitrages rigoureux, tandis que l’efficacité de l’action publique dépendra de la coordination des réformes et de leur exécution. La véritable mesure de cette transformation résidera, in fine, dans sa traduction concrète en emplois, pouvoir d’achat, réduc- tion des disparités et amélioration des services publics. ◆
Le nouveau gouvernement fait le pari d’un développement intégré, conjuguant investissements structurants, souveraineté économique, création d’emplois et réduction des disparités sociales et territoriales.
économique et d’insertion pro- fessionnelle. Par ailleurs, la sou- veraineté hydrique, énergétique, alimentaire et numérique consti- tue un autre pilier du programme gouvernemental. Face au changement climatique, la sécurisation de l’eau apparaît prioritaire. Le gouvernement pré- voit d’accélérer le dessalement de l’eau de mer, avec un objectif de mobilisation de 1,8 milliard de mètres cubes à l’horizon 2031, parallèlement aux projets de transfert entre bassins. Dans l’énergie, le développement des renouvelables, de l’hydro- gène vert et des infrastructures gazières vise à diversifier les approvisionnements et à soutenir de nouvelles filières industrielles. Ces ambitions supposent néan- moins des investissements considérables, dont la rentabilité dépendra notamment de l’évolu- tion des marchés internationaux. La souveraineté numérique, à tra- vers les infrastructures, la cyber- sécurité, la maîtrise des données et l’intelligence artificielle, com- plète cette stratégie de résilience économique. Investissement privé Le renforcement de l’investisse- ment privé constitue une condi- tion majeure de la transformation économique envisagée. La Charte de l’investissement, la réforme des Centres régionaux d’inves-
créé qu'environ 94.000 emplois nets en quatre ans», fait-il savoir. Par ailleurs, Boiti pointe l’absence d’une cible explicite en matière de créations nettes d’emplois, qui constitue une faiblesse du pro- gramme. Selon lui, «le programme ne fixe aucun objectif d'emplois nets. Après la promesse non tenue du million d'emplois, la prudence se comprend, mais elle prive le débat de sa mesure principale». Mais l’amélioration de l’employa- bilité passe également par une réforme de l’éducation. L’Exécutif vise une maîtrise des compé- tences fondamentales par au moins 80% des élèves en 2031 et affiche l’ambition de parvenir à « zéro décrochage scolaire» dès 2030. Développement territorial La réduction des disparités terri- toriales occupe une place centrale dans les nouvelles orientations. Une enveloppe de 25 milliards de dirhams est annoncée pour les programmes de développement territorial intégré, tandis que les transferts financiers aux régions devraient atteindre au moins 12 milliards de dirhams dès 2027. Au-delà des financements, l’en- jeu porte sur la gouvernance. La refonte des compétences régio- nales, l’application de la Charte de déconcentration adminis- trative et la généralisation des contrats-programmes entre l’Etat et les régions visent, à ce titre, à renforcer l’efficacité de l’action publique. Pour Oussama Attahir, docteur en économie appliquée, «l’articulation entre décentralisa- tion et déconcentration constitue
un facteur important de cohé- rence et d’efficacité de l’action publique territoriale» . L’objectif est de faire évoluer les régions d’un rôle principalement administratif vers une capacité accrue de conception, de déci- sion et de mise en œuvre des politiques de développement. Mais cette évolution suppose une cohérence entre les compétences transférées, les ressources finan- cières disponibles et les capa- cités humaines et techniques des collectivités territoriales. «La montée en compétences des administrations territoriales et le renforcement des Agences régio- nales d’exécution des projets (AREP) sont déterminants pour transformer les crédits alloués en réalisations durables» , souligne Oussama Attahir. La territorialisation des politiques publiques implique également une meilleure prise en compte de la diversité des économies régio- nales. Les besoins d’une région indus- trielle et fortement urbanisée ne sont pas nécessairement ceux d’un territoire rural confronté à la rareté de l’eau, à l’enclavement ou à la faiblesse de son tissu entre- preneurial. La dimension territoriale rejoint également la problématique de l’emploi. Parmi les leviers pré- conisés par Mohamed Boiti, figurent notamment «des contrats Etat-régions assortis d'objectifs d'emploi chiffrés» . Une orientation qui permettrait de mieux articuler les moyens mobilisés au niveau régional avec les résultats atten- dus en matière de développement
L’aide sociale directe devrait évoluer vers un ciblage fondé sur les revenus réels, avec un relèvement progressif de 500 à 1.000 DH à la fin de la législature.
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