BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026
d’Afrique des nations et la perspec- tive du Mondial 2030 ont contribué à asseoir sa réputation d’homme de résultats. Mais la réussite sportive et la per- formance économique obéissent à des logiques différentes. Un stade livré dans les délais constitue une réussite opérationnelle. Encore faut-il que les investissements qui l’accompagnent génèrent des retombées durables, stimulent les territoires et ne compromettent pas le financement d’autres priorités nationales. Cette double responsabilité, finan- cière et sportive, appelle donc une vigilance particulière quant à la transparence des arbitrages, à la hiérarchisation des dépenses et à l’évaluation des retombées écono- miques et sociales. Non qu’il faille opposer les grands événements sportifs aux besoins de la population. Bien conçus, ils peuvent devenir de puissants accé- lérateurs de développement. Mais leur réussite ne saurait se résumer à la qualité des infrastructures. Le véritable bilan du Mondial 2030 se dressera aussi dans les années qui suivront, lorsque l’on pourra mesurer ce que ces investisse- ments auront durablement apporté à l’économie nationale.
Et c’est sans doute là que se joue- ra l’essentiel de son mandat. Le Maroc ne pourra répondre durable- ment à ses besoins sociaux par la seule redistribution budgétaire. Il lui faudra accélérer la création de valeur, renforcer la compétitivité de son tissu productif, encourager l’investissement privé et améliorer la capacité de son économie à générer des emplois, notamment pour les jeunes. La politique budgétaire devra accompagner cette dynamique sans se substituer à elle. Car l’Etat, aussi volontariste soit-il, ne peut durablement porter seul l’ensemble des ambitions économiques et sociales du pays. Le premier test interviendra rapi- dement avec le projet de Loi de Finances 2027. Même si celui-ci aura été largement préparé sous l’ancien exécutif, sa présentation et sa mise en œuvre constitueront un premier indicateur des orientations du nouveau gouvernement. Les choix opérés en matière d’in- vestissement, de soutien aux entre- prises, de dépenses sociales et de maîtrise des équilibres financiers permettront d’apprécier la place réellement accordée à la perfor- mance publique. Au-delà de ce rendez-vous bud- gétaire, c’est cependant la capa- cité de Fouzi Lekjaa à transformer sa culture du résultat en actions concrètes et en avancées écono- miques et sociales mesurables qui sera déterminante. L’homme a démontré qu’il savait gérer des enveloppes financières importantes, conduire des dossiers complexes et évoluer au cœur des institutions. Son parcours témoigne d’une remarquable longévité dans les sphères de décision. Mais cette longévité, tout comme ses succès dans le football, ne sau- rait constituer une garantie auto- matique de réussite économique. D’autant que les attentes placées en lui seront désormais proportion- nelles à l’étendue de ses respon- sabilités. Fouzi Lekjaa a longtemps été l’homme qui comptait les mil- liards. Il lui appartient désormais de démontrer ce que ces mil- liards peuvent changer la vie des Marocains. ◆
Fouzi Lekjaa, ministre de l’Economie, des Finances et de la Performance publique
De la rigueur budgétaire au leadership économique
En d’autres termes, Fouzi Lekjaa ne pourra pas attribuer à ses pré- décesseurs les insuffisances d’une politique budgétaire à laquelle il a lui-même largement contribué. Sa nouvelle responsabilité l’oblige désormais à dépasser la logique de l’exécution pour entrer pleine- ment dans celle de la conception et de l’évaluation des choix écono- miques. L’ajout de la performance publique à son portefeuille donne, à cet égard, une portée particu- lière à sa nomination. Car au-delà de cette expression administrative, se pose une question qui devrait désormais guider l’ensemble de l’action gouvernementale : que produit réellement chaque Dirham dépensé par l’Etat ? Le Maroc a multiplié, ces dernières années, les stratégies sectorielles, les programmes d’investissement et les réformes structurelles. Les moyens financiers engagés sont
considérables. Mais l’efficacité doit s’apprécier à travers la qualité des services rendus, les emplois créés, les disparités réduites et les amé- liorations concrètes apportées aux conditions de vie des citoyens. Bref, l’Etat doit prouver qu’il dépense utilement. Cette exigence sera d’autant plus forte que le Maroc entre dans une phase d’investissements massifs liés à ses ambitions sportives et infrastructurelles. Et sur ce terrain, Fouzi Lekjaa occupe une position pour le moins particulière. Président de la Fédération royale marocaine de football, figure influente des instances footballis- tiques internationales, il a joué un rôle majeur dans la montée en puissance du football national et dans la préparation des grandes échéances sportives. L’épopée des Lions de l’Atlas au Mondial 2022, l’organisation de la Coupe
Fouzi Lekjaa devra également démontrer sa capacité à évoluer dans un registre plus politique. Jusqu’ici, son autorité reposait lar- gement sur sa maîtrise technique des dossiers budgétaires et sa connaissance des circuits de déci- sion. A la tête de l’Economie et des Finances, il devra désormais défendre une vision globale, convaincre les partenaires sociaux, dialoguer avec les entreprises, accompagner les réformes et assu- mer publiquement les arbitrages de l’exécutif.
Les choix opérés en matière d’investissement, de soutien aux entreprises, de dépenses sociales et de maîtrise des équilibres financiers permettront d’apprécier la place réellement accordée à la performance publique.
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