ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026
manque de soutien à la maison, le faible niveau d’instruction et les interdictions imposées par leur conjoint» , souligne-t-elle. Ces facteurs peuvent se cumuler et réduire considérablement la marge de manœuvre des femmes. À ces difficultés s’ajoute la question de la qualité des emplois dispo- nibles. Obtenir un poste ne garantit pas nécessairement une stabilité financière, particulièrement lorsque les rémunérations sont faibles, que les horaires sont contraignants ou que les conditions de travail ne permettent pas de concilier activité professionnelle et responsabilités familiales. Pour les femmes les plus fragilisées, le défi consiste ainsi autant à accéder à un emploi qu’à pouvoir le conserver. Au-delà des difficultés d’accès à l’emploi, de nombreuses femmes doivent également composer avec des conditions de travail précaires, notamment lorsqu’elles exercent une activité sans contrat de travail. Dans certains secteurs, l’absence de formalisation de la relation pro- fessionnelle expose les salariées à une forte insécurité : revenus irréguliers, difficultés à faire valoir leurs droits en cas de conflit avec l’employeur et absence de garan- ties sociales suffisantes. Selon l’enquête nationale du HCP sur le secteur informel publiée en 2025 et portant sur l’année 2023, 60% des salariés travaillant dans les unités de production informelles ne disposaient d’aucun contrat. À l’échelle nationale, l’emploi dans le secteur informel représentait 33,1% de l’emploi non agricole en 2023. Ces chiffres concernent l’ensemble des travailleurs et ne sont pas spécifiques aux femmes, mais ils illustrent l’ampleur du phé- nomène. Mères célibataires : travailler sans solution de garde Les difficultés sont particulière- ment marquées pour les mères célibataires, qui doivent souvent assumer seules les dépenses du foyer et la prise en charge de leurs enfants. En l’absence d’un réseau familial sur lequel s’appuyer, la recherche d’un emploi peut deve- nir un véritable parcours d’obs- tacles. La question de la garde des enfants se pose dès les premières
De nombreuses femmes doivent composer avec des conditions de travail précaires.
Femmes et emploi Le difficile chemin vers l’autonomie économique L Entre contraintes familiales, discriminations sociales et manque de formations adaptées, l’accès à un emploi stable demeure un défi pour de nombreuses Marocaines. Si les dernières données du haut-commissariat au Plan (HCP) font état d’un recul du chômage au deuxième trimestre de 2026, les femmes restent davantage exposées que les hommes. Par Y . Sa. Un accès au marché du travail encore limité L’un des premiers constats concerne la faible participation des femmes à la vie économique. Au deuxième trimestre de 2026, le taux de participation à la main- d’œuvre féminine s’élevait à seule- ment 18,1%, contre 66,5% pour les hommes.
e chômage féminin demeure l’un des défis majeurs du marché du travail au Maroc. Derrière les statis- tiques se dessine une réalité faite d’obstacles multiples, qui ne se limitent pas à la disponibilité des postes ou au niveau de qualifica- tion des candidates. Pour de nom- breuses femmes, particulièrement celles issues de milieux défavo- risés, l’accès à l’emploi dépend également de leur situation fami- liale, de leur niveau d’instruction, de leur autonomie financière et de leur capacité à concilier respon- sabilités domestiques et activité professionnelle. Les dernières données du HCP illustrent l’ampleur de ces difficul- tés. Selon la nouvelle enquête sur la main-d’œuvre, le taux de chômage au sens strict s’est établi à 9,5% au niveau national au deuxième trimestre de 2026, contre 10,8% au trimestre précédent. Cette amé-
lioration globale ne s’est toutefois pas traduite par une disparition des inégalités entre les sexes. Le taux de chômage féminin atteignait encore 14,8%, contre 8,1% chez les hommes, soit un écart de 6,7 points. Au cours de cette même période, le taux de chômage des femmes a néanmoins reculé de 1,3 point, selon le HCP. D’autres indicateurs permettent de mieux comprendre les difficultés rencon- trées par les femmes. Au deuxième trimestre 2026, le taux composite de sous-utilisation de la main- d’œuvre, qui englobe le chômage, le sous-emploi lié à la durée du tra- vail et la main-d’œuvre potentielle, atteignait 26,7% chez les femmes, contre 16,6% chez les hommes. Cet indicateur met en évidence des besoins en travail qui ne sont pas entièrement satisfaits et des situa- tions de fragilité qui échappent à la seule mesure du chômage.
Cette situation ne peut être expli- quée par un facteur unique. Si le manque d’opportunités profes- sionnelles constitue un obstacle, les contraintes sociales et fami- liales peuvent également limiter les possibilités de recherche d’emploi, voire conduire certaines femmes à renoncer à exercer une activité rémunérée. Pour Meriem Othmani, présidente- fondatrice de l’Association INSAF, les difficultés commencent parfois au sein même du foyer. «Les prin- cipaux obstacles sont souvent le
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