FNH N° 1251

POLITIQUE

FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026

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Sahara marocain à l’ONU «Il n’y a aucun doute sur le fait que la résolution passe»

Les États-Unis ne souhaitent pas que la mission se poursuive, ou voudraient en limiter singulière- ment la portée. On évoque même une reconduction non pas pour un an, mais pour six mois. F. N. H. : Quels sont les véritables enjeux du vote du 31 octobre, ce qu’il chan- gera concrètement pour le processus de négociation, et peut-on parler d’un vote définitif ? E. D. : Non, il ne sera pas défini- tif. Le secrétaire général sortant, Antonio Guterres, y voit un peu son testament politique. Il aurait intérêt à partir avec une réussite diplomatique, à savoir la résolution de ce conflit. Ce serait une façon de valoriser un mandat qui n’a pas été marqué par des succès diplomatiques, avec la crise ukrai- nienne, la guerre en Iran, la guerre du pétrole et la guerre des détroits, entre Bab-el-Mandeb et Ormuz. Il y a quelques jours, Antonio Guterres a dit qu’il fallait mettre en application les éléments indicatifs de la résolution 2797 : reprise des tables-rondes, implication de l’Al- gérie, position unanime en faveur d’un dialogue politique. Il n’a pas cité l’autodétermination, mais a évoqué une forme de concer- tation, de prise en compte des Sahraouis, sans être plus explicite. Il reste donc dans le flou. La position de la Mauritanie doit aussi être regardée avec atten- tion. Le président Ghazouani a rencontré Staffan de Mistura il y a quelques jours. Espérons que Nouakchott ne s’inscrive pas dans un nouveau rapport de force avec le Maroc. Espérons aussi que la position américaine, à quelques jours du 3 novembre, ne soit pas évanescente parce que les intérêts de Washington seront ailleurs. La première conséquence est la reprise du dialogue politique, ou plutôt la confortation d’un nouveau cadre de dialogue. À un moment ou à un autre, il faut dialoguer, y compris avec ceux qui, pour l’ins- tant, ne le veulent pas. Il y a une différence entre le principe et la réalité, une trajectoire divergente. Mais si l’on veut un dialogue réa- liste, crédible, sérieux, il faut en donner les moyens. C’est ce que

Résolution 2797, MINURSO réduite à six mois, Washington moins audible, Paris en retrait : à l’approche du vote du Conseil de sécurité, attendu autour du 31 octobre, le rapport de force est-il toujours favorable au Maroc ? Emmanuel Dupuy, politologue spécialiste des questions internationales et président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), tranche : oui, avec 11 à 12 voix attendues, mais la Russie et le flou américain restent des points de vigilance. Entretien.

Propos recueillis par L Ch

tini et, tout récemment, le Pérou. C’est une réussite qui s’inscrit dans l’évolution continue depuis la proposition d’autonomie pré- sentée par le Maroc en avril 2007, avec le soutien de la France, faut- il le rappeler. Le contexte a néanmoins évo- lué à la marge. Les États-Unis ont apporté un soutien plein et entier, mais leurs déclarations sont peut-être moins affirmées qu’on aurait pu le souhaiter. Côté français, la position est elle aussi un peu moins affirmée depuis le voyage du président Macron en novembre 2025, qui faisait suite à sa déclaration de juillet 2025 à l’occasion de la fête du Trône. Les positions de la Chine et de la Russie ont également bougé. En s’abstenant, elles ont marqué une différence d’approche par rapport aux résolutions précé- dentes (2602 en 2021, 2654, 2703

en 2023…). Le Roi a d’ailleurs conforté cette évolution positive en rappelant que l’amitié envers le Maroc se définit désormais à l’aune du positionnement des pays sur la question du Sahara. F. N. H. : La Chine et la Russie se sont abstenues : est-ce une bonne chose ? E. D. : C’est une évolution posi- tive. On n’en est pas encore à une convergence, puisque ces deux pays sont en confrontation, ou du moins en compétition, avec des pays qui soutiennent la position marocaine. Mais il y aura peut-être une bonne surprise : on évoque un possible changement de la position chinoise, qui pourrait ne pas s’abstenir lors de la prochaine résolution, laquelle concerne l’ave- nir du Sahara marocain mais aussi la poursuite de la MINURSO. C’est un jeu à plusieurs bandes.

Finances News Hebdo : Très active de longue date à l’ONU, la diplomatie maro- caine a encore accéléré ces derniers mois. Comment lisez-vous cette séquence ? Emmanuel Dupuy : Il y a un avant et un après le 31 octobre 2025. La résolution 2797 est en rupture avec les précédentes, parce qu’elle va beaucoup plus loin. Elle conforte la position marocaine, et elle est solidifiée par le ralliement de plus de 125 pays à la proposition d’autono- mie, avec une consolidation par- ticulièrement marquée dans le Sud global. Cela confirme l’effort considérable fait en direction de l’Amérique latine, du continent africain et, dans une moindre mesure, de l’Asie. Parmi les der- niers pays à avoir rejoint la posi- tion marocaine, on peut citer le Paraguay, le Guatemala, l’Eswa-

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