TRIBUNE LIBRE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026
le gouvernement précédent a affirmé que la part des PME avait atteint environ 35%. La Confédération conteste ce chiffre. En septembre 2026 encore, elle réclamait aux partis l'application effective… du quota de 20%. Que l'État et les premiers intéressés ne s'accordent même pas sur le point de départ en dit long. Le problème n'est pas le taux; c'est l'absence de mesure publique et vérifiable. Avant de légiférer sur 30%, il fau- drait publier chaque année, donneur d'ordre par donneur d'ordre, la part réellement attri- buée et réellement payée aux PME. C'est précisément la mission de l'Observatoire de la commande publique annoncé il y a plus d'un an. Le PLF 2027 promet, de son côté, d'accélérer la réforme du décret sur les marchés publics : le seuil des presta- tions par bons de commande passerait de 500.000 à 800.000 dirhams, et celui de l'appel d'offres simplifié de 1 à 1,5 million. Ces assouplissements sont utiles, mais ils ne règlent pas la question de la mesure. 2. La fiscalité et la trésorerie des TPME, angle mort du programme. Le texte ne dit pas un mot de l'impôt sur les sociétés des petites entreprises. Or, la réforme engagée par la Loi de Finances 2023 a fait converger le taux applicable aux plus petits bénéfices de 10% vers 20%, soit le taux des sociétés dont le bénéfice atteint jusqu'à 100 millions de dirhams. Les TPME y voient une injus- tice. À taux égal avec des entreprises cent fois plus grandes, elles subissent en plus des délais de paiement qui asphyxient leur trésorerie, notamment auprès des collec- tivités territoriales et des grands donneurs d'ordre privés, et un recouvrement fiscal qui ne tient aucun compte de ces retards. La Confédération demande le retour au taux de 10% et avance le chiffre de près de 150.000 entreprises disparues entre 2022 et 2025, dont 99% de TPE, chiffre qu'elle seule publie à ce stade. On peut discuter le niveau du taux. On ne peut pas ignorer l'incohérence d'une poli- tique qui veut faire des TPME le moteur de l'emploi des jeunes tout en alourdissant leur charge fiscale et en tolérant qu'elles financent, par les retards de paiement, la trésorerie de leurs clients. Les allègements fiscaux en faveur des TPME sont-ils encore d'actualité ? Le rapport qui accompagne le PLF ne les annonce pas. Il entend «consa- crer la stabilité du système fiscal» après l'achèvement des grandes réformes, et ses principales mesures fiscales visent à trans- poser les garanties accordées à la FIFA pour le Mondial 2030, ainsi qu'à «adapter et finaliser» les règles existantes. Le texte
Le Maroc ambitionne une croissance moyenne de 5% entre 2027 et 2031, alors que les prévisions officielles tablent sur 4,1% à 4,2% jusqu'en 2029.
détaillé dira si les TPME ont été entendues. À ce stade, rien ne l'indique.
cements, travail à temps partiel encadré) relèvent autant de la politique sociale que de la politique de l'emploi. Le programme évoque l'autonomisation économique des femmes, mais dans son axe consacré à l'État de droit, sans lien avec le programme jeunesse et sans objectif chiffré. III. Financer sans disperser : le pari des 5% Mettons les deux colonnes face à face. Côté engagements, il y a le doublement de l'aide sociale directe et la pension minimale portée à 3.000 DH par mois. S'y ajoutent la pension de réversion des veuves portée de 50% à 100%, la prise en charge automa- tique des factures d'électricité inférieures à 100 DH et 100.000 logements ruraux aidés à hauteur de 40.000 DH. Il faut compter aussi le fonds de 2 milliards de dirhams pour l'officialisation de l'amazighe et des trans- ferts aux régions d'au moins 12 milliards par an dès 2027. Vient enfin la nouvelle génération de programmes territoriaux, que la circulaire d'août évaluait à quelque 210 milliards de dirhams sur huit ans. Et rien de cela n'inclut les chantiers d'infrastructure du Mondial 2030, le dessalement (1,8 mil- liard de mètres cubes visés en 2031) ni la
3. Des contrats État-régions assortis de cibles d'emploi. Le programme veut géné- raliser les contrats-programmes entre l'État et les régions, liés à des objectifs explicites d'emploi, d'investissement et de réduction des disparités. C'est la bonne échelle : l'insertion des jeunes est un problème de bassin d'emploi, pas de guichet national. Encore faut-il que ces objectifs soient chif- frés, publiés, et qu'une partie des transferts en dépende. 4. L'emploi des femmes, priorité qui ne dit pas son nom. Avec un chômage fémi- nin près de deux fois supérieur à celui des hommes et un taux d'activité des femmes qui plafonne autour de 19%, une large part des jeunes hors emploi sont des jeunes femmes qui ne cherchent plus, ou pas encore, de travail. Les réponses (garde d'enfants, transport, sécurité des dépla-
L'insertion des jeunes est un problème de bassin d'emploi, pas de guichet national.
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