FNH N° 1251

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026

un repère. Le 19 mai 2026, le Royaume a levé 2,25 milliards d’euros en deux tranches : 1,25 milliard sur huit ans, au rendement de 4,842%, et un milliard sur douze ans, à 5,289%. Les primes ressortaient respec- tivement à 170 et 200 points de base. Avec 5,2 milliards d’euros d’ordres, l’émission avait trouvé une demande supérieure au montant recherché. Ces conditions ne préjugent toutefois pas de celles d’une prochaine levée. Il faudrait disposer des rendements actuels des obligations marocaines, sur des matu- rités comparables, pour chiffrer le surcoût éventuel. L’enjeu budgétaire est, lui, facile à mesurer puisqu’à titre d’illustration, un demi- point supplémentaire sur un emprunt de deux milliards d’euros émis au pair repré- sente dix millions d’euros d’intérêts annuels en plus. Sur dix ans, sans amortis- sement intermédiaire, l’écart atteint cent millions d’euros. Le Trésor dispose d’une lati- tude sur le calendrier, car la programmation budgétaire encadre les ressources à mobiliser à l’extérieur, mais elle ne fixe pas à elle seule la date d’un placement obli- gataire. Elle couvre égale- ment des financements bila- téraux et multilatéraux, dont les modalités diffèrent de celles du marché. Une enve- loppe d’emprunts extérieurs inscrite au budget ne cor- respond donc pas intégrale- ment à une sortie auprès des investisseurs internationaux. Les émissions de mars 2023 et mars 2025 ne constituent pas davantage un calen- drier permanent. Le Maroc a aussi sollicité les mar- chés en novembre 2019, en décembre 2020 et en mai 2026. La disponibilité des financements, les échéances à rembourser et les condi- tions proposées déterminent le moment de l’opération.

 La remontée des rendements américains et européens durcit les conditions d’une prochaine émission du Trésor.

Emprunt international Les conditions se durcissent pour le Maroc

e Maroc retrouvera-t-il, lors de sa prochaine sortie inter- nationale, des conditions de financement acceptables ? Avec des rendements sou- verains élevés aux États- Unis comme en Europe, la facture risque de s’alourdir. Le Trésor devra composer avec un marché où les inves- tisseurs peuvent obtenir une rémunération substantielle sur les grandes signatures, avant même d’examiner les L La remontée des taux mondiaux complique les conditions d’une prochaine levée du Royaume. Le Trésor conserve le choix du calendrier, mais l’attente nourrit aussi les anticipations d’un recours plus marqué au marché intérieur. Par Y . Seddik

obligations des pays émer- gents. À la fin de la semaine du 12 octobre, le rendement américain à dix ans évoluait autour de 5,12%, contre environ 3,45% pour le Bund allemand de même matu- rité. Les dernières séances avaient certes apporté une détente, mais les niveaux restaient élevés. Pour les emprunteurs, cette volatilité rend aussi le choix du jour de lancement plus sensible : les conditions peuvent changer sensiblement entre la préparation d’une opéra- tion et son exécution. La qualité de la signature

marocaine compte dans cette négociation, sans suf- fire à protéger le Royaume d’une hausse générale des coûts. Le rendement d’une émission se construit à partir d’un taux de référence, dans la devise et sur la durée choisies, auquel s’ajoute la prime demandée par les investisseurs pour prêter au Maroc. Même une réduc- tion de cette prime peut être absorbée par la remontée du taux de référence. Le pays peut donc conserver la confiance des marchés et payer davantage pour emprunter. La dernière opération fournit

Les investisseurs intègrent l’arbitrage entre financement intérieur et levées internationales dans leurs anticipations de taux domestiques.

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