BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 OCTOBRE 2026
Programme gouvernemental 2027-2031
Le volontarisme social à l’épreuve de la rigueur budgétaire
ajoutée. Parallèlement, l’Exécutif entend maintenir l’inflation autour de 2%, contenir le déficit budgé- taire à 3% du PIB et ramener la dette publique vers 62% du PIB à l’horizon 2031. La difficulté réside dans la conci- liation de ces objectifs avec le financement des engagements sociaux et des investissements structurants. L’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration de l’efficacité des dépenses et la contribution accrue des entre- prises publiques figurent parmi les leviers envisagés. Le Projet de Loi de Finances 2027 et le programme gouvernemental 2027-2031 ouvrent une nouvelle étape dans la transformation économique et sociale du Maroc. Avec une croissance annuelle ciblée à 5%, l’Exécutif entend concilier rigueur budgétaire, consolidation de l’Etat social et dynamisation de l’investissement privé. Par D. William L
e Maroc aborde une nouvelle phase économique et politique avec des ambitions élevées et des contraintes persistantes. Les orientations du Projet de Loi de Finances (PLF) 2027, examinées lors du Conseil des ministres du 17 octobre présidé par le Roi Mohammed VI, et le programme gouvernemental présenté le 19 octobre devant le Parlement par la cheffe de gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri, traduisent une volonté d’accélérer la trans- formation du modèle économique national. Issue des législatives du 23 sep- tembre 2026, la nouvelle majo- rité, réunissant le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS, entend conju- guer continuité des grands chan- tiers structurants et nouvelles priorités sociales. Ainsi, elle ambi- tionne de porter la croissance à 5% en moyenne annuelle entre 2027 et 2031, après une progres- sion attendue de 4,7% en 2026. Cette trajectoire suppose de réduire la dépendance aux aléas climatiques, diversifier davantage l’appareil productif et de déve- lopper des activités à forte valeur
disposera réellement l’Exécutif. «Financer à la fois l'Etat social, les territoires et les chantiers du Mondial, tout en baissant l'impôt sur le revenu et en tenant 3% de déficit, suppose une accélération que rien ne garantit encore. Si elle ne vient pas, ce sont les dépenses d’investissement qui risquent d’être sacrifiées les premières », prévient l’économiste. C’est dire que la soutenabilité de cette trajectoire dépendra surtout de la qualité des arbitrages bud- gétaires et du rendement écono- mique et social des ressources mobilisées. Dans ce contexte, le risque ne réside pas uniquement dans l’insuffisance éventuelle des res- sources, mais également dans leur dispersion entre les nombreuses priorités. Mohamed Boiti plaide ainsi pour une discipline renforcée dans la conduite des politiques publiques. « Le risque de disper- sion est réel, et les textes offi- ciels le reconnaissent eux-mêmes. La réponse tient en trois mots : prioriser, conditionner, mesurer. Une programmation chiffrée des engagements sociaux, des trans-
ferts aux régions liés à leur exé- cution effective et des indicateurs de performance publiés chaque année» , suggère-t-il. Pouvoir d’achat La protection du pouvoir d’achat constitue l’un des engagements les plus visibles du nouveau gou- vernement. L’approche annoncée entend dépasser les mécanismes traditionnels de soutien aux reve- nus pour agir également sur les facteurs structurels de formation des prix. La modernisation des cir- cuits de distribution, la réforme de la commercialisation des viandes et des poissons ainsi que la lutte contre les pratiques spéculatives doivent contribuer à réduire les inefficiences qui renchérissent les produits. Mohamed Boiti considère que la réforme des mécanismes de for- mation des prix offre des pers- pectives structurelles. «Le levier le plus prometteur est ailleurs : la réforme des marchés et des prix, que le gouvernement range, à juste titre, dans la lutte contre la rente. Réduire les marges cap- tées par les intermédiaires rend
Pour Mohamed Boiti, docteur ès sciences de gestion, la réalisa- tion simultanée de ces objectifs repose sur une hypothèse de croissance particulièrement exi- geante. « Toute l'équation repose sur la croissance. Le programme gouvernemental vise 5% par an en moyenne d'ici 2031, alors que le cadrage du ministère des Finances retient 4,1% en 2027 et 4,2% en 2028 et 2029», relève- t-il. Cet écart entre les ambi- tions affichées et les prévisions budgétaires soulève la question des marges de manœuvre dont
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