ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026
Médicaments coûteux «Les génériques font baisser les prix des princeps de 38% en moyenne»
après leur mise sur le marché. Ces données sur l’utilisation des produits ou des technologies de santé permettent d’évaluer les performances réelles des médi- caments, d’adapter les politiques de remboursement et de négocier des contrats fondés sur les résul- tats observés chez les patients. Le congrès a également abordé la nécessité d’évoluer vers des modèles innovants d’achat et de paiement. Parmi les pistes applicables au Maroc, figurent les accords de partage des risques entre les payeurs et les laboratoires, le remboursement conditionné aux résultats, les achats centralisés fondés sur la performance thérapeutique et les négociations de prix intégrant les gains de santé attendus. Ces mécanismes sont particulière- ment pertinents pour les médica- ments innovants, les biothérapies et les traitements des maladies rares. En matière de maîtrise des dépenses de santé, l’approche défendue lors du congrès ne repose pas sur une simple réduc- tion des prix, mais sur une optimi- sation de l’efficience globale du système. Concrètement, il s’agit d’investir davantage dans la pré- vention, de favoriser l’accès pré- coce aux traitements efficaces, de réduire les complications évi- tables, de limiter les hospitalisa- tions coûteuses et d’améliorer l’observance thérapeutique. En dernier lieu, l’accélération de la généralisation de la couverture sanitaire universelle nécessite des outils scientifiques permet- tant de hiérarchiser les priori- tés de financement, de garantir l’équité d’accès aux innovations et d’assurer la soutenabilité financière des régimes d’assu- rance maladie. F. N. H. : Lors de ce congrès, vous avez présenté votre étude sur la dynamique des prix publics des médicaments coûteux au Maroc et l’impact des génériques. Quels sont les principaux enseignements de vos travaux et quels fac- teurs expliquent l’évolution de ces prix ? A. B. : Notre étude intitulée
La maîtrise des dépenses de santé repose sur une meilleure évaluation de la valeur thérapeutique des traitements et le développement des médicaments génériques et biosimilaires. Ces enjeux ont été au menu des échanges du XII ème Congrès national et du V ème Congrès africain de pharmacoéconomie et pharmacoépidémiologie. Abdelmadjid Belaïche, expert des marchés pharmaceutiques et en économie des produits de santé, analyse l’évolution des prix des médicaments coûteux au Maroc et le potentiel encore sous-exploité des génériques et des biosimilaires. Entretien.
Propos recueillis par Ibtissam Z.
Finances News Hebdo : Le XII ème Congrès national et Ve Congrès africain de phar- macoéconomie et pharma- coépidémiologie s’est tenu à Rabat autour du thème «Du coût du produit de santé au coût de la maladie, vers un achat fondé sur la valeur». Quels sont les prin- cipaux enseignements de cette édition pour améliorer l’accès aux médicaments et maîtriser les dépenses de santé au Maroc ? : Effectivement, le thème de cette édition marque une évolution importante de la réflexion en éco- nomie de la santé. Il ne s’agit plus seulement de comparer le prix d’un médicament ou d’une technologie de santé, mais d’éva- luer sa capacité à réduire le coût global de la maladie et à améliorer les résultats cliniques pour les patients. Abdelmadjid Belaïche
Il s’agit tout d’abord de pas- ser d’une logique de prix à une logique de valeur. Le principal enseignement de ce congrès est la promotion du concept de Value-Based Healthcare (VBHC), ou «santé fondée sur la valeur». Cette approche considère qu’un produit de santé doit être évalué non seulement selon son coût d’acquisition, mais également au regard de son efficacité clinique réelle, de son impact sur la qua- lité de vie des patients, de sa capacité à éviter les hospitalisa- tions et les complications, ainsi que des économies qu’il peut générer à long terme pour le sys- tème de santé. Un médicament innovant plus coûteux peut ainsi être considéré comme écono- miquement pertinent s’il réduit significativement les dépenses futures liées à la maladie qu’il traite. Le renforcement de l’évalua- tion des technologies de santé
(Health Technology Assessment ou HTA) constitue également un enjeu important. Les travaux de ce congrès ont mis en avant son rôle dans les décisions de rem- boursement et d’achat. Les mas- terclasses organisées dans ce cadre étaient notamment consa- crées à l’évaluation économique, aux données en vie réelle (Real World Evidence) et à l’intelligence artificielle appliquée à l’évalua- tion des interventions de santé. Pour le Maroc, cela implique une utilisation plus systématique des études coût-efficacité, une prio- risation des interventions appor- tant le plus grand bénéfice sani- taire et une meilleure allocation des ressources limitées de l’AMO et des hôpitaux publics. Le développement des données en vie réelle constitue un autre axe majeur. Issues de la pratique courante, elles sont devenues incontournables pour mesurer la valeur effective des traitements
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