Finances News Hebdo 1253

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026

Croissance Pour tenir les 5%, le gouvernement devra faire mieux après 2027 E ​Le PLF 2027 retient une croissance de 3,7%, en deçà des 5% visés en moyenne sur le quinquennat 2027- 2031. L’objectif reste accessible sur le plan arithmétique, mais suppose un rythme supérieur à 5,3% sur les quatre années suivantes. Une accélération que les prévisions disponibles ne dessinent pas encore. Par Y . Seddik

locales. À titre d'exemple, l’exten- sion de Stellantis à Kénitra annon- cée en 2025, pour 1,2 milliard d’eu- ros, prévoit de porter la capacité annuelle du site à 535.000 véhicules, toutes catégories confondues. Le projet s’accompagne d’un objectif d’approvisionnement local de 75% en 2030. L’enjeu est donc double : accroître les volumes exportés et faire bénéficier davantage de fournisseurs marocains de cette production. La montée en capa- cité offre un potentiel de croissance, dont la réalisation dépendra toute- fois des commandes sur les mar- chés automobiles. Or, la conjoncture extérieure peut aussi freiner ces perspectives. La Banque mondiale relève qu’un ralentissement européen pèserait sur les exportations marocaines, le tourisme et les transferts des MRE. Elle cite également les risques associés à des prix pétroliers dura- blement élevés et aux perturba- tions d’approvisionnement. Ces contraintes peuvent renchérir les coûts de production et réduire une partie du bénéfice attendu des investissements. Sur le plan intérieur, l’agriculture continuera de faire varier fortement le résultat annuel. Pour 2027, BAM retient une récolte céréalière de 50 millions de quintaux, après 93 millions en 2026. Cette hypothèse entraînerait une contraction de 7,6% de la valeur ajoutée agricole, alors même que les activités non agricoles accéléreraient à 4%. Le ralentissement global attendu ne traduit donc pas une dégradation de tous les secteurs. Il montre néan- moins combien le résultat agricole peut peser sur la croissance, même lorsque le reste de l’économie pro- gresse plus rapidement. Les grands projets offrent ainsi une visibilité sur l’activité des pro- chaines années, sans garantir à eux seuls une moyenne de 5%. Le FMI souligne d’ailleurs le risque que les investissements d’infrastructure produisent des retombées écono- miques inférieures aux attentes et insiste sur la participation du secteur privé. À mesure que les ouvrages seront livrés, leur exploitation et les activités qu’ils auront permis de développer devront soutenir la croissance au-delà des travaux. ◆

ntre les 5% du programme gouver- nemental et les 3,7% inscrits dans le PLF 2027, les horizons diffèrent, mais l’effort à fournir se précise. Si la prévision budgétaire se réalise, l’économie devra croître d’environ 5,3% par an en moyenne entre 2028 et 2031 pour atteindre l’objectif du mandat. Le gouvernement devra donc obtenir, sur les quatre exer- cices suivants, une croissance sen- siblement plus forte que celle qu’il prévoit pour sa première année. Pour 2027, son hypothèse demeure pourtant assez proche de celles des autres institutions. Elle dépasse les 2,9% prévus par Bank Al-Maghrib en septembre et les 3% retenus par le HCP en juillet, mais reste inférieure aux projections d’octobre de la Banque mondiale, à 4%, et du FMI, à 4,2%. Malgré des écarts liés notamment aux hypothèses agri- coles et aux dates d’élaboration, aucune de ces prévisions n’atteint les 5%. Pour soutenir l’activité, le PLF 2027

prévoit un effort global d’investis- sement public de 400 milliards de dirhams. Les établissements et entreprises publics, y compris le Fonds Mohammed VI pour l’inves- tissement, en mobiliseraient 251 milliards. Le budget général, les comptes spéciaux du Trésor et les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA) représente- raient 124 milliards de dirhams, après neutralisation des transferts internes, et les collectivités territo- riales 25 milliards. Ces programmes couvrent notamment les transports, l’énergie, l’eau potable, les télécom- munications, l’habitat et l’agricul- ture. Cet effort s’inscrit dans un calen- drier de travaux qui dépasse l’exer- cice budgétaire. Avec les prépa- ratifs du Mondial 2030, plusieurs grands chantiers continueront d’ali- menter la demande adressée au BTP, aux matériaux de construc- tion et aux services d’ingénierie pendant les premières années du

mandat. La LGV Kénitra-Marrakech et les trains de proximité figurent parmi les principaux projets du pro- gramme ferroviaire de 96 milliards de dirhams présenté en 2025. En septembre 2026, l’ONCF confirmait l’engagement des principales com- posantes du programme du Grand Casablanca, qui représente 20 mil- liards de dirhams au sein de cette enveloppe. À ces travaux s’ajoutent les exten- sions aéroportuaires, avec l’objectif de porter la capacité d’accueil à 80 millions de passagers à l’hori- zon 2030. Leur intérêt économique dépasse la préparation de la com- pétition : elles doivent aussi per- mettre au transport aérien et au tourisme de poursuivre leur déve- loppement. Le soutien à l’activité peut ainsi se prolonger après la livraison des ouvrages, à travers une fréquentation accrue et de nou- veaux investissements hôteliers, sous réserve que la demande suive. Mais la poursuite des investisse- ments est déjà prise en compte dans les projections économiques. La Banque mondiale anticipe une hausse de l’investissement fixe de 9% en 2027, puis de 7% en 2028, pour une croissance du PIB de 4% et 4,3%. Dans son scénario, cet effort ne suffit donc pas à por- ter l’économie au rythme visé par le gouvernement. Une partie de la demande se traduit en importations d’équipements, tandis que les gains de productivité attendus des infras- tructures se diffusent plus progres- sivement. D’où l’importance de l’investisse- ment industriel et de ses retombées

 Pour soutenir l’activité économique, le PLF 2027 prévoit un effort global d’investissement public de 400 milliards de dirhams.

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