ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026
134 milliards de dirhams pour le rail Quel retour économique sur les investissements de l’ONCF ? À l’horizon 2030, le Maroc engage un vaste programme de transformation de son réseau ferroviaire, avec une enveloppe globale annoncée de 134 milliards de dirhams. Entre création d'emplois, gains de productivité et développement industriel, le véritable défi sera de transformer cet effort financier en valeur ajoutée durable pour l'économie marocaine.
programme de cette envergure ne devrait pas se limiter à mobiliser des entreprises pour la réalisation des travaux, mais devrait égale- ment contribuer au renforcement des capacités productives natio- nales. «Il serait regrettable qu'un pro- gramme d'une telle importance profite essentiellement aux grandes entreprises étrangères, sans contribuer suffisamment au développement des capacités pro- ductives nationales», estime-t-il. L'économiste souligne que les PME marocaines disposent d'un potentiel pour participer à ces projets, mais restent confrontées à des contraintes techniques et financières qui limitent leur accès aux marchés de grande dimen- sion. Les exigences en matière de garanties, de qualifications tech- niques, de capacité de production et de trésorerie peuvent en effet constituer des obstacles impor- tants pour les structures de taille intermédiaire. Pour remédier à ces difficultés, il préconise notamment une adapta- tion des appels d'offres aux capa- cités des entreprises locales, à tra-
L
Par Y . Sa
e développement du réseau ferro- viaire marocain franchit une nou- velle étape. Le 14 octobre dernier, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a annoncé un programme d'inves- tissement global de 134 milliards de dirhams à l'horizon 2030, assor- ti d'un programme complémen- taire. Présentée dans le cadre du deuxième Forum international sur le financement des projets ferro- viaires en Afrique, cette enveloppe traduit les ambitions du Royaume en matière de mobilité, de connec- tivité territoriale et de développe- ment des infrastructures. Parmi les principaux projets annoncés figurent le prolongement de la ligne à grande vitesse (LGV) de Kénitra à Marrakech, le rac- cordement ferroviaire du nouveau port Nador West Med, le dévelop- pement de services de trains de proximité dans les grandes agglo- mérations urbaines ainsi que l'ac- quisition de 168 nouveaux trains. Le programme prévoit également la poursuite de la modernisation du réseau existant, dans un contexte marqué par l'augmentation de la demande de transport et les pré- paratifs de la Coupe du monde 2030. Cette nouvelle annonce s'inscrit dans le prolongement du cycle de développement de l'Office national des chemins de fer (ONCF), dont l'enveloppe initiale avait été fixée à 96 milliards de dirhams. Toutefois, derrière l'ampleur des montants mobilisés, l'enjeu
dépasse la seule réalisation des infrastructures. Il s'agit surtout de déterminer dans quelle mesure ces investissements pourront générer de la croissance, renforcer la com- pétitivité des entreprises natio- nales et produire des bénéfices durables pour les territoires et les citoyens. Pour Mohamed Rahj, économiste et ancien président de l'Université de Settat, les effets économiques d'un programme de cette dimen- sion doivent être appréciés selon deux temporalités. À court terme, les chantiers devraient stimuler l'activité dans plusieurs branches de l'économie, notamment le bâti- ment, les travaux publics, l'indus- trie et les services. Cette dyna- mique pourrait se traduire par la création d'emplois directs et indi- rects, une augmentation des reve- nus et une sollicitation accrue des entreprises intervenant dans les différentes phases de réalisation. La construction des infrastruc- tures ferroviaires mobilise en effet une chaîne de valeur relativement large, allant des travaux de génie civil à la production de matériaux, en passant par les équipements électriques, les systèmes de signa- lisation, l'ingénierie et les presta- tions techniques. Les retombées ne se limitent donc pas aux entre- prises directement chargées de la réalisation des voies ferrées, mais peuvent également bénéficier à différents fournisseurs et pres- tataires. Néanmoins, pour l'économiste,
l'intérêt économique du rail se situe principalement dans la durée. «Un réseau plus performant facilite les déplacements, rapproche les bassins d'emploi des centres d'ac- tivité et améliore les conditions de circulation des personnes et des marchandises» , souligne-t-il. Au-delà des retombées sur la croissance, la question du conte- nu local constitue un autre enjeu majeur. Pour Mohamed Rahj, un
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