POLITIQUE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 NOVEMBRE 2026
Ironie de la séquence : en bloquant le texte américain, Moscou a laissé intacte la résolution 2797.
certitude, et rien ne garantit que Washington, concentré ailleurs, fasse du Conseil de sécurité son instrument. L’Envoyé personnel, Staffan de Mistura, reste en poste, mais sans mission sur le terrain ni mandat renouvelé pour l’adosser. Rabat, de son côté, pourrait deman- der que le territoire soit retiré de la liste des territoires non autonomes de la Quatrième Commission, une étape que Mohamed Badine El Yattioui présente comme une prio- rité. Trois jours ont donc suffi pour défaire une mission de trente-cinq ans. Rabat, qui plaide pour la clô- ture du dossier à New York, tient son calendrier : un départ ordon- né, une résolution 2797 toujours en vigueur et un plan d’autonomie au centre de la discussion. Alger, Moscou et Washington, eux, n’ont rien tranché : ils ont déplacé la scène. Il reste à la MINURSO à rendre les clés. Pour le Maroc, la discussion se poursuit désormais sur ses propres termes. ◆
le dossier de son ordre du jour. Le lendemain, le porte-parole du gouvernement, Samir Belfkih, a commenté ce communiqué en le replaçant à la veille de la première Fête de l’unité, instituée après la résolution 2797. Il y voit une «étape notable vers la clôture définitive du dossier» aux Nations unies et décrit la Minurso comme une mission «héritée d’un contexte dépassé». Il a aussi rappelé que le texte américain avait recueilli onze voix pour et une contre, sur quinze, sans mentionner les trois abstentions. Samedi, sur 2M, le ministre des Affaires étran- gères, Nasser Bourita, a promis une «opération exemplaire, qui n’est pas une opération d’expulsion» , avant de préciser que le départ de la mission «ne signifie pas la fin du cessez-le-feu» , engagement pris par le Maroc depuis 1991. Côté algérien, le ton est celui du regret, avec des griefs précis. Dans un communiqué daté du 31 octobre, le ministère des Affaires étrangères exprime son «profond regret» et impute le résultat au parti pris excessif» d’un projet de résolution qui penchait, selon lui, en faveur du Maroc au détriment du Front Polisario. Alger y dénonce l’adop- tion du plan d’autonomie comme base unique des négociations, qui viderait de sa substance le droit à l’autodétermination, et voit dans la disparition du «R» un signal poli- tique préoccupant. Il réaffirme son attachement à une solution poli- tique «juste, durable et acceptable par les deux parties» . À New York, la langue devient admi- nistrative. Dimanche 1er novembre, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a cité le secrétaire géné- ral, Antonio Guterres, qui salue le rôle de la mission depuis 1991, rend hommage aux vingt membres morts en service et rappelle que la Minurso avait été créée « pour pro- téger et servir le peuple du Sahara» . Le départ de la mission, a-t-il ajouté, «ne remet pas en cause» ces droits. Lundi 2 novembre, le même Dujarric a présenté le plan de liquidation, et l’on a vu ce que trente-cinq ans de diplomatie pèsent en logistique. Rapatriement d’environ 160 obser- vateurs militaires, départ de 180 civils, soit 340 départs au total. Fermeture et rétrocession de 13
sites, cession ou transfert du maté- riel, retrait des systèmes de com- munication, gestion des archives, clôture des contrats sur le terrain. Le tout confié à une équipe réduite rattachée au Département de l’ap- pui opérationnel de l’ONU, pour une fermeture « ordonnée et respec- tueuse de l’environnement» . Il n’est plus question de cessez-le-feu, de rapports au Conseil ni de référen- dum : la plus ancienne mission de maintien de la paix en Afrique se referme par l’inventaire.
ne l’écarte pas : le risque est «réel» , dit-il. Du côté du Polisario, pré- vient-il, «il y aura très certainement une frustration», notamment chez une jeune génération née et gran- die à Tindouf, qui pourrait vouloir remettre en cause le cessez-le-feu de 1991. Il place la zone tampon au centre des prochaines semaines. Selon lui, elle représente 15% du territoire du Sahara marocain, et le Maroc devra montrer qu’elle ne peut servir d’«arrière-cour» pour l’attaquer. Le secrétaire général lui- même se dit préoccupé par la situa- tion sécuritaire et le risque d’esca- lade, et appelle toutes les parties à la « plus grande retenue». Sur le plan politique, le professeur voit une impasse. Les négocia- tions de Madrid et de Washington n’ont pas débouché sur un accord concret, la fin de mandat de Guterres ouvre une période d’in-
Ce que le veto laisse en suspens
Ironie de la séquence : en blo- quant le texte américain, Moscou a laissé intacte la résolution 2797. Pour Mohamed Badine El Yattioui, c’est le paradoxe central. Le texte du 31 octobre 2025 reste «le der- nier texte voté sur ce dossier» et conserve donc son autorité juri- dique sur le processus politique, avec le plan d’autonomie comme base de négociation. La mission, elle, est condamnée : «sans budget, c’est une mission qui est morte» . En bloquant son renouvellement, ajoute-t-il, la Russie a «validé une seconde fois» la résolution qu’elle prétendait contester, sans que l’on sache si elle l’a voulu. Sa lecture est sans détour : le référendum est « inapplicable» faute de recen- sement des populations de Tindouf, et le plan d’autonomie n’est plus seulement une base de discussion, il est «aussi la finalité» . À l’ONU, on parle une autre langue. Le secrétaire général évoque l’au- todétermination, pas le référen- dum, et se garde de dire ce qu’elle recouvre. Emmanuel Dupuy y voyait déjà une ambiguïté constitutive : «la raison d’être du multilatéralisme est de rester ambigu, sans objectif précis». Il mettait aussi en garde contre l’idée que le vote scellerait quoi que ce soit : «non, il ne sera pas définitif» . Antonio Guterres, rap- pelait-il, « y voit un peu son testa- ment politique ». Et surtout, il fixait la condition d’un dialogue qui tienne : «à un moment ou à un autre, il faut dialoguer, y compris avec ceux qui, pour l’instant, ne le veulent pas» . Reste une question, celle de l’après: que devient le terrain sans la mis- sion ? Mohamed Badine El Yattioui
Le Roi Mohammed VI a présidé, mercredi 4 novembre 2026 au palais royal de Rabat, une séance de travail consacrée aux suites de la non-reconduction du mandat de la Minurso par le Conseil de sécurité de l’ONU, lors de sa réunion tenue le 30 octobre 2026. Le Souverain a rappelé les priorités fixées dans le communiqué royal du 30 octobre, à savoir la préservation de l’intégrité territoriale du Royaume, de sa sécurité nationale et de la tranquillité de ses citoyens, en particulier dans les provinces du Sud. Il a demandé aux responsables concernés de veiller, chacun dans son domaine de compétences, à la mise en œuvre de ces priorités, à la consolidation du consensus national et à la poursuite des projets structurants dans les provinces du Sud. Il a également appelé à suivre l’évolution du dossier à tous les niveaux, conformément à la position officielle du Royaume. Le Maroc a réaffirmé son attachement au cessez-le-feu au-delà de la fin du mandat de la Minurso. Le cabinet royal estime que la mission n’a pas été en mesure, à plusieurs reprises, d’en surveiller le respect ni d’établir les conséquences de ses violations. Il considère égale- ment que le contexte dans lequel la mission a été créée et les fonctions qui lui avaient été confiées à l’origine ont été dépassés par l’évolution du dossier et des positions internatio- nales. Le Roi a chargé le Bureau de coordination avec la Minurso, qui relève du ministère de l’Intérieur, de faciliter les opérations de liquidation et de retrait de la mission. Le Bureau devra accompagner les démarches nécessaires et veiller à leur bon déroulement, en coopé- ration avec les Nations unies. Le Souverain a enfin rappelé l’attachement du Maroc à ses engagements internationaux et au maintien de la paix, dans le respect de sa souveraineté. Le communiqué souligne la dynamique diplomatique dont bénéficie le Royaume, citant la reconnaissance par plusieurs pays amis et frères de la souveraineté marocaine sur le Sahara et leur soutien à l’autonomie comme seule solution politique au différend régional. Ont pris part à cette séance Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement, Fouad Ali El Himma, conseiller du Roi, Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, ainsi que le géné- ral de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales et commandant la Zone Sud. Le Roi Mohammed VI préside une séance de travail sur l’après-mandat Minurso
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