Finances News Hebdo 1237

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 4 JUIN 2026

internationale» , a-t-il insisté. Pour Idrissi Kaïtouni, les ques- tions examinées durant le sym- posium outrepassent leur dimen- sion technique. Derrière les débats sur les transactions trans- frontalières, les prix de transfert ou les conventions fiscales inter- nationales, il y a en réalité la capacité des États à préserver leur assiette fiscale, à sécuriser leurs recettes et à financer leurs politiques publiques. «Lorsque nous parlons de fisca- lité des transactions transfron- talières, nous parlons en réalité de la capacité de nos États à imposer la valeur créée sur leurs territoires» , a-t-il expliqué. Les discussions sur les prix de trans- fert renvoient à la lutte contre l’érosion des bases fiscales et les transferts artificiels de bénéfices, tandis que les conventions fis- cales interrogent l’équilibre déli- cat entre attractivité économique, sécurité juridique et préservation de la souveraineté fiscale. Cette souveraineté constitue d’ailleurs l’un des fils conduc- teurs du discours du DG de la DGI. «La mobilisation des res- sources domestiques n’est pas seulement une nécessité finan- cière. C’est une condition essen- tielle de souveraineté» , a-t-il affir- mé, estimant qu’aucune trajec- toire durable de développement ne peut être construite sur une dépendance excessive aux finan- cements extérieurs. Pour lui, le défi africain est à la fois stratégique et institutionnel. Il s’agit non seulement de bâtir des systèmes fiscaux capables d’accompagner la transformation économique du continent, mais également de construire des administrations modernes, cré- dibles, transparentes et fondées sur la confiance. Cette même volonté de renfor- cer la voix de l’Afrique dans les débats fiscaux internationaux a également été portée par Belema Obuoforibo, présidente du Centre for Studies in African Taxation (CSAT) de l’IBFD. Revenant sur la vocation même de l’Africa Tax Symposium, elle a rappelé que cette plateforme avait été créée afin de permettre aux pays afri-

 La montée en puissance de la ZLECAf place les questions de fiscalité transfronta- lière parmi les priorités des administrations fiscales africaines.

Africa Tax Symposium Le continent africain veut peser sur les règles du jeu mondial D Pour la première fois de son histoire, l’Africa Tax Symposium fait escale au Maroc. À Rabat, où se réunissent jusqu’au 5 juin les principaux acteurs africains de la fiscalité, les débats dépassent largement les questions techniques. Ils interrogent la place que le continent entend occuper dans une gouvernance fiscale mondiale en pleine recomposition. Par M. A. L. té internationale : taxation des services transfrontaliers, prix de transfert, conventions fiscales, commerce et investissement, gouvernance fiscale mondiale ou encore avenir de l’administration fiscale à l’heure de la transforma- tion numérique et de l’intelligence artificielle. La fiscalité, un enjeu de souveraineté

urant trois jours, Rabat se mue en carrefour des réflexions afri- caines sur les grandes muta- tions de la fiscalité internatio- nale. Organisé par le Centre for Studies in African Taxation (CSAT) du Bureau international de documentation fiscale (IBFD), le symposium réunit administra- tions fiscales, responsables poli- tiques, magistrats, universitaires, représentants du secteur privé et experts internationaux autour d’une même préoccupation : comprendre les transformations qui traversent l’ordre fiscal mon- dial et mesurer leurs implications pour les économies africaines. Placée sous le thème «Trends in International Taxation - An African Perspective» , cette 11 ème édition explore les évolutions les plus marquantes de la fiscali-

fonde, probablement l'une des plus importantes de son histoire. Les règles traditionnelles de répartition du pouvoir d'imposi- tion sont remises en question par la numérisation de l'économie mondiale, la mobilité croissante des capitaux, l'émergence de nouveaux modèles d'affaires et les exigences grandissantes de transparence », a-t-il souligné. Face à ces évolutions, l’Afrique se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Trop souvent, a regretté le patron du fisc maro- cain, le continent a été perçu comme un simple espace d’ap- plication de normes élaborées ailleurs. «Pourtant, l'Afrique doit être une force de proposition et un acteur pleinement engagé dans la définition des nouvelles règles de gouvernance fiscale

Dans son discours inaugural, Younes Idrissi Kaïtouni, Directeur général de la Direction générale des impôts (DGI), a dressé le constat d’un ordre fiscal inter- national en pleine mutation, confronté à des transformations économiques, technologiques et réglementaires sans précé- dent. «La fiscalité internationale connaît une transformation pro-

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