BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 4 JUIN 2026
cains de développer leurs propres réponses aux grands enjeux de la fiscalité internationale. «L’Africa Tax Symposium est né du désir de voir émerger des réponses africaines clai- rement articulées aux questions de fis- calité internationale» , a-t-elle expliqué. Selon elle, la singularité du symposium réside précisément dans sa capa- cité à réunir administrations fiscales, universitaires, magistrats, praticiens et représentants du secteur privé autour d’une réflexion commune sur les défis fiscaux du continent. Dans un contexte marqué par les incertitudes entourant l’avenir du multilatéralisme, les recompositions géopolitiques et les négociations internationales en cours, elle a plaidé pour une présence africaine plus affirmée dans les dis- cussions mondiales. «Plus que jamais, nous devons exa- miner les questions fiscales africaines dans le contexte d’un continent qui reconnaît sa place dans le monde d’aujourd’hui et de demain», a-t-elle déclaré.
du règlement des différends fiscaux, estimant que la performance d’une administration moderne se mesure autant à sa capacité de dialogue, de médiation et de sécurisation de l’envi- ronnement économique qu’à ses mis- sions de contrôle et de recouvrement. Au-delà du cas marocain, Younes Idrissi Kaïtouni a plaidé pour un renfor- cement de la coopération fiscale afri- caine et pour l’émergence d’une véri- table pensée fiscale africaine, capable de concilier les standards internatio-
naux avec les réalités économiques du continent. Face à l’importance de l’économie informelle, à l’ampleur des besoins de financement du dévelop- pement et à la faiblesse des marges budgétaires dans plusieurs pays afri- cains, il a appelé à une mobilisation accrue des ressources domestiques ainsi qu’au renforcement des capaci- tés des administrations fiscales. Dans cette perspective, la fiscalité internationale ne doit plus être perçue uniquement comme une contrainte,
mais comme un levier d’intégration économique africaine. À l’heure où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvre de nouvelles perspectives, la coopération fiscale apparaît comme un facteur essentiel d’attractivité des investissements, de sécurisation des échanges et de ren- forcement de la confiance des opé- rateurs économiques. «L’avenir de la gouvernance fiscale mondiale ne peut se construire sans l’Afrique» , a conclu Younes Idrissi Kaïtouni. ◆
Le Maroc partage sa vision de la réforme fiscale
Pays hôte de cette édition, le Maroc entend également partager son expé- rience en matière de transformation du système fiscal. Younes Idrissi Kaïtouni a rappelé que le Royaume avait engagé ces der- nières années une réforme profonde de son système fiscal, portée notam- ment par les Assises nationales de la fiscalité, puis par la loi-cadre 69-19. Une réforme qui vise davantage d’équité, de simplicité, de compétitivi- té et de modernisation administrative. Pour le Directeur général de la DGI, cette transformation repose sur une conception élargie de la fiscalité, qui ne saurait être réduite à sa seule fonc- tion budgétaire. «La fiscalité est un instrument de politique publique, un outil de développement économique, un facteur de compétitivité, mais éga- lement un vecteur d’équité sociale» , a-t-il signalé. Cette vision s’est traduite par plu- sieurs chantiers structurants, notam- ment la digitalisation des procédures, l’amélioration de la relation avec les contribuables, le renforcement de la sécurité juridique et la modernisation de l’administration fiscale. Le respon- sable a également insisté sur l’impor- tance croissante de la prévention et
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