ECONOMIE
30
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 AVRIL 2026
même de l’indice de confiance des ménages, tel que mesuré par le haut-commissariat au Plan. Cet indicateur ne reflète pas uniquement la perception de la situation actuelle, mais intègre également les antici- pations pour les mois à venir. Ainsi, si une large majorité des ménages constate une dégradation de son niveau de vie aujourd’hui, une par- tie d’entre eux commence à percevoir des signaux d’amé- lioration future, notamment à travers le ralentissement de l’inflation ou les mesures de soutien social. Ce léger regain d’optimisme suffit à améliorer l’indice global, même dans un contexte où le ressenti pré- sent demeure négatif». Ce décalage s’observe avec acuité dans la perception des prix. Si l’inflation ralentit, elle ne recule pas pour autant : les ménages arbitrent en niveau, non en taux. Le constat est sans appel : 93,3% des ménages déclarent une hausse des prix des produits alimen- taires et 78,9% anticipent leur poursuite. «Le décalage entre l’inflation mesurée et le res- senti des ménages tient au fait que l’inflation globale est une moyenne qui ne reflète pas nécessairement la structure réelle de consommation. Les hausses les plus marquées ont concerné des postes essen- tiels comme l’alimentation et l’énergie, qui pèsent lour- dement dans le budget des ménages. Par ailleurs, même si l’inflation ralentit, les prix restent durablement élevés, ce qui entretient un effet de «niveau» plutôt que de «varia- tion». Enfin, les revenus n’ont pas progressé au même rythme que les prix, ce qui accentue la perception de perte de pou- voir d’achat. Il en résulte une érosion cumulative, ressentie au quotidien, indépendam- ment des indicateurs macroé- conomiques », explique l’éco- nomiste. Dans ce contexte, la contrainte ne tient pas seulement au
75,1% des ménages déclarent une dégradation de leur niveau de vie, malgré une conjonc- ture en amélioration.
Pouvoir d’achat Les limites d’une reprise en trompe-l’œil
ur le papier, les signaux d’amé- lioration ne manquent pas. La croissance retrouve progres- sivement des couleurs. Selon les dernières estimations du haut-commissariat au Plan (HCP), l’économie nationale aurait enregistré une progres- sion proche de 5% au premier trimestre 2026, portée notam- ment par le redressement de l’activité agricole et la rési- lience de certains secteurs non agricoles, à l’instar de l’auto- mobile et de l’aéronautique. S Malgré des indicateurs macroéconomiques orientés à la hausse et un retour progressif de la croissance, le ressenti des ménages reste marqué par une dégradation persistante du pouvoir d’achat. Par M. A. L.
Dans le même temps, les ten- sions inflationnistes montrent des signes d’accalmie, l’inflation revenant autour de 0,9% en glis- sement annuel en mars 2026. Les conditions d’un redres- sement semblent ainsi se réunir, ce que reflète d’ail- leurs la remontée de l’indice de confiance des ménages (ICM), qui atteint 64,4 points contre 57,6 un trimestre plus tôt, traduisant en apparence un climat économique moins dégradé. En revanche, cette lecture demeure pour l’essentiel théo- rique. Car, à rebours de ces indicateurs, la réalité appa- raît nettement plus nuancée. L’amélioration observée reste
largement agrégée, sans véri- table diffusion au sein du tissu économique. Certains sec- teurs tirent la croissance, tan- dis que d’autres continuent d’évoluer en deçà de leur potentiel. Ce défaut de transmission se reflète directement dans le ressenti des ménages. Selon l’enquête de conjoncture du HCP, publiée le 24 avril 2026, 75,1% d’entre eux déclarent une dégradation de leur niveau de vie. Une situation qui peut sembler paradoxale au regard de l’amélioration de certains indicateurs. Comme l’explique l’économiste Mohammed Jadri, «cette apparente contra- diction s’explique par la nature
L’inflation globale est une moyenne qui ne reflète pas nécessairement la structure réelle de consommation.
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker