ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 AVRIL 2026
niveau des prix, mais à leur caractère incompressible. Une part croissante du budget des ménages est absorbée par des dépenses sur lesquelles les arbitrages restent limités, ce qui réduit mécaniquement leur capacité d’ajustement. Cette pression se reflète directement dans la situa- tion financière des ménages, qui demeure fragile. 59,9% déclarent que leurs reve- nus couvrent à peine leurs dépenses, tandis que 37,5% doivent s’endetter ou pui- ser dans leur épargne. «Le recours croissant à l’endette- ment ou à l’épargne constitue un signal clair de tension sur le pouvoir d’achat des ménages. Lorsqu’une part aussi impor- tante de la population doit mobiliser des ressources exceptionnelles pour faire face aux dépenses courantes,
cela traduit une érosion du revenu disponible et une dif- ficulté à couvrir les besoins essentiels. Toutefois, qualifier cette situation de dégradation durable nécessite de distin- guer entre un choc conjonc- turel et une tendance struc- turelle. Si cette dynamique se prolonge dans le temps, elle pourrait effectivement révé- ler une fragilisation durable des équilibres financiers des ménages. À ce stade, il s’agit davantage d’une tension per- sistante, avec un risque réel de s’inscrire dans la durée si les revenus ne suivent pas», analyse Jadri. Même sans dégradation généralisée, l’amélioration reste marginale. 41,5% des ménages estiment que leur situation financière s’est dété- riorée, contre 4,8% seulement qui évoquent une améliora-
des coûts énergétiques et les impacts de la sécheresse. De l’autre, ces chocs mettent en lumière des déséquilibres plus profonds, liés à la faiblesse de la progression des reve- nus, à la précarité d’une par- tie du tissu économique et à la vulnérabilité de la classe moyenne. Le risque est que ces tensions conjoncturelles finissent par ancrer des désé- quilibres durables si des réponses structurelles ne sont pas apportées». Ce qui se dessine, in fine, est une reprise faiblement redis- tributive. Les gains de crois- sance ne se diffusent ni hori- zontalement, entre secteurs, ni verticalement, vers les ménages. La question n’est donc plus tant de savoir si l’économie redémarre, mais pour qui elle redémarre réel- lement. ◆
Les données actuelles traduisent à la fois un décalage conjoncturel et des fragilités structurelles.
tion. Cette tension se pro- longe dans les perspectives : seuls 12,1% des ménages pensent pouvoir épargner dans les mois à venir, signe d’une marge de manœuvre quasi inexistante. Au-delà de la conjoncture, ce sont des déséquilibres plus profonds qui se des- sinent. Comme le souligne Mohammed Jadri, «les don- nées actuelles traduisent à la fois un décalage conjonctu- rel et des fragilités structu- relles. D’un côté, les ménages subissent encore les effets de chocs récents, notamment l’inflation importée, la hausse
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