ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 AVRIL 2026
Dans ce contexte, Sbai met en garde contre un effet de diffu- sion plus large : « toute pertur- bation des chaînes logistiques mondiales ou des coûts de transport se répercute directe- ment sur les coûts de produc- tion nationaux». À terme, cette pression sur les coûts altère la compétitivité des exportations marocaines et fragilise la dynamique indus- trielle. Elle souligne surtout une réalité structurelle : dans un environnement géopolitique instable, la dépendance aux flux lointains devient un facteur de risque économique majeur. Une sécurité alimentaire sous pression La guerre agit également comme un catalyseur des ten- sions sur les marchés agri- coles. Le Maroc dépend for- tement des importations pour des produits stratégiques tels que les céréales, les aliments pour bétail et les huiles végé- tales. Selon le Fonds moné- taire international, cette dépen- dance structurelle expose directement le pays aux chocs de prix internationaux, en par- ticulier dans un contexte de fragmentation géopolitique des échanges. « Cette vulnéra- bilité concerne également les intrants agricoles, qui restent largement exposés aux ten- sions géopolitiques et aux fluc- tuations des marchés interna- tionaux» , explique Sara Sbai. L’exemple des importations de viande illustre concrètement cette vulnérabilité. Face à la hausse des prix domestiques, le Maroc a intensifié ses achats à l’étranger, notamment en provenance du Brésil. D’après les données de l’Office des changes, les importations de viandes ont dépassé 3 mil- liards de dirhams en 2023, en forte progression sur un an, avec une part croissante en provenance du Brésil. Cette dynamique traduit une dépendance accrue à des mar- chés lointains, donc particu- lièrement sensibles aux coûts logistiques et aux perturba-
tions des routes maritimes. Mais au-delà de cet exemple, c’est l’ensemble de la balance agricole et agroalimentaire qui révèle une fragilité structurelle. Selon les mêmes sources, le Maroc enregistre un défi- cit chronique sur ce segment, tiré par le poids des impor- tations de céréales, dont la facture a dépassé 25 milliards de dirhams certaines années
limentaire s’inscrit dans une tendance structurelle négative, accentuant la dépendance du pays aux marchés extérieurs pour sa sécurité alimentaire. Ce déséquilibre est aggra- vé par les conditions clima- tiques internes. Les épisodes de sécheresse récurrents réduisent la production locale, renforçant mécaniquement le recours aux importations dans
Du détroit d’Ormuz aux ports marocains, le choc géopolitique se transforme en onde inflationniste et industrielle.
récentes sous l’effet com- biné de la sécheresse et de la hausse des prix internatio- naux. Globalement, le déficit commercial agricole et agroa-
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