FNH N° 1233

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 AVRIL 2026

Agroalimentaire Les défis de la croissance à l’export La compétitivité à l’export des industries nationales n’a cessé de croître au fil des années. Les industries agroalimentaires constituent l’un des maillons de cette réussite avec une contribution de 10% au chiffre d’affaires industriel à l’export en 2024. Toutefois, les récentes baisses enregistrées soulèvent la question des conditions d’une croissance plus importante.

pourrait améliorer sa résilience et capter des segments de mar- ché plus rémunérateurs et moins consommateurs des ressources agricoles» . Durabilité et contraintes Malgré des défis majeurs liés notamment aux exigences de durabilité imposées sur de nom- breux marchés et la pression hydrique nationale, les acteurs du secteur agroalimentaire ont su maintenir des niveaux de produc- tion et de compétitivité élevés. L’agroalimentaire s’est position- né comme deuxième contributeur au chiffre d’affaires industriel, avec une part de 21,3% pour un montant de près de 191 milliards de DH en 2024 (+0,8% par rap- port à 2023). A l’export, le secteur contribue à hauteur de 10%. La dynamique des investissements demeure également soutenue dans le secteur. Les données du baromètre de l’industrie faisaient déjà état de plus de 10 milliards de DH d’investissement en 2024, en croissance de 8%. Pour El Fakir, «les contraintes environnementale et climatique doivent devenir un levier de com- pétitivité et un catalyseur vers une approche privilégiant la valeur sur le volume des exportations. Ainsi, la clé de voute pour atteindre cet objectif passe par des investis- sements dans la transformation industrielle, l’innovation et les certifications avec une durabilité qui doit être au cœur du nouveau modèle de cette industrie» . Par ailleurs, conclut-il, «le stress hydrique, la pollution et la rare- té des ressources alimentaires y afférents doivent pousser le Maroc à positionner son effort à l’exportation sur une logique de plus de valeur et non plus de masse. A cet égard, un arbitrage optimal en faveur d’une utilisa- tion efficiente de ses ressources hydriques et foncières, en orien- tant la production vers des filières à forte valeur ajoutée verte, sup- pose une meilleure structura- tion des filières, une montée en compétence des acteurs et un accompagnement public fondé sur des politiques économiques volontaristes délibérées. ◆

Par J. M.

 Avec près de 209.000 emplois générés et une

contribution estimée à 25% du PIB indus- triel, le secteur joue un rôle structurant dans l’économie.

L

industrie agroalimentaire maro- caine s’impose comme l’un des piliers du tissu industriel national, tant par son poids économique que par son impact social. Avec près de 209.000 emplois générés et une contribution estimée à 25% du PIB industriel, le secteur joue un rôle structurant dans l’éco- nomie. Sur les quelque 13.000 entreprises industrielles recen- sées, près de 2.000 opèrent dans l’agroalimentaire. Par ailleurs, le secteur a affirmé au fil des années son ancrage à l’international, en exportant ses produits vers près de 153 pays. Toutefois, il enregistre une phase de baisse de ses exportations selon les dernières données de l’Office des changes. Ainsi, les

ventes ont reculé à hauteur de 1,46 milliard de dirhams en 2025 (-3,4%) après un précédent recul de 36 millions de dirhams en 2024 (-0,1%). Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus glo- bale affectant les comptes exté- rieurs de l’économie nationale. Le déficit commercial s’est en effet accentué de 15,8% en 2025 par rapport à 2024, entraînant une dégradation du taux de cou- verture des importations par les exportations, qui s’établit à 57,2% en 2025 contre 59,9% en 2024.

lité de l’industrie agroalimentaire, entre secteur développé à forte valeur ajoutée et secteur moins développé dominant, témoigne de l’obligation d’opter pour une politique industrielle ciblant un nouveau modèle d’exportation loin de l’actuel modèle, large- ment basé sur l’exportation de produits peu transformés, où le quantitatif prime sur le qualitatif». Par ailleurs, poursuit-il, «la pré- sente situation expose le Maroc à la volatilité des prix interna- tionaux et aux contraintes cli- matiques. En alignant compéti- tivité économique et contraintes environnementales, la montée en gamme vers des produits à forte valeur ajoutée devient donc impérative pour toute ambition d’améliorer l’attractivité des exportations marocaines sur le marché international de l’indus- trie alimentaire. En passant à des niches de produits à forte valeur ajoutée, bien transformés et fort différenciés, une telle industrie

La montée en gamme des produits à l’export

Le passage d’une logique de volume à une logique de valeur s’est progressivement invité dans les débats visant à amélio- rer les performances à l’export des différentes industries natio- nales. Selon l’économiste Rachid El Fakir, «la montée en gamme n’est plus un choix, mais une nécessité stratégique. La dua-

L’agroalimentaire s’est positionné comme deuxième contributeur au chiffre d’affaires industriel, avec une part de 21,3% pour un montant de près de 191 milliards de DH en 2024.

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